Architectes

Architectes

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

37 %
62 957
Actifs en emploi
en France
Dont
23 550
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+16 %

En France, la région Ile-de-France concentre plus d’un tiers des architectes.

Une profession qui se féminise progressivement : en 2018, les femmes représentent près de la moitié des nouvelles inscriptions à l’Ordre des architectes.

  • Les activités et leurs évolutions

    Les professionnels de cette FAP réalisent la conception et l'étude de projet d'aménagement intérieur et extérieur ou de construction d'un ouvrage en prenant en compte l'environnement et la réglementation. Les architectes font partie de la famille professionnelle élargie des cadres du bâtiment et des travaux publics.

     

    Une famille professionnelle impactée par la transition numérique en cours : nouveaux outils et nouveaux modes de collaboration
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    L’architecte en charge de la maîtrise d'œuvre intervient à tous les niveaux d'un projet de la conception à la réalisation, en passant par les négociations avec les clients et les professionnels du bâtiment jusqu'à la réception des travaux. 

    Ils exercent leur activité en indépendant (45% des effectifs au niveau national) ou en salarié (55% : les architectes associés, les salariés, les fonctionnaires, etc.). Les projets sur lesquels ils interviennent supposent d’être en relation avec différents intervenants (équipe projet, fournisseurs, ...). Ils peuvent être amenés à coordonner une équipe, diriger un service ou une structure. 

    La nomenclature par code ROME distingue l’activité de conception et d’aménagement d’espaces intérieurs de l’activité d’architecture du BTP. Ces deux activités sont en effet bien distinctes et nécessitent des capacités et compétences spécifiques avec néanmoins un cœur d’activité qui se recoupe en partie. Par ailleurs, le niveau de diplôme requis pour accéder aux métiers de l’aménagement d’espaces intérieurs est moindre (accessible à partir d’un niveau Bac+2 contre un niveau égal ou supérieur à Bac+5 pour l’activité d’architecture du BTP).

     

    Activités au cœur de la profession

    Architecture du BTP 

    • Prospecter de nouveaux marchés 
    • Traiter des dossiers commerciaux 
    • Réaliser l'esquisse d'un projet de création ou d'aménagement d'un édifice ou d'un espace 
    • Connaître les normes de sécurité des espaces et des établissements recevant du public 
    • Sélectionner des fournisseurs, sous-traitants, prestataires 
    • Décliner la conception générale d'un projet architectural en plans et maquettes 
    • Appliquer les normes de construction durable (Écoconstruction ; Amélioration énergétique des bâtiments ; énergies renouvelables, etc.) 
    • Concevoir la maquette numérique d'un ouvrage bâti : maîtrise du processus de travail Building Information Modelling (BIM), maîtrise des logiciels de Conception et Dessin Assistés par Ordinateur (CAO/DAO) 
    • Déterminer les modalités de chantier (coût, délais, mode constructif...)  
    •  Droit de l'urbanisme et de la construction 
    • Coordonner les différentes phases d'intervention des corps de métiers du chantier 
    • Contrôler l'état d'avancement des travaux, les dépenses d'un chantier, la conformité de réalisation d'un projet 
    • Réceptionner un ouvrage 

     

    Conception et aménagement d’intérieur (activités dédiées) 

    • Dessiner des aménagements et agencements intérieurs 
    • Concevoir un dossier de présentation de projet 
    • Identifier des intervenants pour le compte d'un client 
    • Sélectionner des éléments de décorations en accord avec le client

     

    …activités en complément/ compétences spécifiques

    Architecture du BTP 

    • Réaliser un projet d'aménagement d'espaces paysagers, de construction de bâtiment, de construction de maisons individuelles, de génie civil, de rénovation de bâtiment, ou de travaux publics 
    • Réaliser une étude de faisabilité 
    • Réaliser l'esquisse d'un projet de création ou d'aménagement de paysage 
    • Argumenter un projet sur la base de maquettes/plaquettes 
    • Instruire une demande de permis de construire 
    • Expertiser des bâtiments à la demande de particuliers (risques d'effondrement, isolation, ...) 
    • Intervenir sur des monuments historiques 
    • Réaliser des relevés et reconstituer les plans d'un ouvrage existant avant modifications 
    • Maîtriser certains logiciels (Exemples : Logiciel 3DS MAX, Archicad, Autocad, Catia, Illustrator, Photoshop, Proplan, etc.) 
    • Concevoir un plan local d'urbanisme d'une commune 
    • Diriger un service, une structure

