Guide du parrainage

Ce guide a été réalisé par Défi métiers à la demande et avec l'appui de la Drieets Ile-de-France, le Conseil régional d'Ile-de-France et la Préfecture de Région d'Ile-de-France. Il réunit diverses ressources visant à faciliter l'accompagnement des filleuls/filleules par les parrains/marraines. Il doit également permettre de fluidifier la relation entre la structure porteuse du dispositif et les personnes bénévoles qui s'engagent dans des actions de parrainage.

Le parrainage, pour qui, pour quoi ?

Qu'est-ce que le parrainage ?
  • Définition

    Dispositif public reposant sur une approche pragmatique et solidaire de la lutte contre le chômage, des jeunes et des habitants des Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) en particulier, le parrainage pour l'emploi est expérimenté à partir de 1993. Déployé d'abord dans cinq régions, dont l’Ile-de-France, il est ensuite étendu à l'ensemble du territoire à partir de 1997.
     
    Le parrainage est une médiation entre un demandeur d'emploi et un employeur. Il consiste en l'accompagnement de personnes rencontrant des difficultés d'insertion par des parrains bénévoles, issus du monde professionnel, chargés de favoriser l'accès ou le maintien dans l'emploi par des conseils et le partage de leur réseau relationnel.
     
    Le parrainage permet de renforcer l’égalité des chances en matière d’insertion professionnelle. Il repose sur des engagements réciproques entre le parrain et le parrainé, en collaboration avec un référent parrainage au sein d’une structure.

  • Différence parrainage/mentorat

    A la différence du parrainage, qui est un accompagnement vers l'emploi, le mentorat vise à accompagner des jeunes en difficulté vers la réussite dans leur orientation scolaire, la poursuite de leurs études jusqu’à leur insertion professionnelle. 

Le rôle du parrain/de la marraine
  • Ce que fait le parrain/la marraine

    Le parrain/La marraine s'engage à rencontrer régulièrement son filleul/sa filleule et lui fait bénéficier de son expérience et de son réseau relationnel. Il/Elle peut également avoir une fonction de relais de l'information lorsque le parrainé/la parrainée rencontre des freins à son insertion professionnelle (problèmes de logement, de santé, de mobilité, etc.). De son côté, le parrainé/la parrainée s'inscrit dans la démarche du parrainage sur la base du volontariat. Il/Elle s'engage notamment à mener une recherche active de formation ou d'emploi, à rencontrer régulièrement son parrain et à lui faire part des avancées et des difficultés qu'il/elle peut rencontrer.

    Le rôle du parrain/de la marraine est également d'apporter sa disponibilité, son soutien et sa qualité d'écoute à son filleul/sa filleule. Il/Elle l'aide à reprendre confiance en soi, à rester motivé et à structurer sa démarche de recherche d'emploi. Au-delà d'un appui technique, il/elle lui apporte un soutien moral.

  • Ce que ne fait pas le parrain/la marraine

    Le parrain/La marraine doit éviter les postures directives ou autoritaires, et les rapports de force. Il/elle ne doit pas monopoliser le temps de parole, ni agir à la place de son filleul/sa filleule car l'objectif premier est de l’amener vers l’autonomie.

    Le parrain/La marraine doit se garder de rentrer dans la vie privée de son filleul/sa filleule. De même, il/elle ne doit pas laisser ce dernière/cette dernière pénétrer dans sa propre vie privée.

    Enfin, le parrain/la marraine n'a pas vocation à traiter les problèmes sociaux du filleul/de la filleule, mais plutôt à s'orienter, en s'appuyant éventuellement sur la structure porteuse, vers les bons interlocuteurs.

Le rôle de la structure porteuse
  • Mise en relation et accompagnement

    La structure porteuse a pour mission de recruter des parrains/marraines et de repérer les futurs filleuls/filleules pour leur proposer le parrainage. Au sein de la structure, le référent parrainage est chargé ensuite d'assurer la mise en relation du parrain/de la marraine et de son filleul/sa filleule, et de suivre le bon déroulé de cette relation.

    La structure porteuse met en œuvre le dispositif et anime le réseau de parrainage au niveau local : présentation du dispositif auprès des bénéficiaire et/ou dans les entreprises, réunions d’échanges entre parrains/marraines, examine les candidatures des demandeurs d’emploi et des parrains/marraines et les valide, accompagne la mise en relation entre le filleul et le parrain et en assure le suivi, outille et conseille les parrains et marraines, capitalise les bonnes pratiques et communique sur le parrainage.

    Elle prend également en charge l'accompagnement des parrains/marraines, en leur proposant des réunions d'information ou des formations, pour leur permettre de mieux connaître les difficultés rencontrées par les personnes à parrainer et d'acquérir les compétences nécessaires à la médiation.

Le parrainage, un dispositif inscrit dans un environnement d'acteurs

Le Service public régional de l'orientation (SPRO)
  • Présentation du SPRO
    L'accès à la formation est intimement lié à une orientation de qualité. Toute personne a le droit, tout au long de sa vie, à être informée, conseillée et accompagnée en matière d'orientation professionnelle. Ce droit, garanti par le "service public de l'orientation tout au long de la vie", est gratuit, correspond au profil de la personne et tient compte à la fois de son projet et de la situation économique de son territoire.
     
    Le pilotage de ce service public de l'orientation est assuré conjointement par l'Etat, en charge de l'orientation des élèves et des étudiants, et par les Régions, en charge de l'orientation des actifs. Il s'organise désormais sur les territoires à travers le Service public régional de l'orientation (SPRO) (Art. L6111-3 du Code du Travail).
     
