Agents d’entretien de locaux

Agents d’entretien de locaux

Part de l'Ile-de-France dans l'emploi national

18 %
859 833
Actifs en emploi
en France
Dont
158 781
Actifs en emploi
en Ile-de-France

Évolution des effectifs franciliens 2013-2018

+5 %

Troisième famille professionnelle en Ile-de-France par le nombre, elle est principalement constituée par les nettoyeurs, les agents de service de la fonction publique (sauf écoles et hôpitaux) et les agents de service des établissements primaires.

"Une famille professionnelle aux conditions de travail exigeantes et une professionnalisation qui se poursuit"

  • Les activités et leurs évolutions

    Des activités socles communes à l’ensemble de la profession mais variant selon le milieu d’exercice
    Positionnement des métiers
    Source : Pôle emploi, répertoire ROME​

    L’agent d’entretien de locaux réalise des opérations de propreté : nettoyage et entretien des surfaces, locaux, équipements de sites tertiaires et industriels selon la réglementation d'hygiène et de sécurité. Ces activités peuvent nécessiter l’emploi de produits détergents à manipuler avec précautions : dosage, mélanges à éviter, efficacité des produits selon la surface[1].

    Il exerce son activité seul ou en équipe et ses conditions de travail sont difficiles : l’activité s’effectue debout, en horaires atypiques et le rythme de travail peut être soutenu. Selon l’environnement de travail, la nature de l’entretien est dite « classique » ou « spécialisée ». Cette distinction dépend essentiellement du secteur d’activité et du degré d’exigence afférant en matière de réglementation ou besoins d’hygiène du site d’intervention (industrie agroalimentaire, de haute technologie, du tertiaire, etc.), du type de surface à nettoyer et à entretenir (à portée d’homme ou en grande hauteur) mais également de l’équipement et de son degré d’automatisation (monobrosse, autolaveuse, nettoyeur vapeur, etc.). La variabilité de l’activité d’entretien dépend essentiellement de ces trois paramètres. Dans certains cas, l’activité spécialisée peut nécessiter l’utilisation de matériels particuliers (échafaudage roulants, nacelles, PEMP - Plateforme élévatrice mobile de personnes, cordes, etc.) et des certifications spécifiques (ex. Certificat de qualification professionnelle - CQP - Laveur de vitres spécialisé travaux en hauteur).

    Les activités d’entretien « classiques » :

    • Locaux ordinaires (bureaux, immeubles d’habitation, centres commerciaux, hôtels, etc.) ;
    • Surfaces vitrées en grande hauteur.

    Les activités d’entretien « spécialisées » :

    • Milieu paramédical, industrie de la santé (Industrie pharmaceutique, etc.) ;
    • Locaux agroalimentaires ;
    • Industries de haute technologie (zones blanches ou à empoussièrement contrôlé, aérospatial, etc.).

    Les agents d’entretien de locaux peuvent évoluer vers des métiers de maintenance des bâtiments et des locaux, le gardiennage de locaux ou encore la salubrité et le traitement de nuisibles. Ils peuvent également avec des formations complémentaires exercer des métiers proches tels que : personnel polyvalent d’hôtellerie, entretien d’affichage et mobilier urbain, nettoyage des espaces urbains, personnel polyvalent des services hospitaliers.  



    [1] Observatoire en ligne Uniformation, 2017

     

    Activités au cœur de la famille professionnelle
    • Contrôler l’état de propreté des locaux
    • Nettoyer des revêtements de sol, des meubles et accessoires, des surfaces vitrées à portée d’homme
    • Trier, évacuer les déchets courants
    • Effectuer des travaux d’entretien, de décapage, de lustrage ou de remise en état des sols ou autres surfaces (carrelage, parquet, marbres, etc.)
    • Réaliser l’entretien courant et le rangement du matériel utilisé ;
    • Contrôler l’approvisionnement en matériel
    • Appliquer les protocoles d’hygiène standards 
    • Recueillir, transmettre les demandes et réclamations des clients
    • Réaliser des activités spécifiques de nettoyage en grande hauteur ou en milieu ultra-propre.