     

    Conception et aménagement d’intérieur (activités dédiées) 

    • Concevoir la décoration et/ ou l'aménagement de certains types d’espaces (habitations de particuliers, commerces, boutiques, hôtels-restaurants, sites culturels, sites industriels, sites médicaux, aménagement d'espaces publics, espaces de travail, espaces de cuisines et de salles de bains, salons et d'expositions commerciales, aménagement de scènes de spectacles, manifestations évènementielles, etc.) 
    • Réaliser des activités nécessitant une certification Conseil Français des Architectes d'Intérieur (CFAI) 
    • Réaliser la maquette d'un projet d'aménagement au moyen de différents matériaux (polystyrène, stratifié, bois, ...) 

     

  • Les secteurs concernés

    Près de 7 professionnels de cette FAP sur 10 exercent dans le secteur des activités d’architecture
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Près d’un actif sur trois appartenant à cette FAP travaille dans une entreprise dont l’activité principale n’est pas l’architecture. Il s’agit entre autres d’agences de décoration et/ou d’aménagement (d’espaces professionnels, etc.) dont l’activité principale peut être orientée vers la modélisation PAO et le BIM (d’où leur appartenance au secteur des activités et services d’information et autres activités spécialisées) mais aussi des entités appartenant à un groupe dont l’activité principale est tournée vers les activités financières ou le commerce, par exemple. Ils exercent également dans des collectivités locales ou dans des sociétés d'économie mixte ou d’habitation à loyer modéré (HLM). Néanmoins, une grande majorité des professionnels de cette FAP exerce dans le secteur des activités d’architecture. 

     Les architectes interviennent en indépendant ou pour le compte d’une société d’architecture. Les architectes salariés sont particulièrement bien représentés en Ile-de-France : près d’un architecte salarié sur deux exerce en région francilienne. 

    L'architecte intervient aussi bien dans le cadre d'une commande privée, que pour celle d'un particulier, d'une entreprise, d'une association ou d’un mandataire public (l'architecte doit dans ce cas respecter les règles de passation et de déroulement des marchés publics). Il est généralement mandaté directement par les services généraux d’une structure ou par une société mandante (société de promotion immobilière...). 

     

    L’Observatoire de la profession d’architecte indique dans son dernier rapport que l’agence d’architecture demeure de loin la première structure d’accueil des jeunes diplômés en architecture (regroupant 73,5 % des jeunes diplômés interrogés et insérés dans le champ de l’architecture). La population des architectes actifs inscrits à l’Ordre des architectes est relativement stable. Par ailleurs, l’exercice en société poursuit sa croissance. Ainsi, le nombre d’associés égale presque celui des libéraux en 2017. Ceci s’expliquerait d’une part, par « le choix des jeunes architectes, qui exercent de plus en plus comme associés dans des sociétés d’architecture, les libéraux expérimentés étant moins enclins à changer leur mode d’exercice » et d’autre part, par les difficultés associées aux conditions d’exercice de la profession en libéral et de l’appréciation des risques juridiques et financiers liés.  

     

    L’inscription auprès du Conseil de l’Ordre est obligatoire pour obtenir le titre d’architecte ou de société d’architecture. En effet, cette inscription atteste de l’obtention du diplôme, du respect d’une pratique déontologique et également d’une couverture en assurances. 

     

    A noter également : Le projet architectural de toute demande de permis de construire* doit être établi par un architecte. En effet, la création architecturale, la qualité des constructions et le respect des paysages étant considérés d’intérêt public, l’architecte apparaît être le seul professionnel du bâtiment dont la compétence de concepteur est reconnue et contrôlée par l’État. Ce dernier a donc rendu obligatoire le recours à l’architecte pour garantir cet intérêt public. 