    Dans le cadre du SPRO, les Régions ont pour mission :
    • de coordonner les actions des organismes participant au SPRO (hors organismes en charge de l'orientation des élèves et étudiants) ;
    • d’assurer un rôle d'information ;
    • de coordonner la mise en place du conseil en évolution professionnelle (CEP) ;
    • de mettre en place un réseau de centres de conseil sur la VAE.
  • Les acteurs du SPRO francilien

    Les membres du Service public de l'orientation désignés par le Législateur sont :

    • Pôle emploi,
    • Les Missions Locales,
    • Cap Emploi,
    • l'Apec,
    • les Chambres consulaires,
    • et le Groupement Evolution (CEP des salariés).

    En Ile-de-France s'y ajoutent différents membres désignés par le Conseil régional :

    • le Réseau Information Jeunesse,
    • les Cités des métiers,
    • le Service commun universitaire d’information, d’orientation et d’insertion professionnelle (SCUIO-IP).
Le Service public de l'emploi (SPE)
  • Présentation du SPE

    Le Service public de l'emploi, dont le rôle et les acteurs sont définis par l’article L5311-1 du Code du travail, a pour mission l’accueil, l’orientation, la formation et l’insertion. Il comprend le placement, le versement d’un revenu de remplacement, l’accompagnement des demandeurs d’emploi et l’aide à la sécurisation des parcours professionnels de tous les salariés.

  • Les acteurs du SPE

    Le SPE est constitué d’un noyau dur regroupant les acteurs suivants  :

    • l’État (principalement le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion) et les directions régionales de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (en Ile-de-France, la Drieets Ile-de-France) ;
    • Pôle Emploi ;
    • l'Afpa ;
    • l’Unédic.

    Peuvent également participer au SPE les organismes publics ou privés dont l’objet consiste en la fourniture de services relatifs au placement, à l’insertion, à la formation et à l’accompagnement des demandeurs d’emploi (missions locales, Cap emploi, etc.), les organismes ayant pour objet l’insertion par l’activité économique, les entreprises de travail temporaire, ainsi que les agences de placement privées.

Le service public de l'insertion et de l'emploi (SPIE)
  • Présentation du SPIE

    Le SPIE est une méthode pour que toutes les structures appelées à intervenir dans le parcours vers l’emploi d’une personne se coordonnent et simplifient ses démarches. Chaque individu doit se voir proposer un parcours d’accompagnement personnalisé prenant en compte toutes ses difficultés pour s’insérer (logement, santé, mobilité, etc.). Ce parcours est coordonné entre les différents professionnels pour lui éviter de multiplier les démarches, avec un suivi dans le temps qui lui est proposé.

    Le Gouvernement a lancé une concertation nationale et soutenu, en 2020, 14 territoires d’expérimentation qui ont permis de définir la méthode du SPIE pour renforcer l’efficacité de l’accompagnement vers l’emploi pour les personnes qui rencontrent des difficultés particulières pour s’insérer sur le marché du travail. Début 2022, ce sont 79 territoires qui déploient le service public de l’insertion et de l’emploi. 80 % du territoire national est désormais engagé dans la dynamique.

    Les services du SPIE sont :

    • Un diagnostic social et professionnel systématique pour aider la personne à élaborer son projet professionnel ;
    • Une coordination et un suivi partagé du parcours entre les professionnels de différentes structures qui accompagnent une même personne dans son projet de retour à l’activité afin de garantir un parcours « sans couture » (emploi, formation, logement, hébergement, santé, mobilité, etc.) ;
    • Une coordination de l’offre d’accompagnement social et professionnel sur le territoire afin que les professionnels puissent proposer toutes les solutions pour aider les personnes à réaliser leur projet de retour à l’activité.

     

     

  • Les acteurs du SPIE

    Le SPIE prend la forme d’un consortium qui unit les partenaires engagés au sein de chaque territoire : conseils départementaux, Pôle emploi, État, Caisses d’allocations familiales, Cap emploi, missions locales, collectivités territoriales, acteurs de la formation, du logement, de la santé, de la mobilité, associations et entreprises.

    Ces consortiums doivent mettre en place un socle de services avec pour objectif de tendre, à terme, vers un même type de service rendu à l’usager sur l’ensemble du territoire.

Les bénéficiaires du parrainage

Les jeunes sortant de l'Aide sociale à l'enfance
  • L’autonomisation des jeunes sortants de l’ASE

    Le service départemental de l’aide sociale à l’enfance a pour mission d’apporter un soutien matériel, éducatif et psychologique aux mineurs émancipés et majeurs de moins de vingt et un ans confrontés à des difficultés familiales, sociales et éducatives susceptibles de compromettre gravement leur équilibre.

    Il intervient à la fois en prévention auprès des familles en difficulté dans l'éducation de leurs enfants : action éducative à domicile, accompagnement social et éducatif... et en faveur de la protection de l'enfant (et jeunes adultes jusqu'à 21 ans) si nécessaire par une prise en charge au sein d'un établissement ou dans une maison d'accueil plus à même d'accomplir un rôle éducatif. 

    Parmi les missions confiées à l’ASE, la prévention spécialisée, action d'éducation spécialisée, vise à permettre à des jeunes en voie de marginalisation de rompre avec l’isolement et de restaurer le lien social. Une partie du métier consiste à aller au-devant des jeunes, que ces jeunes soient aisément visibles ou difficilement discernables. Les éducateurs de prévention, généralement des éducateurs spécialisés, des assistants de service social, des animateurs, des moniteurs éducateurs --, vont à la rencontre des jeunes dans leurs lieux de rassemblement, principalement dans la rue au sein de communautés humaines, tels les quartiers, groupes d'immeubles, groupes de jeunes,. Ils sont, de ce fait, régulièrement appelés « Éducateurs de Rue ». Ce type de politique d'aide à la jeunesse, avec ce type de personnel, est le dernier recours face à l’échec des autres démarches éducatives institutionnelles.

    Les jeunes sortants de l’ASE sont confrontés à plusieurs processus combinant des changements liés à l’ado­lescence, des changements de conditions de vie, le passage à la majorité légale et l’entrée dans un statut d’adulte qui s’ajoutent à des fragilités spécifiques liées à la situation familiale, un sentiment fréquent d’isolement, des stéréotypes sur leur passé, leur parcours.

