Aides-soignants

Aides-soignants

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

15 %
706 968
Actifs en emploi
en France
Dont
106 712
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+12 %

Cette famille professionnelle se caractérise par l’augmentation importante du nombre de ses effectifs en emploi (+11%), quand, sur la même période, l’évolution francilienne est quasi nulle.

Une forte croissance des besoins dans le médico-social

  • Les activités et leurs évolutions

    La famille professionnelle des « Aides-soignants » recouvre divers types de professionnels qui ont pour points commun de réaliser des tâches d’assistance dans la sphère sanitaire, sociale et/ou paramédicale. Cette famille professionnelle est composée pour plus de moitié par des aides-soignants (AS) proprement dit. Plus d’un quart des professionnels de la FAP sont des auxiliaires de puériculture et le reste est composé d’aides médico-psychologique (AMP) et d’assistants dentaires, médicaux, vétérinaires et techniciens médicaux. Ces professions sont en partie encadrées par le code de la santé publique.
     
    L’AS accompagne les personnes dépendantes, fragiles ou malades, en général sous la responsabilité d’un professionnel du soin. Il assiste les équipes soignantes, et s’assure du bien-être des patients ou des usagers (alimentation, propreté, confort) et veille au suivi d’un traitement le cas échéant.
     
    L’AMP accompagne les personnes dépendantes (handicapées ou personnes âgées) dans leur vie quotidienne et s’assure de leur bien être psycho-social. L’AMP peut être amené à réaliser tout ou partie des tâches des aides-soignants dans de nombreuses structures. Il intervient généralement sous la responsabilité d’un professionnel du paramédical (infirmier, kinésithérapeute) ou du travail social (éducateur spécialisé).
     
    Les assistants dentaires, médicaux, vétérinaires et techniciens médicaux assurent, chacun dans leur spécialité, une assistance aux professionnels médico-techniques (installation et préparation de matériels) et peuvent assurer des tâches administratives (suivi des patients, des usagers).
     
    L’auxiliaire de puériculture veille au bien-être et à l’accompagnement d’enfants et de très petits enfants (handicapés ou non, malades ou non). Ces professionnels travaillent généralement sous la responsabilité de puériculteurs, sages-femmes ou d’éducateurs de jeunes enfants.

    Aides aux activités paramédicales et médico-sociales
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​
    Les « aide-soignants » en première ligne des activités du « care »
    • L’ensemble des professionnels de cette famille assiste des équipes pluridisciplinaires en préparant le matériel médical ou paramédical (préparation, stérilisation, gestion des stocks) et en participant à la veille et à la prévention de l’état de santé et de bien-être de l’usager/patient/enfant.
    • Ces professionnels assurent la sécurité sanitaire de l’environnement immédiat de l’usager ou du patient.
    • Les « aides-soignants » accompagnent ou réalisent tout ou partie des tâches du quotidien que l’usager ou le patient ne peut pas ou plus réaliser seul.
    • Les AS assurent la distribution de médicament sous la responsabilité d’un infirmier.
    • Les AMP proposent et participent à des activités d’éveil ou de maintien de la psychomotricité, du lien social et/ou des capacités cognitives
    Des activités et des spécialisations différentes suivants les publics

    La famille des « aides-soignants » vient en soutien aux activités des professionnels médicaux, paramédicaux et/ou du travail social. Ils sont amenés à travailler auprès de publics différents suivant leurs spécialités. Ceux-ci peuvent être amenés ainsi à travailler :

    • Auprès d’un public « généraliste » (AS aux urgences d’un hôpital par exemple, mais également dans les cabinets dentaires, vétérinaires, etc. pour les assistants médico-techniques)
    • Auprès d’enfants (pour lesquels le métier d’auxiliaire de puériculture est le plus adapté)
    • Auprès des publics handicapés, en perte d’autonomie, etc. (AMP ou AS)
    • Auprès des publics souffrant d’une maladie neuro dégénérative (Assistants de soins en gérontologie, qui peuvent être des AMP ou des AS)
  • Les secteurs concernés

    Une FAP fortement polarisée autour de deux secteurs
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Deux secteurs concentrent près de 8 emplois sur 10. Il s’agit des activités pour la santé humaine d’une part (hôpital, cabinet médical, etc.) et du médico-social (Ehpad, hébergement pour personnes handicapés, etc.). On retrouve cependant ces professionnels dans de nombreux autres secteurs d’activité comme l’administration publique ou l’enseignement.