    * le recours à un architecte est obligatoire pour les travaux soumis à permis de construire dans les cas suivants : les constructions nouvelles supérieures à 150 m² de surface de plancher ; les extensions de constructions existantes, les modifications de façade accompagnées de changement de destination, les abris de piscine de hauteur supérieure à 1,80 m.

     

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    La féminisation de la profession se poursuit
    23 550
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Au sein de cette FAP, deux professionnels sur trois sont des hommes. La part des femmes a progressé de 12 points depuis 2000. La féminisation de la profession des architectes est plus visible au sein des jeunes générations : chez les moins de 30 ans, elles représentent désormais la moitié des effectifs. 

    Selon l’Observatoire de la profession d’architecte, la moyenne d’âge des architectes franciliens inscrits à l’Ordre est de 51 ans en 2017 contre 47 ans en 2000. La répartition par âge est comparable à celle observée toutes FAP confondues avec tout de même une moindre représentation des moins de 30 ans dans cette famille professionnelle (écart de 4 points). Toutes les catégories d’activité sont touchées par le vieillissement de l’âge moyen (en hausse depuis 15 ans). En effet, ce dernier évolue en corrélation avec le vieillissement globalement de la population. Néanmoins, ce mouvement est particulièrement marqué chez les architectes exerçant en libéral (âge moyen de 53 ans en 2017 contre 48 ans en 2000). Ceci peut traduire un exercice en libéral plus tardif qui nécessite plus d’expérience mais aussi le développement d’un réseau, ainsi que les ressources suffisantes. 

    La Dares estime à environ 12 400 le nombre de postes à pourvoir pour la famille professionnelle des cadres du bâtiment et des travaux publics (périmètre FAP élargi) entre 2018 et 2022 en région Ile-de-France (soit l’addition de 7 500 créations nettes et 4 900 départs en fin de carrière). 

    Si la répartition des effectifs selon la nationalité est semblable à celle affichée tous métiers confondus, la répartition des actifs au lieu de résidence est très spécifique dans cette famille professionnelle : les architectes sont particulièrement nombreux à Paris (un architecte francilien sur deux contre un actif sur cinq tous métiers confondus).

     

    Seule l’habilitation à la maîtrise d’œuvre en son nom propre (HMONP) donne droit au statut et au titre d’architecte

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    La quasi-totalité des architectes possèdent un diplôme du supérieur car il s’agit d’une profession réglementée (cf. chapitre Formations pour plus de détails).

     

    Près de la moitié des actifs de cette FAP ont un CDI

    Les effectifs d’architectes associés ont nettement augmenté depuis 2004 en raison des difficultés inhérentes aux conditions d’exercice de la profession en libéral et de l’appréciation des risques juridiques et financiers liés. A contrario, le nombre d’architectes libéraux semble afficher une baisse lente mais durable. Cette tendance à la baisse s’explique notamment par le choix des jeunes diplômés, qui exercent de plus en plus comme associés dans des sociétés d’architecture, tandis que les libéraux plus expérimentés seraient moins enclins à changer leur mode d’exercice.  

    En Ile-de-France, les CDI représentent près d’un emploi sur deux dans cette FAP (plus proche d’un emploi sur trois au niveau national pour cette FAP). De nombreux architectes travaillent en indépendant : près de la moitié des actifs sont des non-salariés dans cette FAP contre seulement un sur dix toutes FAP confondues. La part des architectes indépendants est par ailleurs plus élevée au niveau national (plus de 10 points d’écart). 

    A noter : La mobilité est faible au sein des cadres du bâtiment et des travaux publics* : pour 100 salariés en poste en 2014, 11 embauches et 12 sorties ont été réalisées selon le dernier rapport de la Dares. 

    *Données au niveau FAP87 pour la famille professionnelle élargie

     

    Peu de temps partiel pour les actifs de cette FAP

    Les professionnels de cette FAP sont soit à leur compte, soit salariés ou apprentis et travaillent en grande majorité à temps plein (environ 90% de temps complet pour cette FAP en région francilienne ainsi qu’à l’échelle nationale). 