     

    Ces trajectoires se traduisent par de nombreuses difficultés à appréhender :

    • Difficulté à anticiper le moment de la sortie ;
    • Difficulté à se projeter sans prise en charge ASE/PJJ ;
    • Difficulté à comprendre la différence de réponse institutionnelle avant/après l’âge de la majorité ;
    • Difficulté à se débrouiller seul en sortant d’un système très protecteur ;
    • Difficulté à régulariser leur séjour pour certains MNA une fois la prise en charge ASE terminée etc.

    1. Le passage à la majorité légale

    Ce qui change :

    • Plus besoin d’autorisation des parents ou d’un tuteur pour tous les actes de la vie civile (sauf si tutelle mise en place) / toutes les décisions peuvent être prises par le jeune ;
    • Une responsabilité personnelle qui a des conséquences (jugement en correctionnel et pas au TE) avec une sévérité accrue ;
    • Un suivi en Protection de l’Enfance qui s’arrête mais peut être prolongé dans le cadre du Contrat jeune majeur ;
    • Une différence importante à comprendre entre les aides possibles avant et après la majorité.       

    2. Le passage à l’âge adulte

    Il constitue notamment une réorganisation identitaire et une évolution qui touche les aspects de la vie personnelle. Ce passage à l’âge adulte présente des spécificités pour les jeunes suivis par l’ASE tenant au manque fréquent de soutien familial, aux fragilités résultant de leur histoire, à l’aspect plus rapide du processus qu’impose leur situation institutionnelle

    L’autonomisation (ou le passage à l’âge adulte) a un volet contraignant mais aussi un volet de liberté, d’émancipation, d’épanouissement qu’il ne faut pas oublier dans l’échange à mener avec les jeunes. Car c’est ce volet positif qui constitue le meilleur moteur.

    Enfin, l’autonomie ne s’oppose en rien au besoin de soutiens et d’appuis extérieurs. Aucune autonomie ne revient à vivre sans les autres (sinon elle devient solitude, isolement voire dépression). La question fondamentale est donc celle de la qualité de nos liens et attachements. Un enjeu essentiel pour les sortants de l’ASE est donc de les accompagner dans l’iden­tification et la mobilisation de différents soutiens tant personnels qu’au sein des dispositifs pouvant soutenir les jeunes majeurs (et les adultes) dans les principaux domaines de leur vie (accès aux droits sociaux, logement, santé, insertion, formation, …).

    Face aux difficultés qu’ils rencontrent une fois sortis des circuits de la protection de l'enfance et pour éviter de se retrouver exposés à des risques d’isolement et de pauvreté, les jeunes peuvent bénéficier du Contrat jeune majeur qui leur permet de prolonger l'accompagnement et les aides dont ils bénéficiaient après l’âge de 18 ans et jusqu’à 21 ans. Son objectif est de faciliter l'accès à l’autonomie. Conditionnées à un manque de ressources et des difficultés d’insertion, l’aide proposée comporte à la fois un suivi éducatif, social et psychologique, une aide financière et une aide en matière d’hébergement.

     

     

  • Lieux et personnes ressources

    Action enfance

Les personnes en situation d'illettrisme
  • Le repérage des personnes en situation d’illettrisme et la reconnaissance des compétences invisibles

    S’il n’est pas systématiquement facteur d’exclusion, l’illettrisme constitue un frein supplémentaire à l’insertion et à l’accès à l’emploi pour des personnes déjà en grande fragilité sociale.

    L'illettrisme est un phénomène invisible car il concerne des personnes qui ont toutes en commun d'avoir été scolarisées dans notre pays. Encore trop souvent confondu avec d'autres difficultés, l'illettrisme touche des personnes qui parlent notre langue et ont fréquenté l'école mais qui ne maîtrisent pourtant pas cette première marche indispensable en lecture, écriture, calcul, numérique de base qui offre à celles et ceux qui la possèdent, les clés de l'autonomie.
    Atlas de l’illettrisme en France - ANLCI

    1. Quels mots pour en parler ?

    Les compétences linguistiques permettent aux personnes d’être autonomes dans leur vie quotidienne. Les compétences en numératie et les compétences cognitives (raisonnement logique, repérage dans l’espace et dans le temps, capacité à apprendre) font également partie des compétences de base, au même titre que la communication orale et écrite.

     

                             

    2. Quelles difficultés les personnes en situation d’illettrisme rencontrent-elles ?

    Exemple dans la sphère privée

    • Emprunter un livre, lire des journaux pour s’informer ;
    • Retirer de l’argent dans un distributeur, remplir un chèque ;
    • Lire les panneaux, les plans, les noms de rues, prendre le train ;
    • Effectuer une liste de courses, comprendre les indications sur les paquets ;
    • Lire le cahier de correspondance de ses enfants, écrire un mot à l’enseignant ;
    • Décrypter la notice d’un médicament, le mode d’emploi d’un appareil ménager ;
    • Répondre à un courrier administratif, effectuer une démarche administrative ;
    • Régler une facture, faire ses comptes (ou gérer son budget familial), etc.

     

    Exemples dans la sphère professionnelle

    • Comprendre les consignes écrites de travail ;
    • Respecter les règles d’hygiène, de sécurité (sauf en pictogrammes) ;
    • Mieux communiquer par écrit avec ses clients et ses collègues ;
    • Lire un contrat de travail, un bulletin de paie, un planning, les horaires de travail ;
    • S’orienter dans l’entreprise, trouver une adresse ;
    • Remplir un bon de commande, régler une facture ;
    • Lire le mode d’emploi d’une machine ;
    • Calculer des quantités et des tarifs, mesurer, respecter des proportions, etc.

