OCER : définition et méthodologie d’élaboration des préconisations par diplôme

Mis à jour le 14 Septembre 2015

Orientations conjointes Etat-Région : définition et méthodologie d'élaboration © Conseil régional d'Ile-de-France Elaborées par la Région et l’Etat avec l’appui de Défi métiers, les préconisations par diplômes des Orientations conjointes Etat-région (OCER) visent à adapter l’offre de formation professionnelle initiale en Ile-de-France.

  • Qu’est-ce que les OCER ?

    Les Orientations conjointes Etat-Région (OCER) sont élaborées chaque année par les pouvoirs publics. Elles visent à adapter l’offre de formation professionnelle initiale à l’évolution de la demande sociale (demandes des jeunes et de leurs familles) et des besoins présents et prévisibles d'emplois et de l'insertion (demande économique).

    Il s’agit d’adapter l’offre de formation professionnelle initiale pour :

    • répondre aux besoins démographiques ;
    • lutter contre les inégalités sociales, scolaires et territoriales ;
    • assurer une offre de formation diversifiée et de qualité.

    Les OCER sont inscrites dans le Schéma régional de la formation tout au long de la vie et dans le Contrat de Plan régional de développement de la formation professionnelle (CPRDFP).

    Ce dispositif unique et partagé entre les instances concernées permet d’aider les chefs d’établissement et les directeurs de CFA à anticiper leur offre de formation (ouverture ou fermeture de formation dans le cadre des mesures de rentrée).

  • Le processus global des OCER

     

    Les OCER sont un processus qui se déroule annuellement. Il est constitué de différentes phases pour préparer la rentrée N+1 et les rentrées suivantes. Ce processus commence par les OCER « amont ». Il s’agit de rédiger des orientations conjointes accompagnées de préconisations par diplôme qui s’appuient sur l’observation des conditions de réussite et d’insertion des jeunes franciliens. Les chefs d’établissement et directeurs de CFA doivent communiquer tous les ans leurs demandes d’évolution dans ce cadre (ouverture ou fermeture de formations).

    Le processus se poursuit par les OCER « Aval » : instruction des demandes d’évolution par la Région et l’Etat au regard des orientations générales et des préconisations par diplôme.

    Suite à la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale, la Région Ile-de-France signale que les invitations des partenaires sociaux et chambres consulaires aux réunions de concertation seront adressées à leurs représentants du Crefop (Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle).

     

  • Le périmètre des préconisations par diplôme

    Les OCER concernent les lycées publics et privés sous contrat (Education nationale et Agriculture), les centres de formations d'apprentis (CFA), les organismes et centres de formation du secteur sanitaire et social.

    Les préconisations par diplômes portent sur les niveaux de formation V à III et couvrent les 3/4 des diplômes délivrés en formation professionnelle initiale du CAP au BTS et 95 % de la voie professionnelle en Ile-de-France. Les 5 % restants correspondent soit aux effectifs de formations rénovées ou en cours de rénovation, soit à des formations s’adressant à un très petit nombre de formés. Ces dernières ne peuvent faire l’objet de préconisations du fait du caractère incomplet ou du manque de fiabilité des données disponibles. 

    Le champ d’analyse n’inclut pas les baccalauréats technologiques qui se rapprochent de plus en plus des baccalauréats généraux du point de vue des poursuites d’études.

    Jusqu’à présent, les formations dispensées en apprentissage dans le supérieur (aux niveaux I et II et certains diplômes de niveau III comme les DUT) n’ont pu faire l’objet de préconisations par manque de lisibilité de l’ensemble de l’offre de l’enseignement supérieur rendant difficile l’analyse statistique. En effet, la Région et les autorités académiques n’exercent aucune compétence en termes de carte des formations sur les formations sous statut d’étudiant et disposent de peu d’informations sur les établissements relevant de l’enseignement supérieur, hors apprentissage.

  • Les préconisations par diplômes

    Les préconisations par diplômes, initiées dès 2007, indiquent, à l’échelle régionale, les formations professionnelles initiales qui, en priorité, pourraient être ouvertes, stabilisées ou fermées, compte tenu des projets déjà programmés. Ces préconisations informent ainsi sur le niveau de développement attendu pour chacun des diplômes au niveau régional : il s’agit d’un cadrage pour le territoire francilien.

    Sur certaines spécialités, comme le commerce-vente-transactions (étudié en 2015), la question de la territorialisation des préconisations se pose peu car l’offre de formation est importante et diffuse. Pour d’autres spécialités, la dimension territoriale pourrait être intégrée dans les préconisations. De fait, la question de la répartition géographique est traitée dans les OCER aval.

    Les préconisations par diplômes sont un outil d’aide à la décision déterminant pour les différents partenaires et responsables de la formation professionnelle initiale : pour les proviseurs ou directeurs d’organismes de formation appelés à s’appuyer sur ces recommandations dans l’élaboration de leur demande d’évolution de la structure pédagogique de leur établissement, d’une part ; pour les autorités académiques et la Région, en charge de l’instruction et de la validation de ces projets, en vue de la définition de la carte des formations professionnelles initiales sur le territoire régional.