    Ils exercent au sein de cabinets d'architectes, bureaux d'études, en relation avec différents intervenants (équipe projet, maître d'ouvrage, fournisseurs, ...). Certaines missions impliquent des déplacements avec parfois un éloignement du domicile de plusieurs jours. Par ailleurs, un équipement de protection est obligatoire lors des visites sur le chantier (chaussures de sécurité, casque ...).

     

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    8 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Des femmes surreprésentées parmi les demandeurs d’emploi de cette famille professionnelle
    3 578
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    47%
    49%
    DIRECCTE 2020

    On compte plus de 2000 demandeurs d’emploi en 2018 pour cette famille professionnelle. Plus de la moitié d’entre eux sont des femmes (alors qu’elles représentent un peu plus d’un tiers des actifs de cette FAP). Ces dernières sont donc surreprésentées parmi les demandeurs d’emploi. 

    En corrélation avec la structure par âge de l’ensemble des actifs de cette FAP, moins de deux demandeurs d’emploi sur dix sont âgés de moins de 30 ans. La répartition par niveau de diplôme des demandeurs d’emploi de cette FAP est également conforme à celle de l’ensemble des actifs de cette FAP (moins de 5% d’entre eux ont un niveau de diplôme inférieur à Bac+3). 

    Le chômage de longue durée touche quatre demandeurs d’emploi sur dix dans cette famille professionnelle (part identique à celle observée toutes FAP confondues en Ile-de-France). Le taux d’écoulement de la demande est également proche de celui observé toutes FAP confondues. Ainsi, six demandeurs d’emploi sur dix appartenant à cette FAP sont sortis des fichiers de Pôle emploi au cours des 12 mois étudiés.

     

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Tendance à la hausse des projets de recrutements déclarés par les entreprises

    Durée des emplois proposés (en %)

    144
    DIRECCTE 2020

    Du fait d’un recours aux indépendants (très nombreux au sein de cette FAP) ou à des cabinets d’associés, le nombre d’offres d’emploi recensées par Pôle emploi est très limité. Ainsi, moins de 400 offres d’emploi ont été enregistrées en 2018. Les offres d’une durée de plus de 6 mois sont majoritaires : six offres d’emploi sur dix ce qui est comparable à la part observée toutes FAP confondues en Ile-de-France.  

    Pour le métier d’architecte, les données de l’enquête Besoins de main d’œuvre 2019 (BMO) témoignent d’un léger renforcement des difficultés de recrutements : près d’un projet de recrutement sur deux est considéré comme difficile en région Ile-de-France (46% des projets en 2019 contre en moyenne annuelle 40% pour la période 2013-2019). A noter, cette hausse des projets de recrutements jugés difficiles est également observable toutes FAP confondues en région francilienne. Ces difficultés accompagnent la forte progression du nombre de projets de recrutement d’architectes : 1420 projets estimés en région Ile-de-France pour l’année 2019 contre une moyenne de 720 projets par an entre 2013 et 2019. Les projets de construction en lien avec le grand Paris, mais aussi la rénovation de logements et de bâtiments non résidentiels devraient soutenir l’activité des professionnels de cette FAP (cf. plan de rénovation énergétique des bâtiments visant à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 tout en poursuivant un objectif social de lutte contre la précarité énergétique).

     

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Nouvelles pratiques, diversification des domaines d’activités mais aussi forte dépendance à la conjoncture du marché du bâtiment
    Enjeux par dimension

    Les professionnels de cette FAP évoluent dans un environnement en pleine mutation. En effet, ils doivent tout d’abord faire face à une concurrence accrue (fin du numerus clausus limitant l’accès à la profession dès 1981, mais aussi ouverture européenne et concurrence des bureaux d’études et des constructeurs/promoteurs). Le volume de prestations des professionnels tend à se réduire, ainsi que leur niveau de marge. De plus, la transition numérique en cours vient impacter les pratiques des architectes. Une part croissante de projets est ainsi réalisée en BIM, l’Etat encourage notamment ces pratiques puisque le BIM est décrit comme un outil de transition écologique et de réduction des coûts (dans les projets relatifs aux logements sociaux, etc.).  