    Des dynamiques favorables à l’emploi des aides-soignants dans le médico-social

    Au vu de la hausse des besoins (vieillissement de la population) et de la demande sociale pour une meilleure prise en charge des personnes âgées et des personnes handicapées, le secteur médico-social est particulièrement dynamique et continue à recruter fortement alors que les « activités pour la santé humaine » (dont les hôpitaux) tendent à limiter le nombre de recrutement (virage ambulatoire). Les politiques publiques mises en place depuis plusieurs années en faveur de l’autonomie des personnes âgées, de l’inclusion des personnes handicapées ou favorisant la prise en charge à domicile devraient maintenir cette dynamique des secteurs médico-sociaux.
    Les projections de la Dares évoquent ainsi, au niveau national, une augmentation des effectifs des aides-soignants de 1,6 % par an sur la période 2012-2022, dans leur scénario central[1]. Au total, d’après ces projections, les postes à pourvoir (créations nettes d’emplois additionnées aux remplacements des départs en fin de carrière) représenteraient chaque année 3,7 % des effectifs des infirmiers et aides-soignants. Très dépendante des évolutions démographiques en cours, cette croissance des effectifs serait ainsi peu sensible aux évolutions macro-économiques. Cette dynamique devrait se poursuivre dans les années à venir. En effet, la part des Franciliens de plus de 65 ans devrait représenter 22 % de la population en 2050 (soit 2,9 millions de personnes) contre seulement 13 % en 2013 (soit 1,6 million) selon le scenario central de l’Insee[2].


    [1] DARES, FRANCE STRATEGIE, Les métiers en 2022, Rapport du groupe Prospective des métiers et des qualifications, avril 2015, pp.337-338

    [2] PONCELET T., TRIGANO L., « Même vieillissante, l’Ile-de-France resterait la région la plus jeune de France métropolitaine en 2050 », Insee Analyses Ile-de-France, n°62, juin 2017, 4p.

     

    Secteurs employeurs : l’Ile-de-France se différencie peu du reste de la France

    L’Ile-de-France ne se différencie pas du reste de la France en ce qui concerne les principaux secteurs employeurs. Les professionnels de la FAP sont néanmoins légèrement plus présents dans l’administration publique (7%) que pour la France entière (4%) et légèrement moins dans l’hébergement médico-social et social et action sociale sans hébergement (35% contre 39%). Cela peut s’expliquer par le poids de l’administration publique en Ile-de-France, compte tenu du statut de la région capitale (avec ces nombreux ministères et institutions publiques).

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Une population très majoritairement composée de femmes
    106 712
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Compte tenu du poids culturel des représentations des métiers du « care » ou du « prendre soin » les professionnels de la FAP restent très majoritairement des femmes (90%). La répartition par classe d’âge se différencie assez peu de celle observée dans le reste de la France sur cette FAP ou de l’ensemble des FAP d’Ile-de-France. La part de moins de 30 ans est cependant légèrement supérieure à l’ensemble des FAP de la région.

    Un nombre de bachelier en forte augmentation

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    Alors que les emplois occupés par les actifs de la famille professionnelle des « aides-soignants », souvent réglementés, nécessitent un diplôme de niveau V (niveau CAP, inférieur au Bac), la moitié des professionnels détiennent un niveau d’étude supérieur (Bac ou supérieur). Cette surqualification s’exprime encore plus fortement chez les plus jeunes. En effet les moins de 30 ans sont à plus de 60% diplômés d’un niveau bac ou plus. Les jeunes actifs sont également proportionnellement moins nombreux à ne posséder aucun diplôme. Cet écart entre les moins de 30 ans et les autres tranches d’âge de la FAP illustre la professionnalisation des actifs et sans doute la baisse du nombre de « faisant fonction[1] ». L’arrivée des diplômés d’un bac pro (notamment ASSP[2]) qui complètent leur formation par un diplôme d’Etat d’AS ou d’AES ont pu également augmenter le niveau de diplôme des professionnels de la FAP. La proportion relativement importante de diplômés du supérieur sur cette FAP (22%) illustre également l’importance des reconversions parmi ces professions[3].