    Chaque année, deux types de présentation des préconisations sont mis à disposition des partenaires et responsables de la formation professionnelle initiale :

    • les préconisations détaillées portent annuellement sur deux à trois filières de formation et reposent sur des diagnostics approfondis qui ont fait l’objet d’une large concertation. Pour ces dernières, un programme de travail est proposé par la Région et arrêté avec les académies ;
    • les préconisations abrégées par diplômes pour l’ensemble des filières. Elles sont issues soit des préconisations détaillées de l’année, soit d’une analyse rapide à partir d’un faisceau d’indicateurs qui permet l’actualisation des préconisations établies lors des campagnes précédentes.

    Dans le cadre des préconisations détaillées, la Région procède à l’analyse des débouchés des jeunes formés dans une spécialité de formation et à un niveau de formation pour établir un diagnostic « débouchés ». Il s’agit d’examiner la situation des jeunes sortant de formation (scolaires ou apprentis) sur le marché de l’emploi, les métiers d’insertion et les perspectives d’embauche qui s’offrent à eux dans les métiers considérés. Les informations traitées pour les diagnostics « débouchés » proviennent de différentes enquêtes portant sur l’insertion et l’emploi, ainsi que des recensements de la population.

    La Région analyse également l’appareil de formation pour établir un diagnostic « appareil de formation ». Il s’agit, pour chaque diplôme d’une spécialité étudiée, de comprendre comment est structuré l’appareil de formation, ses mouvements récents, les parcours et les conditions de réussite des jeunes.

    Exemple de préconisations abrégées (source : OCER 2014)

  • La concertation

    Une réunion de concertation pour chacune des deux ou trois filières retenues permet d’enrichir et valider ces diagnostics avec les partenaires professionnels, l’Etat et la Région :

    • les professionnels : fédérations, branches, observatoires de branches, chambres syndicales, etc. ;
    • les partenaires sociaux interprofessionnels régionaux : syndicats de salariés et représentants du patronat ;
    • les chambres consulaires : CCI, CMA, etc. ;
    • les représentants de l’Etat : la Direccte, la Driaaf et les trois académies : les Dafpic[1] (délégués académiques à la formation professionnelle initiale et continue) et des inspecteurs d’académies spécialistes du domaine de formation ;
    • les représentants de la Région : les chargés de missions de l’UL (Unité Lycées)/Service Formations et Equipement et de l’UD (Unité Développement)/Service Développement de l’apprentissage sont présents, ainsi que les responsables de services et les directions. Des membres de l’UD (Unité Développement)/Direction de la formation professionnelle sont également présents. L’US (Unité Société) participe si besoin pour les formations sanitaires et sociales ;
    • Défi métiers (mission Observer et analyser).

    Sur la base de ces diagnostics partagés, Etat et Région arrêtent les préconisations par diplômes.



    [1] Qu’est-ce qu’un Dafpic ? Conseiller du recteur, le Dafpic participe à la définition et la mise en œuvre de la politique académique dans le champ de l'ensemble des formations professionnelles en liaison avec tous les responsables concernés. (Source : MEN)

     

  • Quand intervient Défi Métiers ?

    L’intervention du GIP Carif Ile-de-France était programmée dès l’origine dans le Schéma régional de la formation tout au long de la vie 2007-2013 prorogé : « La conception et la mise en œuvre de l’ensemble des orientations régionales, pour l’évolution de l’offre de formation, s’opéreront en concertation avec l’État dans le cadre des compétences partagées, en s’appuyant notamment sur l’Oref (GIP-Carif), outil du contrat de projet État-Région ».

    Aujourd’hui, l’action de Défi métiers se situe dans la phase amont de ces orientations et contribue aux diagnostics et à la concertation.

    En effet, Défi métiers fournit de nombreux indicateurs liés à l’emploi pour l’ensemble des métiers. Ces indicateurs sont utilisés pour le diagnostic sur les débouchés.

    Défi métiers fournit également des fiches d’analyse statistique par familles professionnelles et une synthèse par domaine professionnel. Ces fiches par métiers servent à apprécier les enjeux liés à l’évolution des métiers et des compétences (par exemple, l’élévation du niveau de diplôme, les passerelles entre métiers, le choix des entreprises en matière de voie de formation ou de diplôme, etc.).

    Lors de la réunion de concertation, Défi métiers présente également les enjeux majeurs liés aux métiers et à l’évolution des compétences. Cette présentation permet notamment d’engager les échanges avec les partenaires professionnels sur les niveaux, les diplômes, etc., les plus à même de répondre à leurs besoins à court et moyen termes.

    Sur quoi Défi métiers a-t-il travaillé cette année?

    En 2015, le choix a été fait de travailler sur un champ d’analyse ad hoc (hors nomenclature stricte) concernant le commerce-vente-transactions. En effet, les sortants des diplômes du commerce-vente s’orientent et restent dans les métiers du commerce, mais aussi dans certains métiers de la banque et des assurances.

     

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