    Par ailleurs, plusieurs mesures de la loi "Liberté de création, architecture et patrimoine" (2016) impactent positivement la profession via l’abaissement du seuil à partir duquel un particulier doit faire appel à un architecte de 170m2 à 150 m2 de surface au plancher, mais aussi le recours aux architectes pour élaborer les dossiers de permis d'aménager (lotissements, aménagements des aires de loisirs, etc.),ou encore la réduction des délais d'instruction en cas de recours à un architecte en dessous des seuils et les dérogations à certaines règles d'urbanisme pour les projets architecturaux expérimentaux.  

    Toutefois, depuis quelques années l’activité du secteur de la construction est pénalisée par la baisse de la commande publique. La construction neuve a néanmoins permis de redresser l’activité du secteur depuis fin 2015 (environ la moitié des ouvrages confiés aux architectes concernent le logement, collectif principalement) mais ce segment de marché devrait voir sa croissance fléchir en 2019. Le segment de l’amélioration-entretien (environ ¼ de l’activité des architectes) bénéficie pour sa part de la bonne tenue du marché dans l’ancien et des mesures incitatives en faveur des travaux de rénovation énergétique (plan de rénovation énergétique, nouveau dispositif d'investissement locatif "Denormandie" destiné à encourager la rénovation dans l'ancien, etc.). Les projets de transports et de construction d’infrastructures liés au Grand Paris devraient, par ailleurs, générer de nouvelles perspectives d’activités favorables aux professionnels de cette FAP (logements, commerces, etc.). 

     

    Ces évolutions conduisent les architectes à adapter leurs pratiques et leur stratégie. Ainsi, ils peuvent être amenés à collaborer et à se regrouper pour mutualiser leurs compétences et leurs ressources afin de se positionner sur des chantiers de plus grande envergure mais aussi développer des partenariats avec des cabinets implantés en local (connaissance de l’environnement dans lequel va s’insérer le projet), etc. 

    La part de l’exercice libéral individuel, historiquement le premier mode d’exercice de la profession, tend à diminuer au profit de l’exercice en société. Ils collaborent également avec d’autres professionnels en dehors du champ de la maîtrise d’œuvre sur des projets impliquant des acteurs très divers tels que des professionnels de la communication, des citoyens et associations d’usagers, des botanistes ou encore des sociologues.  

    Les outils numériques comme le BIM favorisent d’autant plus le développement de pratiques collaboratives avec d’autres corps de métiers, en privilégiant une approche plus globale des projets de construction et de leur impact sur l’environnement. Ces nouveaux outils (BIM, maquette numérique, etc.) sont source d’importants gains de temps permettant à chaque collaborateur de travailler en mode projet dans un même temps, en partageant un fichier numérique présent sur le serveur.  

    En réaction notamment à la baisse de la commande publique, certains architectes ont fait le choix de diversifier leur activité (conseil en urbanisme, environnement, expertise foncière, etc.) et valorisent leurs nouvelles pratiques professionnelles dans les domaines de la conception en maquette numérique 3D, de la numérisation des bâtiments, etc. D’autres investissent davantage sur le marché des particuliers. 

     

    Malgré les bénéfices des transitions numérique et écologique que nous avons abordées plus haut, ces dernières sont aussi synonymes de menaces pour les professionnels de cette FAP. En effet, pour pouvoir intégrer tous les enjeux liés à ces transitions, les architectes doivent continuer à se former tout au long de leur vie. Par ailleurs, l’utilisation des outils numériques suppose d’intégrer la problématique de sécurisation des systèmes de données, ce qui peut avoir un coût. Dans un même temps, le phénomène de plateformisation pourrait bien peser sur les prix des prestations (concurrence des cabinets implantés à l’étranger bénéficiant de tarifs plus compétitifs). Enfin, l’activité des architectes demeure fortement dépendante de la conjoncture dans le secteur du bâtiment. Or, après seulement quelques années de reprise, certains experts du secteur annoncent un retournement de conjoncture dès 2020.