     

    3. Repérer : une étape déterminante

    Le premier accueil est l’occasion de réaliser un repérage initial. L’identification d’une situation d‘illettrisme se décline en 3 étapes simultanément :

    • Repérer les indices : compréhension de documents écrits (faire remplir un formulaire de quelques lignes avec deux ou trois questions), de repérage spatio-temporel (la personne est-elle arrivée à l’heure ? Ni trop en avance, ni un autre jour. A-t-elle trouvé le lieu du rendez-vous facilement ?). Les personnes illettrées ont souvent une bonne mémoire pour compenser les déficits en compétences de base : ils retiennent les signaux visuels et repèrent des indices qu’un lecteur ne repèrera pas forcément ;
    • Repérer les stratégies de contournement, d’évitement, d’adaptation : la personne va dire qu’elle a oublié ses lunettes, qu’elle écrit mal et qu’on ne saura pas la relire, qu’elle est plus à l’aise à l’oral, elle va dire qu’elle lit lentement et qu’il lui faut beaucoup de temps pour bien comprendre, elle va venir avec la main bandée parfois même plusieurs fois de suite pour qu’on ne lui demande pas de remplir un document, elle se fait accompagner et demande à la personne avec elle de remplir le dossier à sa place… ;
    • Tenir compte des attitudes et comportements observés : la gêne apparaît sur le visage de la personne à qui on tend un formulaire, un dossier (rougit ou blêmit), elle s’énerve et dit que « ça ne sert à rien de perdre du temps à remplir tout ça », elle demande si elle peut revenir plus tard avec un accompagnateur (ami, membre de la famille, personne de confiance).

    Indices liés au rapport au temps :

    • Explication difficile du parcours de vie (chronologie déficiente) et difficultés pour se projeter dans l’avenir ;
    • Non-respect de l’heure de rendez-vous ou de la date ;
    • Lecture difficile voire impossible de l’heure sur une montre à aiguilles, à cadran ;
    • Perception anormale des durées (prises de rendez-vous multiples difficiles, gestion du temps déficiente)

    Indices liés au rapport à l’espace :

    • Explication difficile du trajet parcouru pour venir au rendez-vous ;
    • Repérage difficile par rapport à des magasins, des quartiers ;
    • Difficultés pour repérer les services publics de proximité ;
    • Difficultés de latéralisation (repérage droite / gauche) ;
    • Refus de se rendre dans un endroit inconnu ;
    • Refus d’utiliser certains transports en commun (train, métro) ;
    • Echecs multiples à l’examen du Code de la route.

    Indices liés au calcul :

    • Difficultés à écrire des données chiffrées dictées à l’oral ;
    • Difficultés repérées à la lecture d’une fiche de paie, d’une facture ;
    • Ne maîtrise pas la notion des mesures pour exprimer des distances en mètres, kilomètres lors d’un itinéraire suivi.
    • D’une façon générale, peur de la nouveauté comme d’une chose « à dompter ».

    Indices liés à l’écrit (lecture et écriture) :

    • Evitement des documents à lire et à écrire ;
    • Préfère parler avec ses RH plutôt que de leur écrire ou de leur envoyer un mail ;
    • Problèmes de compréhension globale voire de compréhension fine (la personne n’a compris qu’une partie du message qu’on lui a adressé) ;
    • Manque de clarté dans les écrits simples (pas de verbe, pas de phrases construites).

    Indices liés à la scolarité en France et à la formation :

    • La durée : plus la scolarité est courte (scolarité obligatoire) et plus il y a un risque d’illettrisme. L’assiduité : c’est un déclaratif non vérifiable, mais des questions de type : « Cela vous intéressait ? etc. » peuvent permettre un recoupement. (Voire plus ouvert encore : « Comment s’est passé votre scolarité ? »)
    • Le parcours scolaire, parfois, peut être un indice complémentaire si la personne s’en souvient
    • « La formation, c’est retourner à l’école. Et l’école, c’est pour les enfants » ;
    • « La formation, c’est pour ceux qui ne savent pas se débrouiller, qui ont besoin d’aide, qui ne sont pas autonomes » ;
    • « Je connais mon métier, je sais travailler, je n’ai pas besoin de formation » ;
    • « La formation, ce n’est pas pour moi ».

     

    4. Reconnaître les compétences invisibles

    « ll faut cesser de définir ceux qui sont confrontés à l’illettrisme uniquement parce qu’ils ne savent pas, mais accepter de les reconnaître aussi pour ce qu’ils savent faire » (ANLCI).

    Pour éviter d’être stigmatisées, les personnes en situation d’illettrisme développent en effet des stratégies de contournement et d’adaptation, notamment lorsqu’elles travaillent. Elles développent ainsi des compétences professionnelles sans avoir recours à l’écrit, grâce, entre autres, à des efforts considérables de mémorisation. « C’est sur ce patrimoine de compétences qu’il faut s’appuyer pour leur redonner confiance pour qu’ils osent prendre le risque de renouer avec les apprentissages sans être infantilisés, stigmatisés ou paralysés par la honte » (ANLCI).

     

  • Lieux et personnes ressources

    ANLCI (Association nationale de lutte contre l'illettrisme) Ile-de-france
    CDRIML (Centre de ressources et maîtrise de la langue) Ile-de-France
    Illettrisme : notions de base
    Illettrisme, tous concernés ! Comment le repérer et réagir ?
     

Les personnes en situation d'illectronisme
  • La médiation numérique pour les personnes en situation d’illectronisme

    Le numérique est aujourd’hui considéré comme une compétence de base à part entière. Cette compétence maîtrisée permet d’être autonome au quotidien tant dans le monde professionnel que dans la vie quotidienne. Elle se caractérise par quatre domaines de compétences (INSEE) :

    • la recherche d’information (sur des produits et services marchands ou administratifs, etc.) ;
    • la communication (envoyer ou recevoir des courriels, etc.) ;
    • la résolution de problèmes (accéder à son compte bancaire par Internet, copier des fichiers, etc.) ;
    • l’usage de logiciels (traitement de texte, etc.).