     

     

    Source : offres d’emploi recueillies sur différents sites d’emploi / référentiel des métiers de la branche propreté (Fep) / fiche métiers ONISEP et Pôle Emploi

    Activités complémentaires ou en développement…

    Le développement de l’automatisme et des outils connectés comme la prise en compte des enjeux environnementaux conduisent à des transformations de la profession et à l’évolution des activités :

    • Utiliser les objets mobiles connectés pour contrôler l’état de propreté des locaux et pour le suivi des approvisionnements des produits et l’entretien du matériel
    • Connaître et utiliser des produits détergents peu polluants ou à faible impact écologique
    • Savoir reconnaître les nouveaux matériaux pour en assurer le tri et l’évacuation
    • Réaliser les travaux de petite maintenance du bâtiment (remplacement d’ampoule électrique, poignée de porte cassée, peinture écaillée, etc.) et l’entretien des espaces verts (désherbage, débroussaillage, tonte des pelouses, arrosage, etc.) ;
    • Appliquer les protocoles écolabellisés d’économie d’eau, d’énergie, d’usage et de dosage de produits d’entretien ;
    • Gérer, de façon autonome, la relation client de premier niveau ;
    • Utiliser et programmer des robots ou machines aux fonctionnalités autonomes.

     

  • Les secteurs concernés

    Une forte concentration dans trois secteurs d’activités
    Top 5 des secteurs d’activités employeurs
    Sources : ACOSS, Centre d’analyse stratégique. Traitement Défi métiers

    Les ¾ des effectifs de cette famille professionnelle sont concentrés dans 3 secteurs d’activités : les activités de services et de soutien, l’administration publique et l’enseignement. Le secteur des activités de services et de soutien, qui concentre le plus grand nombre d’emplois, bénéficie d’un mouvement d’externalisation de la fonction de nettoyage depuis les années 1970[1] . En Ile-de-France, après une période de stagnation entre 2012 et 2014, ce secteur connaît une forte croissance d’emplois entre 2014 et 2017(Acoss, 2017) qui concerne aussi des agents d’entretien de locaux, témoignant non seulement d’un besoin accru de prestations de nettoyage spécialisé, mais aussi de leur extension aux activités associées. Ces dernières sont principalement des services liés aux procédés (gestion du courrier, déménagements internes, gestion des stocks etc.) et à l’entretien du bâtiment et de son environnement (manutention, espaces verts, entretien technique des locaux, etc.).

     

    En plus de la forte présence de cette profession dans le secteur des Activités de services, l’administration publique et l’enseignement, il existe un potentiel de développement à long terme dans d’autres secteurs tels que l’hébergement médico-social et action sociale sans hébergement ; les activités pour la santé humaine, et l’hébergement et restauration, etc. En effet, le durcissement des normes techniques de qualité de nettoyage de 1987 à 2015, a généré, d’une part, chez la clientèle du secteur, de nouveaux besoins spécialisés en matière de nettoyage (Le secteur du nettoyage, Insee, Insee première n°1690 - 2018) et, d’autre part, chez les entreprises fournissant des services spécialisés du secteur de la propreté, un besoin accru en ressources humaines mais aussi en solutions techniques adaptées aux milieux sensibles. Cependant, pour des raisons économiques, ce potentiel de développement pourrait davantage se traduire par une externalisation que par une internalisation des emplois dans ces secteurs.



    [1] Le secteur du nettoyage, Insee, Insee première n°1690 - 2018

     

  • Les marchés du travail

    Caractéristiques des actifs en emploi

    Une entrée tardive dans le métier et des emplois fortement féminisés
    158 781
    Actifs en
    Ile-de-France

    Répartition Homme/Femme (en %)

    Répartition H/F
    INSEE RP 2018

    Répartition des âges (en %)

    Répartition par âge
    INSEE RP 2018

    Les emplois d’agent d’entretien de locaux sont essentiellement occupés par des femmes. Elles représentent près des trois quarts des actifs en emploi dans cette profession.