    [1] Professionnel exerçant des activités normalement dévolues à des professionnels de grade ou de diplôme supérieur

    [2] Le bac pro Accompagnement, soins et services à la personne est un diplôme récent (mis en place en 2011) qui est venu remplacer et compléter l’ancien BEP CSS (carrières sanitaires et sociales). Il a obtenu un rapide succès puisqu’à la rentrée 2018, dans le cadre d’une formation initiale, on comptabilisait en Ile-de-France, près de 3300 inscrits dans les classes de seconde menant à ce diplôme. Source: MENESR-DGESIP-DGRI / SIE

    [3] CHUVIN Guillaume, LE FLOCH Mathieu, PARDINI Béatrice, Impact du vieillissement de la population et du développement des gérontechnologies sur les professionnels du sanitaire et social en Ile-de-France, Rapport d’étude, Défi métiers, Juin 2019, 150p. disponible en ligne

     

    Presence importante de professionnels immigrés

    La présence de professionnels étrangers (personne ayant déclaré une nationalité autre que française) est importante dans ce secteur en comparaison de la situation dans la France entière. Ainsi 1 professionnel sur 10 est étranger contre 3 % des effectifs dans le reste de la France. Mais cela s’explique avant tout par l’importance de la proportion d’étrangers en Ile-de-France (13 % des actifs en emploi) deux fois plus important que dans la France entière. Toutefois, la proportion d’étranger dans cette famille professionnelle est légèrement inférieure à la moyenne de l’ensemble des familles professionnelles franciliennes. On y dénombre en particulier une proportion deux fois moindre d’étrangers issus de l’Union européenne que pour l’ensemble des familles professionnels de l’Ile-de-France.
     
    La faible proportion d’étranger extra-européen peut s’expliquer par la législation en vigueur qui limite de fait l’accès aux personnes étrangères. En effet, les diplômes obtenus dans un pays hors union européenne (ou hors espace économique européen) ne sont pas reconnus en France.
     
    En revanche la proportion d’immigrés (personne née étrangère à l’étranger, et résidant en France, ayant acquis ou non la nationalité française) y est plus importante que dans la moyenne des actifs en emploi franciliens. On compte ainsi un quart d’immigrés au sein de cette famille professionnelle (FAP) contre un cinquième toute FAP confondue. Dans la France entière la proportion d’immigré dans cette FAP est seulement de 8%, contre 10% toutes FAP confondues.

    Répartition géographique des actifs : reflet des inégalités territoriales

    Les lieux de résidence des « aides-soignants » sont plus souvent que d’autres familles professionnelles situés en Seine-et-Marne, en Essonne ou en Seine-Saint-Denis. En revanche, les « aides-soignants » sont proportionnellement peu à résider à Paris (1 aide-soignant sur 10 contre 1 sur 5 pour l’ensemble des FAP). Dans une moindre mesure, ils sont également moins représentés dans les Hauts de Seine. Les prix élevés des logements à Paris et dans les Hauts-de-Seine expliquent en grande partie cette situation. En effet les rémunérations de ces professionnels sont relativement faibles en regard du coût des logements dans ces départements[1], alors même que ces départements possèdent un nombre important de structures et des services (hôpitaux, cliniques, etc.) employant des aides-soignants. Paris est ainsi le premier bassin d’emploi de la FAP, avec près de 26 000 actifs (dynamiques des bassins – RP 2015 – Défi métiers)


    [1] Le salaire médian des aides-soignants de moins de 30 ans est d’un peu plus de 1500 euros et atteint environ 1850 euros en fin de carrière (Source : Outil « Dynamique des salaires » de Défi métiers, en ligne)

     

    La qualité de l’emploi : Plus de contrats stables et moins de temps partiel que dans le reste de la France

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    16 % 14 %
    INSEE RP 2018

    La FAP « aides-soignants » bénéficie de type de contrat stable (85% de CDI ou de fonctionnaire) en proportion plus grande que pour l’ensemble des FAP d’IDF (78%). Cela peut tenir en partie de l’importance de grandes structures du type AP-HP et du secteur public en général dans les principaux domaines d’activités des « aides-soignants ».
     