    Ne pas maîtriser des compétences numériques de base constitue une situation handicapante dans la vie courante.

    1. Illectronisme ou illettrisme numérique, de quoi parle-t-on ?

    Pour l’ANLCI, il s’agit de la « situation d’un adulte ne maîtrisant pas les outils numériques usuels permettant d’accéder aux informations, de les traiter et d’agir en autonomie dans la vie courante ».

    Pour l’Insee, l’illectronisme se définit comme « le fait de ne pas posséder les compétences numériques de base (envoyer des courriers électroniques, consulter ses comptes en ligne, utiliser des logiciels, etc.) ou de ne pas se servir d’Internet (incapacité ou impossibilité matérielle)". Non-usage et non-équipement vont ainsi de pair.

    Il existe deux formes d’illectronisme rencontrées au contact du public en difficulté :

    • l’illectronisme “initial”, dû à un rejet ou à une absence d’opportunité d’apprentissage ;
    • l’illectronisme ponctuel, d’usure ou lié à un environnement numérique changeant.

    On parle de « double illettrisme » lorsque des personnes sont aussi en difficulté avec d’autres compétences de base, notamment la compréhension et la production de l’écrit en ligne.

     

    2. Quelles difficultés rencontrent les personnes en situation d’illectronisme ?

    Il existe quatre grandes difficultés pour les personnes en situation d’illectronisme que certains rapports nomment également « illectronistes » :

    • L’absence d’équipement et / ou de connexion ;
    • Des difficultés d’utilisation de l’ordinateur, de la recherche d’information par désintérêt ou manque de confiance ;
    • Des problèmes de compréhension liées à la lecture et aux informations complexes rencontrées notamment sur Internet,
    • Des évolutions rapides de l’environnement numérique qui conduit au décrochage d’un certain nombre d’usagers (illectronisme partiel).

     

    3. Repérer : une étape déterminante

    Le premier accueil est l’occasion de réaliser un repérage initial. L’identification d’une situation d‘illectronisme peut se faire grâce à plusieurs indices :

    • Repérer les stratégies de contournement, d’évitement, d’adaptation : la personne va dire qu’elle a oublié ses lunettes, qu’elle est plus à l’aise à l’oral, elle va dire qu’elle lit lentement et qu’il lui faut beaucoup de temps pour bien comprendre, elle va venir avec la main bandée parfois même plusieurs fois de suite, se fait accompagner et demande à la personne avec elle de remplir le dossier à sa place, vous demander de le faire à sa place… ;
    • Tenir compte des attitudes et comportements observés : la gêne apparaît sur le visage de la personne à qui on propose de passer sur un ordinateur pour réaliser une démarche, remplir un dossier (rougit ou blêmit), elle s’énerve et dit que « ça ne sert à rien de perdre du temps à remplir tout ça », demande si elle peut revenir plus tard avec un accompagnateur (ami, membre de la famille, personne de confiance).

    Le meilleur moyen de savoir quel est le niveau de la personne accompagnée est de la mettre sur un ordinateur, de lui demander de faire une recherche sur Internet ou de taper quelques informations tout en la rassurant ou l’accompagnant si nécessaire.

    Exemples d’indices objectifs :

    • La personne accueillie dit « ne rien comprendre au numérique » ou « à Internet », « ne pas savoir se servir de ces trucs-là » ;
    • « Je n’ai pas besoin de tout cela » (en désignant l’ordinateur ou le smartphone) ;
    • « Je connais mon métier, je sais travailler, je n’ai pas besoin du numérique » ;
    • Les démarches en ligne sont réalisées par une autre personne de son entourage.

     

    4. La médiation numérique

    Pour le public le plus en difficulté avec le numérique, il est recommandé d’avoir une démarche d’“aller vers" et donner le goût à ces outils qui font peur pour un grand nombre de personnes non-utilisatrices.

    Toutes les initiatives réussies en faveur de la lutte contre l’illectronisme semblent passer, nécessairement, par un accompagnement humain et une formation systématique tout au long de la vie. La médiation numérique apparaît indispensable pour accompagner les salariés ou demandeurs d’emploi non familiers de l’outil numérique dans leur projet de formation professionnelle et dans les démarches afférentes, (CESER).

  • Lieux et personnes ressources

    Illectronisme et illettrisme : la question des compétences minimales pour maîtriser les outils numériques (Informations sociales, 20220

    Aidants connect

Les personnes en situation de handicap
  • La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé

    L’article L.5213-1 du code du travail définit le travailleur handicapé comme « toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique. »

    Avec un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne, les caractéristiques des actifs en situation de handicap rendent leur insertion ou leur reconversion sur le marché de l’emploi plus difficile que pour l’ensemble des actifs.

    La reconnaissance administrative du handicap est un outil précieux pour faciliter la recherche d’emploi.

    1. La reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH)

    La RQTH est une décision administrative qui permet aux personnes en situation de handicap de bénéficier d’aides spécifiques et de mesures de compensation spécifiques dans un contexte de formation et d’emploi. Il s’agit d’une démarche personnelle qui ouvre des droits à la personneElle permet de :