     

    En Ile-de-France, les seniors sont particulièrement présents dans cette famille professionnelle (41 %). Inversement la part des moins de 30 ans est deux fois moins importante que pour l'ensemble des familles professionnelles. Cela s’explique à la fois par l’entrée tardive des personnes dans la profession (c’est le cas de personnes professionnellement inaptes à exercer dans la profession d’origine, ou en reconversion, ou au chômage de longue durée, clauses sociales d’insertion, en reprise d’activité, etc.) et par le déficit d’attractivité auprès des jeunes de moins de 30 ans. Leur part y est deux fois inférieure à l’ensemble des professions franciliennes (10 %).

     

    La profession est accessible aux personnes étrangères. En effet, un tiers des agents d’entretien de locaux sont de nationalité étrangère. Selon une étude de Défi métiers et de l’Insee[1], la région Ile-de-France compte 46 % de l’ensemble des actifs immigrés en France ayant un emploi. Ces actifs occupés sont probablement plus enclins à accepter des conditions de travail difficiles, étant donné l’opportunité que ces professions représentent pour intégrer le marché du travail. Cependant, cette ouverture semble de plus en plus conditionnée à une certaine maîtrise de la langue française.



    [1] Insee analyses Ile-de-France n°49, décembre 2016

     

    Des agents peu diplômés (mais qui tendent à se professionnaliser)

    Niveau de diplômes (en %)

    Diplômes
    INSEE RP 2018

    La profession ne requiert généralement pas de qualification lorsque le nettoyage est réalisé dans un environnement non spécialisé. Certains employeurs exigent des diplômes spécifiques pour exercer dans un environnement particulier (nettoyage industriel de sites de production, usines, etc.). En Ile-de-France, la moitié des actifs en emploi ne possède aucun diplôme ou est titulaire au mieux du brevet. Toutefois, les des deux-tiers des professionnels de moins de 30 ans possèdent au moins un CAP/BEP. Par ailleurs, il est fréquent que la formation du salarié soit assurée par l’employeur.

    Il existe des diplômes qui facilitent l’embauche pour une activité en milieu spécifique et permettent une évolution professionnelle.

     

    Comme évoqué précédemment, la profession tend vers une montée en qualification des salariés en poste, mais aussi des candidats souhaitant travailler dans le secteur ; particulièrement pour les activités de nettoyage spécialisé. Au-delà de toute considération inhérente à la profession et des signaux positifs qu’une montée en qualification peut susciter, on peut s’interroger sur les conséquences d’une telle évolution en termes d’insertion sociale par l’activité. En effet, la profession d’agent d’entretien de locaux a également une vocation d’intégration sociale et professionnelle des personnes « fragiles », peu ou pas qualifiées, comme en témoigne le profil social des actifs en poste :

    1. Forte majorité de femmes de plus de 50 ans, peu ou pas qualifiées ;
    2. Proportion significative de personnes de nationalité étrangère.

     

    Aussi, une exigence renforcée en termes de qualification peut être vécue comme un accroissement des barrières à l’entrée de la profession et une limitation de l’accès aux personnes peu qualifiées.

    De nombreux CDD

    Conditions d'emploi

    INSEE RP 2018
    30 % 14 %
    INSEE RP 2018

    Les actifs en poste sont principalement en emplois stables avec des Contrats à durée indéterminée (CDI). Cependant, la part des Contrats à durée déterminée (CDD) est deux fois plus élevée que dans l’ensembles des professions franciliennes. Les embauches en CDD peuvent concerner plusieurs fois une même personne : CDD à différentes périodes de l’année par exemple, dans la même ou dans plusieurs entreprises[1] .