    De même, le temps partiel est moins pratiqué en Ile-de-France pour cette FAP que dans le reste de la France. Seul 14% des effectifs de la FAP ont un temps partiel dans la région contre le quart des actifs en emploi de la FAP pour l’ensemble de la France[1].
     
    Suivant le type de structure et de public, les emplois peuvent être soumis à des conditions de travail difficiles (horaire atypique ou sujet aux troubles musculo-squelettiques). Le métier d’aides-soignants a ainsi été classé parmi les « quinze métiers les plus exposés à des contraintes physiques intenses » par la DARES[2].


    [1] Sur les conditions de travail voir notamment : PARDINI Béatrice, Diagnostic emploi formation relatif aux aides-soignants, aides médico-psychologiques et auxiliaires de vie sociale, Rapport d’étude, Défi métiers, novembre 2013, pp. 23-24

    [2] AMIRA Selma, AST Dorothée, « Des risques professionnels contrastés selon les métiers », Dares Analyses, DARES, n° 039, mai 2014, 17p.

     

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Des périodes de chômage moins longues que la moyenne des FAP
    14 053
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    55%
    49%
    DIRECCTE 2020

    En 2018, ce sont plus de 10 000 professionnels de la FAP qui ont été enregistrés comme demandeurs d’emploi. Plus de 9 demandeurs d’emploi sur 10 sont des femmes. La part des moins de 30 ans est élevée (38% contre 25% toutes FAP confondues), ce qui est nettement plus important que parmi les actifs en emploi. Le chômage de longue durée semble toutefois moins important au sein de cette FAP qu’au sein de l’ensemble des FAP de la région (9 points de moins que pour l’ensemble des FAP).
    La proportion élevée des moins de 30 ans parmi les demandeurs d’emploi doit également être mise en regard de la proportion légèrement plus importante des moins de 30 ans parmi les actifs en emploi. De plus, du fait des conditions de travail difficiles (horaire atypique ou sujet aux troubles musculo-squelettiques) les abandons de carrière ou les changements de professions peuvent être plus fréquents qu’au sein d’autres FAP. Ainsi si les professionnels les plus âgés quittent la profession, cela fait mécaniquement augmenter la proportion de jeunes. Par ailleurs le nombre élevé de demandeurs d’emploi parmi les jeunes professionnels peut être aussi le reflet d’un large choix d’emploi. En effet, cumuler des contrats courts, parfois mieux payés, et assortis de période de chômage, peut permettre aux jeunes professionnels de tester différents environnements de travail, différentes entreprises, différents secteurs (médico-social/sanitaire, privé commercial/associatif/public, etc.) « dans une logique d’expérimentation et de construction de leur projet professionnel[1] ».
     
    En effet, les chiffres disponibles indiquent une situation plutôt favorable aux aides-soignants sur le marché du travail. Ainsi, on observe également que la durée moyenne de chômage est inférieure à la moyenne francilienne (7,5 mois contre 9). De plus, sur l’année écoulée, la part des demandeurs d’emploi ayant retrouvé un emploi est un peu plus élevée pour les « aides-soignants », quelle que soit la tranche d’âge, que toutes familles confondues (taux d’écoulement de la demande de 63% contre 60%). Ce taux mesure la part de demandeur d’emploi sortie des listes des demandeurs d’emploi dans les 12 mois. Plus ce taux est élevé (proche des 100%) plus la sortie des listes des demandeurs d’emploi est rapide. Comme dans de nombreuses familles, les jeunes ont un taux d’écoulement plus élevé que les demandeurs d’emploi plus âgés.
     