    • Bénéficier de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés et de faciliter le recrutement ou le maintien en emploi dans le milieu ordinaire ;
    • Disposer d’un poste de travail adapté : L'Agefiph propose des services et aides financières aux entreprises afin de soutenir le développement de l'emploi des personnes handicapées. À la demande de la personne, de l’employeur ou de Cap emploi, l’Agefiph peut financer l’aménagement du poste de travail, de mettre en place des aménagements horaires et/ou de poste, d’avoir accès à du matériel spécifique (ex. : prothèses auditives, agrandisseur d’écran...) ;
    • Être accompagné vers l’emploi : Les services publics de l’emploi et de l’insertion professionnelle (Pôle emploi, la Mission Locale, Association pour l’emploi des cadres/Apec, Cap emploi) accompagnent les bénéficiaires dans la définition de leur parcours professionnel et l’accès à l’emploi ou à la reconversion professionnelle ;
    • Bénéficier de dispositifs dédiés à l’insertion professionnelle : stage de réadaptation, contrat d’apprentissage aménagé, entreprise adaptée, emploi accompagné et aide à la création d’entreprise, aides à l’insertion... ;
    • Se former dans de bonnes conditions : Durant les études, les stages obligatoires, les formations en alternance ou les jobs étudiants, la RQTH permet d’être accompagné pour décrocher un stage ou un contrat en alternance et mobiliser des aides pour aménager le poste de travail en entreprise et dans l’organisme de formation ;
    • Bénéficier d’aménagements d’épreuves pour passer les concours de la fonction publique (ex. : temps de repos, recours à une assistance...) ou d’être recruté comme contractuel puis titularisé à la fin du contrat sans passer de concours ;
    • Être orienté vers des structures spécialisées dans l’accompagnement professionnel vers l’emploi ou la formation : Établissement et service d’aide par le travail (Esat), Établissement et service de pré-orientation (ESPO) ou de réadaptation professionnelle (ESRP) ou Unité d’évaluation, de réentraînement et d’orientation sociale et socioprofessionnelle pour personnes cérébrolésées (Ueros).
    •  

    2. Les étapes clés de la démarche

    La demande de RQTH s’effectue auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), qui « exerce une mission d’accueil, d’information, d’accompagnement et de conseil des personnes handicapées et de leur famille, ainsi que de sensibilisation de tous les citoyens aux handicaps. »

    Elle se fait à partir de l’âge de 16 ans, que l’on soit en recherche d’emploi, en formation ou en études.

    Chaque MDPH met en place une équipe pluridisciplinaire qui évalue les besoins de la personne handicapée et une commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) prend les décisions relatives à l’ensemble des droits de la personne dans son champ de compétences.

    Quels sont les documents fournir ? 

    • Le formulaire de demande MDPH (Cerfa 15692*01) accompagné d’un certificat médical de moins de 12 mois
    • Une photocopie de la carte d’identité ou du titre de séjour du demandeur en cours de validité.
    • Un justificatif de domicile de moins de 3 mois Tout élément complémentaire utile (documents renseignant la situation de la personne, bilans médicaux, avis d’inaptitude de la médecine du travail...)

    Comment déposer la demande ? 

    • La demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est déposée par le jeune ou son représentant légal, auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) du département de résidence du jeune. Pour trouver la MDPH la plus proche, cliquez ici : Annuaire des MDPH du CNSA
    • Les modalités de dépôt de cette demande sont propres à chaque MDPH : elles peuvent se faire par courrier, parfois également par mail ou en ligne sur une plateforme qui permet également de suivre l’instruction du dossier. Les liens de chaque MDPH sont précisés à la page suivante. 

                               

    Après le dépôt de la demande... 

    • Il est conseillé de conserver une copie du dossier. Il est aussi possible d’en demander une copie auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) où le dossier a été déposé.
    • La notification est envoyée par courrier à la personne ayant déposé la demande.
    • En cas de non-attribution de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), un recours est possible. 

    Le formulaire est également accessible de manière dématérialisée sur le site de la CNSA.

     


    3. S’orienter et être accompagné dans son projet d’insertion professionnelle  

    Pour les personnes qui bénéficient d’une reconnaissance administrative de leur handicap et qui entrent dans les « circuits » d’aides à la compensation du handicap, le recours aux acteurs du Service public de l'emploi (SPE) est essentiel pour prescrire les aides à la formation et à l'apprentissage, constitutives du parcours d'insertion dans l'emploi.

     

  • Lieux et personnes ressources

    Agefiph Ile-de-France
    Centre de ressources autisme Ile-de-France
    Conseil national Handicap & Emploi des organismes de placement spécialisés (Cheops)
    Créapsy Ile-de-France
    Droit au savoir
    Fédération 100% handinamique pour la réussite des jeunes
    Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP )
    Institut national des jeunes sourds Paris
    Mon parcours handicap
     

Les personnes sous main de justice
  • Spécificités

    A venir

  • Lieux et personnes ressources

    A venir

Les primo-arrivants
  • Le parcours d’orientation et d’insertion professionnelles des primo-arrivants

    Le primo-arrivant est une personne étrangère (pays tiers à l’Union européenne) arrivée en France depuis moins de cinq ans, en situation régulière au regard du droit au séjour avec l’objectif de s’y installer durablement.

     

    1. Le parcours d’intégration républicaine

    C’est l’office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii), placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur , qui est chargé d'organiser l'accueil des primo-arrivants sur le sol français.

    La signature du contrat d’intégration républicaine est la première étape du parcours d’intégration en France. Il est conclu entre l’État français et le primo-arrivant. En le signant, le primo-arrivant s’engage à respecter les principes et valeurs de la société française et de la République et à suivre avec sérieux et assiduité les formations qui lui seront prescrites.

    L’apprentissage du français et sa maîtrise constituent une priorité des pouvoirs publics pour les étrangers non ressortissants de l’Union européenne, la loi exigeant un certain niveau de maîtrise du français aux différentes étapes du parcours d’intégration républicaine qui leur est proposé, et ce jusqu’à l’accès à la nationalité française.

    La maîtrise du français  

    Alphabétisation : Toute personne adulte, sachant peu ou pas lire et écrire, ou ne maitrisant pas, et ce dans aucune langue, les compétences et savoirs de base correspondant au niveau de fin d’étude primaires (non scolarisé, non lecteur non-scripteur dans sa langue maternelle ou non communicant). C’est une personne qui n’est jamais allée à l’école ou non au-delà de ses 16 ans (moins de 5 ans de scolarité), que ce soit un pays francophone ou pas.

    Français langue étrangère (FLE) : Le FLE est l’enseignement de la langue française lorsqu'il est enseigné à une personne francophone ou non qui a été scolarisée plus de 5 ans dans son pays d’origine.