    [1] Le recrutement dans le secteur de la propreté, Fare Propreté - mars 2015

     

    Un tiers des salariés en temps partiel

    Le temps partiel est particulièrement développé. Un tiers des professionnels sont employés à temps partiel, soit deux fois plus que l’ensemble des professions en Ile-de-France. La nature de la prestation d’entretien qui s'effectue généralement tôt le matin, tard le soir, durant la nuit, en horaires fractionnés, en fin de semaine, les jours fériés ou encore la multiplicité des lieux de prestation, expliquent en partie cette proportion du temps partiel. Aussi, un faible temps de travail entraîne de faibles rémunérations. Ceci peut pousser cette catégorie de salariés à rechercher des revenus complémentaires, dans le même secteur ou non. A défaut, une partie d’entre eux se trouve en position de travailleur pauvre. Le phénomène du multi-employeur, selon une étude du Fare Propreté, concernerait un quart des salariés de la branche propreté[1] ().

     

    Cependant, depuis une dizaine d’années, la profession tend de plus en plus vers le travail continu en journée et des expérimentations dans ce sens ont déjà cours dans d’autres régions. Mais cette configuration qui change les conditions de réalisation de la prestation (travail dans des locaux occupés et non plus vides), nécessiterait, à grande échelle, une formation aux enjeux du travail continu en journée ainsi qu’une responsabilisation du comportement de l’agent vis-à-vis du client (faire preuve d’empathie, de bienveillance, qualité relationnelle, etc.).



    [1] Le recrutement dans le secteur de la propreté, Fare Propreté - mars 2015

     

    Caractéristiques des demandeurs d’emploi

    Le profil des demandeurs d’emploi est identique à celui des actifs en poste
    31 083
    Demandeurs d'emploi enregistrés dans cette famille professionnelle
    Part des DE inscrits depuis plus d’un an (en%)
    DIRECCTE 2020
    Taux d’écoulement
    47%
    49%
    DIRECCTE 2020

    Avec un taux d’écoulement identique à la moyenne des FAP franciliennes et une part de demandeurs d’emplois de plus d’un an de seulement de 4 points supérieur à la moyenne, le marché du travail semble fluide.

    Les demandeurs d’emploi souhaitant exercer cette profession présentent un profil identique aux professionnels en poste : une part importante de femmes, dont près de la moitié a plus de 50 ans et plus des deux-tiers ne possèdent aucun diplôme ou sont titulaires au mieux du brevet.

    Les offres d'emploi et projets de recrutement

    Une prédominance des offres d’emploi de longue durée

    Durée des emplois proposés (en %)

    4 242
    DIRECCTE 2020

    En 2018, 6943 offres d’emplois ont été enregistrées par Pôle emploi. Les offres d’emploi sont le plus souvent de longue durée, même si près d’un tiers concernent des offres temporaires de 1 à 6 mois. Cependant, les offres d’emploi de courte durée (moins de 6 mois) pour des remplacements temporaires ou pour accroissement temporaire d’activité, sont en proportion plus développées que pour l’ensemble des familles professionnelles franciliennes. Par ailleurs, la conversion des contrats de courte durée en contrat de longue durée y est courante[1].

    L’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) chiffre à plus de 21 000 les projets de recrutement d’agents d’entretien de locaux en 2019 en région francilienne. Entre 2014 et 2019, ils sont en hausse continue. Seul 27 % d’entre eux sont jugés difficiles par les employeurs, bien en dessous de la difficulté moyenne de l’ensemble des projets de recrutement dans la région (47 %).

    Cependant, une part importante de l’offre d’emploi concernant les agents d’entretien de locaux ne transite pas par Pôle emploi. En effet, les pratiques des entreprises du secteur de la propreté font état de recrutements opérés plus souvent dans l’urgence et qui privilégient le bouche-à-oreille (Le recrutement dans le secteur de la propreté, FARE Propreté, mars 2015). Ces derniers enferment lesdites entreprises dans un cercle vicieux qui rend difficile l’anticipation des besoins, altère la qualité du recrutement et freine la professionnalisation.