    [1] PARDINI Béatrice, Diagnostic emploi formation relatif aux aides-soignants, aides médico-psychologiques et auxiliaires de vie sociale, Rapport d’étude, Défi métiers, novembre 2013, p.52

     

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Une position favorable des professionnels de la FAP sur le marché de l’emploi

    Durée des emplois proposés (en %)

    5 791
    DIRECCTE 2020

    Les offres d’emplois proposées sont très majoritairement des contrats longs (CDD de plus de 6 mois ou des CDI). La part des offres d’emploi de longue durée est supérieure de 7 points à la moyenne francilienne. Très peu de contrats courts sont proposés par rapport à la moyenne régionale (5 points de différence) ce qui confirme la situation favorable des professionnels de la FAP sur le marché du travail[1].
     
    De plus, si l’on compare le nombre de demandeurs d’emploi (10 000) avec celui des offres d’emploi (8 000), ceux si sont assez proches. De plus, pour cette catégorie de professionnels, un grand nombre d’offres d’emploi ne passent pas par Pôle Emploi. Dans les secteurs qui emploient le plus ces professionnels (santé humaine et médico-social), les employeurs diffusent souvent leurs offres d’emploi via des revues spécialisés ou des sites web.
     
    Par ailleurs, d’après l’enquête BMO 2019, cette famille professionnelle fait partie des 10 familles pour lesquelles les employeurs envisagent le plus de recrutements en Ile-de-France. De même, la profession d’aide-soignant a été classée par la DARES dans le top 5 des métiers les plus pourvoyeurs d’emplois en France à l’horizon 2022[2].
     
    Ainsi, les métiers du care ou du « prendre soin » confirment leur réputation d’être une solution efficace en vue d’une intégration professionnel rapide, au vu des possibilités de suivre une formation courte (1 an, possibilité de VAE) et de l’importance des besoins dans des domaines comme la santé humaine ou le médico-social[3].


    [1] COLLIN Clémentine et al., « Aides-soignants : un accès rapide au premier emploi », Enquête et Résultats, Drees, n°923, juillet 2015, 6p.

    [2] DARES, FRANCE STRATEGIE, Les métiers en 2022, Rapport du groupe Prospective des métiers et qualifications, France Stratégie, DARES, avril 2015, 411p.

    [3] COLLIN Clémentine et al., « Aides-soignants: un accès rapide au premier emploi », Enquête et Résultats, Drees, n°923, juillet 2015, 6p.

     

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Une FAP au cœur des enjeux démographiques, sanitaires et sociaux contemporains
    Enjeux par dimension

    Le vieillissement de la population
    Avec la hausse des besoins liés au vieillissement de la population, la demande en professionnels paramédicaux et de l’accompagnement social est en progression continue depuis plusieurs années. Les politiques en faveur d’une meilleure prise en charge des personnes handicapées[1] ou en perte d’autonomie, l’accent mis sur la prise en charge à domicile favorise le développement du médico-social et des services à domicile (SSIAD, SAAD, SPASAD, etc.).
     
    Les départs à la retraite (ainsi que le turn-over important) impliquent également un nombre de recrutements continu conséquent même dans les secteurs qui ne devraient pas créer de postes nets comme le secteur hospitalier.
     
    Les nouvelles technologies
    Le développement de nouvelles technologies impacte les domaines d’activités dans lesquels travaillent les aides-soignants (télé-surveillance, télémédecine, gérontechnologies). Cependant, l’aspect humain de ces métiers réduit l’importance de l’impact du développement des technologies sur les volumes d’emplois. En revanche une aisance d’usage des interfaces de types tablette, smartphone, etc. sera désormais nécessaire pour exercer.
     