     

  • Les formations

    Une profession réglementée affichant un lien emploi/ formation très fort
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Le métier d’architecte est accessible avec un diplôme d'Etat d'architecte ou de paysagiste (niveau Master). Une habilitation de l'architecte diplômé d'Etat est requise pour l'exercice de la maîtrise d'œuvre en son nom propre (habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre : HMONP). Comme l’Observatoire de la profession d’architecte le précise, afin d’adapter les études d’architecture au système d’enseignement supérieur en trois cycles (Licence, Master, Doctorat) pour les architectes diplômés d’Etat (ADE), la réforme de 2005 a donné lieu à la mise en place de l’habilitation à la maîtrise d’œuvre en son nom propre (HMONP/ niveau bac+6). Seule cette dernière formation donne droit au statut et au titre d’architecte pour les nouveaux diplômés s’inscrivant à l’Ordre (pour exercer en libéral, l’activité d’architecture faisant partie des professions réglementées). (…). En 2017, parmi les nouveaux diplômés on compte au niveau national 2 311 architectes diplômés d’État (ADE) et 1 417 diplômés au titre de l’habilitation à la maîtrise d’œuvre en son nom propre (HMONP). Le nombre de titulaires de la HMONP affiche une tendance à la hausse. Cela s’expliquerait notamment par les avantages concurrentiels dont disposent les architectes qui poursuivent leurs études pour obtenir la HMONP par rapport aux diplômés ADE. Les futurs titulaires de l’HMONP auraient souvent plus de facilités à se faire embaucher dans les agences car ils perçoivent des salaires moins élevés étant donné qu’ils sont toujours en formation. 

    Les métiers en lien avec la Conception et l’aménagement d'espaces intérieurs sont accessibles avec un diplôme de niveau bac+2 (BTS, L2, ...) à Master (Master professionnel, diplôme d'école d'architecture, ...) en design d'espace, architecture intérieure, arts appliqués, métiers d'art. Les voies d'accès et de formation sont donc plus diversifiées (universitaire, ingénieur...). Un Master complété par une expérience professionnelle est requis pour l'obtention du titre d'Architecte d'Intérieur délivré par le Conseil Français des Architectes d'Intérieur (CFAI). 

    Afin de pouvoir répondre à des commandes au niveau international, la pratique d'une langue étrangère, en particulier l'anglais, est requise. 

    Le métier d’ingénieur architecte suppose pour sa part l’obtention d’un double diplôme ingénieur/architecte ou une formation supérieure acquise en école d'ingénieur généraliste ou spécialisée dans les métiers de la construction venant compléter un parcours d'architecte (Ecole Spéciale des Travaux Publics de Paris/ ESTP, Institut national des sciences appliquées de Strasbourg/ INSA Strasbourg, École d'architecture de Lyon...). 

    Enfin, la formation d'architecte urbaniste se déroule essentiellement à l'université au sein des instituts d'urbanisme dans le cadre de masters (bac + 5) mention urbanisme et aménagement du territoire. 

    L’archigraphie 2018 diffusée par l’Observatoire de la profession d’Architecte présente des données relatives à l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en architecture : En moyenne, tous parcours confondus, 73 % des jeunes diplômés en architecture accèdent à leur premier emploi en moins de 6 mois.    

     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie
    • Bref, n° 321, mai 2014, BABET Charline, DARES, Portraits statistiques des métiers, 1982-2014, numéro 19, mars 2016  
    • Dans quels métiers s’insèrent les sortants de la voie professionnelle en Ile-de-France ? Sophie Gonnard et Itto Mousset, sous la direction de Béatrice Pardini, Collection Franciliens, Défi Métiers, septembre 2018  
    • Archigraphie 2018, Observatoire de la profession d’Architecte, Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA), 2019.

     

    Source des données
    • Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr 
    • Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr 
    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015   
    • INSEE, données du recensement, RP 2016  
    • DARES, traitement direccte Ile-de-France  
    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022  
    • Pôle emploi, Crédoc, Enquête Besoin de main d’œuvre, 2019  
    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.