    [1] Le recrutement dans le secteur de la propreté, Fare Propreté - mars 2015

     

  • Les enjeux pour la profession et leurs impacts sur les métiers

    Des évolutions portées par les transitions écologiques et numériques
    Enjeux par dimension

    Les dynamiques d’évolution de la profession sont de natures hétérogènes. D’abord, à court terme, la profession devrait être confrontée à question de sa démographie vieillissante. Le vieillissement des actifs en poste combiné à l’entrée tardive d’autres actifs dans la profession, posent la question du renouvellement des générations.

    Puis, on observe une transformation des attentes clients. En effet, les prestations de nettoyage et d’entretien doivent de plus en plus répondre à la montée des préoccupations écologiques à travers le choix des produits d’entretien. La création en 2018 d’un écolabel européen pour les prestations de propreté en est le reflet. De plus, cette tendance s’accompagne d’une montée des préoccupations vis-à-vis de la santé des usagers des locaux comme des professionnels grâce à l’usage de détergents issus de biotechnologies. La mise en avant de l’argument écologique dans l’offre de prestation répond à la fois à la prise en compte d’une préoccupation contemporaine des usagers/bénéficiaires mais aussi à une stratégie de démarcation de la concurrence.

    De même, le secteur de la propreté voit en la digitalisation de ses activités, une réponse pertinente à la transformation des attentes clients[1] en matière de prestation de services : traçabilité et transparence ; exigence de réactivité (ruptures de consommables) ; optimisation des plannings (organisation de la prestation) ; satisfaction des usagers. Il s’agit surtout de garantir la qualité de service en la donnant à voir au client. En 2002, une étude du Clersé[2], analysait que « le traitement de l’information et des opérations relationnelles constituent les deux grandes transformations radicales de l’activité de nettoyage ». La mobilité connectée (smartphones et tablettes) est aujourd’hui la technologie la plus mature et la plus utilisée par les entreprises du secteur du nettoyage (télépointage, contrôles qualité en ligne, géolocalisation des salariés et des équipements). Cependant, la généralisation de cet outil peut placer l’agent d’entretien sous un contrôle continu de (ou dans) son activité.

    Par ailleurs, émergent des plateformes en ligne et des progiciels qui mettent en relation le prestataire et le client, autour des besoins en nettoyage ciblé. En effet, le développement du numérique au sein des locaux/espaces privés et publics (domotique, locaux intelligents, poubelles connectées, capteurs de présence, d’entrée et de sorties, etc.) peut modifier la façon d’appréhender, de réaliser les prestations de nettoyage et ouvre la possibilité d’une gestion de la propreté à distance. Les données ainsi recueillies sur l’usage, la fréquentation d’une salle/espace pourraient être consultées par l’agent d’entretien de locaux. Ainsi, il pourrait optimiser son intervention en adaptant les procédures de contrôle de l’approvisionnement de certains produits (distributeur de savon par exemple) et de vérification de l’état de propreté. Ces approches nécessitent une montée en compétence sur l’utilisation d’outils numériques à des fins professionnelles. Ces dynamiques, même si elles sont encore émergentes, rendent possible les prestations au besoin. Cependant, les transformations numériques actuelles impactent différemment les agents d’entretien de locaux, selon la taille de l’entreprise employeuse, mais aussi selon la sensibilité du client. Les entreprises de taille intermédiaire et les grands groupes sont davantage impliqués dans la transformation numérique alors que les TPE/PME en sont davantage éloignées.