    Par ailleurs, le développement des technologies du numérique et d’internet à fait naître une attente forte en termes d’amélioration des conditions de travail et d’attractivité de ces professions, en particulier dans le domaine gériatrique, sans pour autant que l’on puisse à ce stade évaluer avec certitude les impacts de ces nouvelles technologies sur la pratique de ces métiers. Il en va ainsi du développement de la télémédecine et de la téléconsultation, qui pourrait voir le rôle des aides-soignants prendre de l’ampleur, bien qu’à l’heure actuelle le rôle d’intermédiaire entre le médecin et le patient dans le cadre de ces téléconsultations soit plutôt dévolue aux infirmiers.
     
    Les réformes législatives et le contexte politique
    Commencée en 2019, la réforme du système de santé « Ma santé 2022 », envisage une évolution du rôle des aides-soignants. En effet, dans un contexte de désertification médicale et de forte contrainte budgétaire, le gouvernement envisage la réingénierie de la profession. Les aides-soignants devraient voir leurs attributions s’élargir, notamment en ambulatoire et se voir déléguer des missions directement par les médecins (et non plus par les infirmiers uniquement).
     
    Ces réformes devraient également renforcer la formation des aides-soignants dans le domaine de l’intervention auprès des personnes âgées en perte d’autonomie pour faire face à la hausse des besoins dans les services d’intervention à domicile et les établissements médico-sociaux.
     
    Les « assistants médicaux »
    La réforme « Ma santé 2022 », prévoit également la création d’un nouveau métier d’assistant médical dès l’automne 2019. Cette réforme prévoit en effet la création de 4000 postes d’« assistants médicaux » sur le territoire national destinés à aider les médecins généralistes. Ceux-ci devraient être recrutés parmi les secrétaires médicaux, aides-soignants ou infirmiers et bénéficieront d’une formation complémentaire spécifique en alternance (qui devrait être validée par un certificat de qualification professionnel)[2]. Ces futurs professionnels devront s’acquitter des tâches administratives, de coordination et d’organisation, mais également les prises de constante des patients, et aider plus globalement au bon déroulement de la consultation. Ces nouvelles fonctions pourraient permettre à des aides-soignants de développer de nouvelles capacités (organisation, informatique, suivi de patient, tâches administratives, etc.) tout en occupant des postes moins exigeants en terme physique.
     
    Une situation économique fortement dépendante des choix de santé publique
    Les secteurs d’emplois des aides-soignants sont fortement dépendant des politiques publiques de santé et des financements octroyés dans le cadre des Lois de financement de la Sécurité sociale. Compte tenu d’une situation macro-économique tendue, et d’un cadre budgétaire contraint, il n’est pas impossible que ces politiques publiques puissent être remises en question. Par ailleurs, toujours dans le cadre d’un environnement budgétaire contraint et le développement des déserts médicaux, les délégations de tâches aux aides-soignants pourraient être envisagées comme une solution « facile » à ces problématiques, sans pour autant revaloriser les salaires et les conditions de travail, accentuant de fait le malaise de cette catégorie de travailleurs et aggravant la baisse d’attractivité de ces métiers. Dans cette même hypothèse les tâches des aides-soignants pourraient à nouveau être effectuées par des « faisant fonction » non diplômés (processus de déqualification).


    [1] LE FLOCH Mathieu et PARDINI Béatrice, Accompagnement des personnes handicapées en Ile-de-France : impact des mutations sur les besoins en professionnels, Rapport d’étude, Défi métiers, mai 2018, 100p.

    [2] Référentiel de formation « en cours de définition » selon le communiqué de presse de l’Assurance maladie du 19 juin 2019 : « Déploiement des assistants médicaux : les médecins vont pouvoir bénéficier d’une aide financière à leur embauche »

     

  • Les formations

    Un lien important entre la formation et le métier exercé
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Compte tenu des réglementations en vigueur dans les principaux secteurs employeurs de la FAP, et des spécificités des fonctions, cette FAP bénéficie d’un lien emploi-formation important[1]. En effet, pour exercer une partie des tâches de cette famille, les diplômes ad hoc (diplômes d’état d’Aide-soignant ou Auxiliaire de puériculture, titre d’assistant dentaire) sont obligatoires et encadrés par le Code de Santé Publique et/ou le Code de l’Action sociale et des Familles.
     