     

    Le contrat d’Intégration Républicaine se déroule en 4 étapes :

    • Premier rendez-vous personnalisé avec l’Ofii : évaluation du niveau de langue ;
    • Signature du CIR entre l’Etat (représenté par le préfet/la préfète) et la personne étrangère ;
    • Suivi de formations obligatoires :
      - Formation civique obligatoire (24 heures) sur les institutions françaises et les valeurs de la République, et sur la société française et la vie en France ;
      - Formation linguistique (100 heures minimum et jusqu'à 600 heures pour les non-lecteurs non-scripteurs, selon prescription lors de l’entretien d’évaluation). L’exigence de l’obtention à minima du niveau A1, correspondant à la maîtrise les éléments de base de la langue française (savoir se présenter, poser des questions simples, lire des phrases simples…) est requise. Toutefois, l’Etat propose d’autres parcours linguistiques d’une durée de 100 heures afin d’approfondir ses connaissances en français durant le CIR.
    • Entretien-bilan des formations réalisées et orientation vers le service public de l’emploi

     

    2. Le parcours d’insertion socio-professionnelle

    Il s’agit d’un parcours de formation financé dans le cadre de la commande publique : Région Ile-de-France, Pôle emploi, Conseils départementaux, Ministère du travail. La formation est gratuite pour le bénéficiaire et dans la majorité des cas ouverte à rémunération. Conditions : être inscrit à Pôle emploi, avoir un titre de séjour et une autorisation de travailler.

    Prescripteurs : Pôle emploi, mission locale, Cap emploi.

     

    3. Le parcours professionnel

    Il s’agit d’un parcours de formation financé à titre individuel. Le bénéficiaire doit contacter directement les organismes de formation. Le financement de la formation est à la charge du bénéficiaire. Il peut mobiliser, le compte personnel de formation, l’Aide individuelle régionale vers l'emploi AIRE, l’Aide individuelle à la formation AIF et les aides individuelles à la formation départementales prescrites par Pôle emploi, mission locale, Cap emploi, Apec, employeurs

                   

  • Lieux et personnes ressources

    Cartographie Défi métiers des formations linguistiques franciliennes
    Centre de ressource illettrisme et maîtrise de la langue (CDRIML) Ile-de-France
    Coordinations territoriales linguistiques (CTL)
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    Ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants (OEPRE)
    Projet « Duos de Demain » porté par France Terre d'Asile
    Réseau des Acteurs de la Dynamique Ateliers sociaux linguistiques (RADyA)
     

Les bénéficiaires d’une protection internationale (BPI)
  • L’accès au séjour sur le territoire français des BPI

    La protection internationale est accordée aux étrangers ayant quitté le pays dont ils ont la nationalité, par l’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFRPA) ou par la Cour Nationale du Droit d’Asile (CNDA), au terme d’une procédure de demande d’asile ou de reconnaissance d’apatridie. La reconnaissance par l’OFPRA ou la CNDA d’une protection internationale donne droit au séjour sur le territoire français.

    Les bénéficiaires d’une Protection Internationale sont donc des personnes s’étant vues reconnaître le statut de réfugié, le bénéfice de la protection subsidiaire ou le statut d’apatride.

     

    1 - Définitions

    Réfugié

    Le statut de réfugié est reconnu (Article L511-1 du CESEDA) :

    • « à toute personne persécutée en raison de son action en faveur de la liberté » (asile constitutionnel) ;
    • aux personnes sous mandat du Haut-Commissariat des Nations Unis pour les Réfugiés ;
    • aux personnes répondant aux critères de l’Article 1 de la Convention de Genève, c’est-à-dire toute personne, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays; ou qui, si elle n'a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. » (Asile conventionnel).

     

    Bénéficiaire de la protection subsidiaire

    Le bénéfice de la protection subsidiaire est lié au risque encouru dans le pays d’origine du fait de la situation contextuelle de celui-ci (Article L512-1 du CESEDA) : « Le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé à toute personne qui ne remplit pas les conditions pour se voir reconnaître la qualité de réfugié et pour laquelle il existe des motifs sérieux et avérés de croire qu'elle courrait dans son pays un risque réel de subir l'une des atteintes graves suivantes :

    a) La peine de mort ou une exécution ;

    b) La torture ou des peines ou traitements inhumains ou dégradants ;

    c) S'agissant d'un civil, une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence qui peut s'étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle et résultant d'une situation de conflit armé interne ou international.

     

    Apatride

    Le statut d’Apatride est défini dans la Convention spécifique de 1954—Article L. 582-1 du CESEDA : « Le terme d’apatride s’appliquera à toute personne qu’aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation.

     

    2 - L'autorisation de séjour sur le territoire français

    La reconnaissance par l’OFPRA ou la CNDA d’une protection internationale donne droit au séjour sur le territoire français.

            

     

    3 - L'autorisation de travailler sur le territoire français

    Pour des personnes arrivées récemment en France, l’insertion par le travail (maîtrise de la langue française, connaissance plus faible du marché du travail français et des « codes » du milieu professionnel, représente une des axes majeurs de leur intégration, aux côtés de leur accès à un logement et à la santé.

    Qui est en droit de travailler sur le territoire français ?