    Sur un autre plan, la robotique de la propreté se développe (ex. E.ZICOM, ROBOSOFT) et les coûts d’accès ont tendance à diminuer. A plus ou moins long terme, on peut s’attendre à une introduction plus généralisée. Les différentes expérimentations (RATP, SNCF, etc.) ont positionné des robots sur des tâches simples et répétitives (laveurs de sol et de vitres, etc.) tandis que les tâches les plus complexes demeuraient à la charge des agents d’entretien de locaux. Outre cet aspect, les progrès de la robotique peuvent contribuer à réduire la pénibilité au travail et à développer l’attractivité de la profession. Les technologies n’étant pas suffisamment matures, certaines tâches (robot nettoyeur de toiles d’araignées ou laveur de vitres) nécessitent encore la présence d’un pilote dans une logique de complémentarité (cobotique). A termes, certains gestes professionnels pourraient évoluer avec le nettoyage robotisé qui nécessiterait de nouvelles qualifications (notamment la maintenance de premier niveau et la programmation du robot, etc.).

    La tendance au travail continu en journée va faire évoluer le paradigme de travail de certains agents, passant du nettoyage dans des locaux souvent inoccupés au nettoyage de locaux occupés. Dans ces conditions, la relation au client éventuellement présent lors de la réalisation de la prestation, devient un enjeu.

    Par ailleurs, les nouvelles exigences en matière de nettoyage et de désinfection induits par la crise sanitaire, attributs de nouvelles responsabilités aux agents, mais renforce également les risques pour leur propre santé, d’autant que les rythmes de travail se sont intensifiés (fréquence de nettoyage, attention spécifique sur des surfaces à risques, etc.).

    Enfin, la poursuite du développement des activités associées par les entreprises du secteur de la propreté, répond à une autre stratégie de diversification d’un secteur très concurrentiel, générant de faibles marges[3]. Aussi, les attentes client en matière de qualité de travail mais aussi de souplesse d’intervention sont un autre levier d’influence sur la profession, notamment au travers la progression des logiques de prestation au besoin qui peuvent réclamer davantage de réactivité et de mobilité aux agents.



    [1] La transition numérique dans le secteur de la propreté, Fare Propreté, Document de synthèse - 2018

    [2] Le secteur du nettoyage face aux nouvelles technologies, Djellal F., Formation Emploi n°77 - 2002

    [3] le secteur du nettoyage, Insee, Insee première n°1690 2018

     

  • Les formations

    Une offre de formation qui s’enrichit
    Part des actifs de la FAP issue des différentes spécialités de formation
    INSEE EEC 2018

    Les actifs en emploi diplômés sont issus de formations hétérogènes. Cette différence de spécialités de formation reflète la diversité d’origine des professionnels en poste : personnes inaptes dans leurs métiers d’origine (bâtiment, entretien d’espaces verts, etc.), d’origine étrangère titulaires de diplômes étrangers partiellement ou non reconnus, éloignées de l’emploi, etc. Selon une étude de Défi métiers et de l’Insee, l’intensité du lien métier-formation pour cette profession est qualifié de « moyen », à l’instar de la moitié des professions franciliennes[1].

    L’offre de formation initiale et en apprentissage en lien avec le contenu de la profession d’agent d’entretien de locaux propose quatre formations du niveau 3 au niveau 4 (CAP, BEP, Bac professionnel et Titre professionnel) dont le contenu (notamment en lien avec les préoccupations environnementales) a été rénové ces dix dernières années. Celles-ci sont généralistes et proches dans leur contenu, à l’exception du Bac professionnel, qui comporte une dimension de supervision et d’organisation.

    Dans le domaine de l’ultra propreté, des connaissances en microbiologie appliquée (ex. Certificat d'aptitude professionnelle - CAP - Agent de propreté et d’hygiène) peuvent faciliter l’embauche pour les activités de bio-nettoyage (nettoyage de désinfection). En effet des protocoles adaptés sont à appliquer aux niveaux des zones à risque que ce soit dans le système de production agroalimentaire ou dans le milieu médical (blocs opératoires, laboratoires, etc.).

    La Branche de la propreté et des services associés a lancé une nouvelle dynamique en 2007. Celle-ci a abouti à la mise en place de huit Certificats de qualification professionnelle (CQP) plus diversifiés et plus spécialisés, en complément de l’offre de formation diplômante déjà existante. L’offre de formation continue a été ainsi multipliée par dix ces dix dernières années afin de répondre aux enjeux d’évolution du secteur du nettoyage, de professionnalisation des actifs, de sécurisation des parcours professionnels et aux besoins spécifiques des recruteurs.