    Ainsi, près des 2/3 des actifs de la FAP depuis moins de 10 ans en emploi ont suivi une formation dans le domaine de la Santé en Ile-de-France (comme le DE AS). Si on ajoute à ce chiffre les « spécialités plurivalentes sanitaires et sociales » (Bac pro ASSP par exemple) et le « travail social » (DE AES notamment), plus de 80% des professionnels de la FAP ont une spécialité de formation directement en lien avec leur profession.


    [1] Gonnard Sophie, Omont Laure et Ben Mezian Morad, « En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés », Insee Analyses Ile-de-France n°49, 2016, 4p.

     

    Des fonctions accessibles avec des diplômes ou des titres de niveau V

    Plusieurs diplômes ou titre permettent d’accéder aux fonctions remplies par les professionnels de la FAP « Aides-soignants ».
     

    • Des diplômes d’Etat : DE Aide-soignant pour les AS ; DE Accompagnant éducatif et social (AES) option « en structure » pour les AMP ; DE Auxiliaire de puériculture pour les auxiliaires de puériculture ; Tous de niveau V et accessibles via la Validation des acquis de l’expérience (VAE), en formation initiale ou continue
    • Les certificats de qualification professionnelle (CQP) pour les assistants médicaux techniques : assistants vétérinaires (Titre d’auxiliaire spécialisé vétérinaire de niveau IV et CQP auxiliaire vétérinaire qualifié, sans niveau spécifique) ; assistants dentaires (CQP de niveau IV) ; accessibles via la VAE et en formation continue uniquement
    • L’entrée sur ces postes peuvent se faire sans diplôme ou titre associé, les employeurs devant généralement s’engager à ce que les salariés soient formés dans un laps de temps déterminé par les conventions collectives en vigueur. Dans ce cas le bac pro ASSP (accompagnement, soins et services à la personne) ou le bac technologique ST2S (sciences et technologies de la santé et du social) peuvent être appréciés des employeurs.
  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie

    AMIRA Selma, AST Dorothée, « Des risques professionnels contrastés selon les métiers », Dares Analyses, DARES, n° 039, mai 2014, 17p.
    CHUVIN Guillaume, LE FLOCH Mathieu, PARDINI Béatrice, Impact du vieillissement de la population et du développement des gérontechnologies sur les professionnels du sanitaire et social en Ile-de-France, Rapport d’étude, Défi métiers, Juin 2019, 150p. disponible en ligne
    COLLIN Clémentine et al., « Aides-soignants: un accès rapide au premier emploi », Enquête et Résultats, Drees, n°923, juillet 2015, 6p.
    DARES, FRANCE STRATEGIE, Les métiers en 2022, Rapport du groupe Prospective des métiers et qualifications, France Stratégie, DARES, avril 2015, 411p.
    GONNARD Sophie, OMONT Laure et BEN MEZIAN Morad, « En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés », Insee Analyses Ile-de-France n°49, 2016, 4p.
    LE FLOCH Mathieu et PARDINI Béatrice, Accompagnement des personnes handicapées en Ile-de-France: impact des mutations sur les besoins en professionnels, Rapport d’étude, Défi métiers, mai 2018, 100p.
    PARDINI Béatrice, Diagnostic emploi formation relatif aux aides-soignants, aides médico-psychologiques et auxiliaires de vie sociale, Rapport d’étude, Défi métiers, novembre 2013, 62p.
    PONCELET Thomas, TRIGANO Lauren, « Même vieillissante, l’Ile-de-France resterait la région la plus jeune de France métropolitaine en 2050 », Insee Analyses Ile-de-France, n°62, juin 2017, 4p.

    Source des données

    Outil Dynamique des bassins, Défi métiers, https://www.defi-metiers.fr
    Outil Dynamique des salaires, Défi métiers https://www.defi-metiers.fr/observatoire-salaires
    INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015
    INSEE, données du recensement, RP 2016
    DARES, traitement Direccte Ile-de-France
    DARES, données de prospective (FAP87), 2018-2022
    Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.