    • Les ressortissants d’un pays membre de l’Union Européenne sont autorisés à travailler en France et peuvent donc être recrutés sans démarche préalable
    • Les étrangers non ressortissants de l’Union Européenne en possession d’un document de séjour autorisant à travailler ne nécessitent pas d’autorisation préalable de travail. L’article R5221-2 du Code du Travail fixe la liste des titres de séjour. Dans tous les cas, le futur employeur doit effectuer une vérification de l’autorisation de travail auprès de la Préfecture, par mail ou courrier recommandé en adressant une copie du document de séjour deux jours ouvrables avant la date d’effet de l’embauche. En l’absence de réponse dans un délai de 2 jours, l’autorisation de travail est réputée vérifiée.
    • Une autorisation de travail est à solliciter préalablement pour les mineurs étrangers de 16 à 18 ans pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance avant leurs 18 ans ou dans l’année qui suit leur 18ème anniversaire, les demandeurs d’asile dont le dossier a été transmis à l’OFPRA il y a plus de 6 mois, les étudiants étrangers qui souhaitent occuper un emploi plus de 964h par an (60% du temps de travail annuel). En ce qui concerne les personnes déjà résidentes en France, une autorisation de travail préalable est nécessaire pour différentes catégories de personnes et notamment pour l’embauche de personnes qui disposent d’une carte de séjour ou d’un visa de long séjour « salarié », d’une carte de séjour « travailleur temporaire » ou « travailleur saisonnier » qui impliquent une autorisation limitée d’exercer une activité professionnelle en France. La demande d’autorisation d’embauche par l’entreprise est à effectuer en ligne via le site dédié du ministère de l’Intérieur. L’administration étudie la demande d’autorisation de travail en fonction de plusieurs critères : la situation locale de l’emploi, le niveau de rémunération et le respect par l’entreprise de ses obligations légales (publication de l’offre d’emploi durant trois semaines, respect des règles du droit du travail, etc.). Le principe mis en œuvre lors de l’étude de la demande préalable est que l’embauche d’un étranger soumis à autorisation de travail ne doit pas se substituer à l’embauche de personnes présentes sur le marché du travail localement.

    A l’obtention d’un premier titre de séjour et dans le cadre du Contrat d’Intégration Républicaine (CIR), les personnes ayant une faible maîtrise du français sont convoquées pour des modules de formation linguistique obligatoire.

    Le Contrat d’Intégration Républicaine s’adresse à toute personne étrangère admise pour la première fois au séjour en France et souhaitant s’y installer durablement. Les bénéficiaires d’une protection internationale répondant à ces critères doivent signer le CIR et se soumettre aux obligations de formation qui en découlent.

     

  • Lieux et personnes ressources

    each One
    France Terre d'Asile
    Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti)
    Qu'est-ce qu'un demandeur d'asile ?
    Universités et réfugiés
     

Ressources utiles

Annuaires
  • Liste des financeurs

    En Ile-de-France, le parrainage bénéficie majoritairement de financements publics. Il est financé par deux acteurs institutionnels, la Drieets Ile-de-France et le Conseil régional d'Ile-de-France, ainsi que des collectivités locales dont la Ville de Paris.

    L'aide financière ainsi octroyée aux structures porteuses du parrainage vise à financer les frais de fonctionnement propres au montage et à la mise en œuvre du réseau de parrainage. Bien que le dispositif repose sur l'engagement de bénévoles, il implique en effet certains coûts pour la structure : formation des parrains, remboursement de leurs frais de déplacements, frais de réunion, frais de secrétariat ou d'élaboration de documents, etc.

  • Cartographie des structures porteuses du parrainage en Ile-de-France

    Cette cartographie développée par Défi métiers permet de rechercher, sur un territoire donné, les structures porteuses du parrainage financées par la Drieets Ile-de-France ou par le Conseil régional d'Ile-de-France. A chaque structure est associée une fiche mentionnant l'adresse de celle-ci et un numéro de téléphone. Il est possible de filtrer les résultats par type de structure, par département et ou encore par bassin d'emploi.
    Cartographie des structures porteuses du parrainage

Sites ressources
  • Plateforme Parrainage pour l'emploi

    Créée sur le site du ministère du Travail, en collaboration avec le ministère chargé de la Cohésion des territoires, les têtes de réseaux des missions locales, Pôle emploi et les structures nationales de parrainage, cette plateforme vise à :

    • promouvoir le parrainage pour l’emploi auprès des jeunes, des professionnels en activité ou à la retraite et des entreprises ;
    • faciliter la mise en relation entre un jeune qui souhaite être parrainé et un futur parrain ou une future marraine ;
    • inciter des entreprises à mener des actions citoyennes et responsables en faveur des jeunes.

    Plateforme Parrainage pour l'emploi

  • Plateforme du parrainage en Ile-de-France

    La Direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (Drieets - ex-Direccte Ile-de-France) et la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) ont confié à Défi métiers la mise en place d’une plateforme collaborative pour promouvoir le dispositif, faciliter le recrutement/renouvellement des parrains, et pour soutenir la mobilisation des structures et valoriser leurs actions.
    Plateforme du parrainage en Ile-de-France

Vos contacts en Ile-de-France
Pour aller plus loin
  • Bilans du dispositif « Parrainage pour l'emploi » en Ile-de-France

    Chaque année, Défi métiers réalise un bilan du dispositif du parrainage en Ile-de-France à la demande de la Drieets (Direction régionale et interdépartementale de l’Economie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités). Cette note propose sur quelques pages une analyse statistique du dispositif, réalisée à partir des éléments saisis par les structures financées en 2020 par l’Etat. Des comparaisons avec les données recueillies en 2019 et 2020 sont intégrées.
    Bilan 2020
    Bilan 2021

  • Dispositif « 1 000 parrains pour 1 000 emplois » de la Ville de Paris

    Le dispositif « 1 000 parrains pour 1 000 emplois » de la Ville de Paris permet aux chercheurs d’emploi de reprendre contact avec le monde de l’entreprise grâce à un parrainage, qui peut prendre différentes formes.
    Interview d'Emmanuelle Burin-Rongier, responsable de la Mission Grands Comptes, Direction de l’Attractivité et de l’Emploi, Ville de Paris

  • Glossaire de l’insertion

    Dans le cadre de sa Communauté de l'inclusion, le ministère du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion propose un glossaire élaboré sur un mode collaboratif. Ce document permet de découvrir les structures inclusives, les prescripteurs et orientateurs, les critères permettant de bénéficier de politiques inclusives, les institutions, les réseaux ainsi que le vocabulaire de l'inclusion.
    Glossaire de l'inclusion