    Des parcours de formation sont proposés aux salariés déjà titulaires d’un des CQP (de 4 à 21 jours). Les enseignements étant organisés en « blocs de compétences », selon le CQP déjà obtenu, le salarié peut bénéficier d’un allègement de parcours du fait des « blocs de compétences » acquis antérieurement. Ces CQP répondent à des besoins professionnels internes à la Branche mais semblent peu appropriés pour un changement de profession.

    Ces parcours de formation en « blocs de compétences » présentent l’avantage de valoriser la certification des savoirs attendus sur des fonctions transversales ou sur l’ensemble des professions de la Branche, favorisant ainsi les passerelles.

    Ci-dessous, les diplômes en formation initiale ou en apprentissage qui peuvent faciliter l’entrée dans la profession d’agent d’entretien de locaux ou plus généralement dans le secteur du nettoyage :

    • CAP Agent de propreté et d’hygiène (niveau 3) ;
    • BEP Hygiène et propreté (Niveau 3) ;
    • Bac Pro Hygiène, propreté, stérilisation (Niveau 4).

    Ci-dessous, les huit CQP de la Branche propreté en formation continue et qui peuvent faciliter la spécialisation des agents d’entretien de locaux dans un domaine technique spécifique ainsi qu’une progression professionnelle :

    • Agent machiniste classique ;
    • Agent d’entretien et de rénovation en propreté ;
    • Chef d’équipe propreté ;
    • Laveur de vitres spécialisé travaux en hauteur ;
    • Agent en maintenance multitechnique immobilière ;
    • Chef d’équipe en propreté et en maintenance multitechnique immobilière ;
    • Chef de site(s) ;

    Responsable de secteur.



    [1] En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés, Omont L., Gonnard S., Ben Mezian M., Insee Analyses n°49 - décembre 2016. Étude comportant cinq niveaux d’intensité du lien formation-emploi

     

  • Sources bibliographiques et de données

    Bibliographie
    • La transition numérique dans le secteur de la propreté, Fare Propreté, Document de synthèse - 2018
    • Le secteur du nettoyage, Insee, Insee première n°1690 - 2018
    • Observatoire en ligne, Uniformation - 2017
    • En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés, Omont L., Gonnard S., Ben Mezian M., Insee Analyses n°49 - décembre 2016
    • Insee analyses Ile-de-France n°49 - décembre 2016
    • Bref, n° 321, mai 2014, BABET Charline, DARES, Portraits statistiques des métiers, 1982-2014, numéro 19, mars 2016
    • En Ile-de-France, un lien plus faible entre la formation suivie et l'emploi exercé pour les jeunes dans les métiers peu qualifiés, Omont L., Gonnard S., Ben Mezian M., Insee Analyses n°49, 2016
    • Le recrutement dans le secteur de la propreté, Fare Propreté - mars 2015
    • Les seniors franciliens cesseront leur activité plus tard que les provinciaux, Étude réalisée conjointement par l’Insee, la Direccte Ile-de-France et Défi métiers, Insee à la page n°415 - décembre 2013
    • Le secteur du nettoyage face aux nouvelles technologies, Djellal F., Formation Emploi n°77 - 2002
    Source des données
    • Outil dynamique des bassins, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • Outil dynamique des salaires, Défi Métiers, https://www.defi-metiers.fr
    • INSEE, Enquête emploi continue, année médiane 2015 
    • INSEE, données du recensement, RP 2017
    • DARES, traitement direccte Ile-de-France
    • DARES, données de prospective par FAP87, 2018-2022
    • Enquête IVA (Insertion dans la vie active), dispositif national piloté par le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, données Ile-de-France via l’enquête réalisée dans le cadre d’un partenariat entre la région, les trois académies franciliennes, la DRIAAF, la DRONISEP et Défi-métiers.