Zoom sur les premières années des réfugiés en France

19 Janvier 2016

Zoom sur les premières années des réfugiés en France © Fotolia En 2010, plus d’un nouveau migrant sur dix est un réfugié. Alors que cette population cumule les difficultés au moment de la délivrance du titre du séjour, sa situation évolue plus rapidement et plus favorablement trois ans après.

D’après la définition du Dictionnaire de démographie et des sciences de la population[1], on entend par réfugiés « les étrangers ressortissants d’un pays tiers protégés par la Convention de Genève du 28 juillet 1951. Le statut de réfugié s’acquiert en apportant la preuve d’une persécution personnelle du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ».

L’Enquête longitudinale sur l’intégration des primo-arrivants (Elipa) est réalisée auprès des nouveaux migrants venus s'installer en France de manière durable et bénéficiaires d’un premier titre de séjour d’au moins un an délivré en 2009. Elle les interroge en 2010, 2011 et 2013 et permet notamment de comparer les situations des migrants réfugiés et non réfugiés.

Les réfugiés sont souvent des hommes, plus fréquemment originaires d’Asie et moins souvent et moins bien diplômés que les non-réfugiés.

En 2010, les réfugiés, hommes ou femmes, ont des conditions plus défavorables sur le marché du travail que les migrants non réfugiés.

Au cours des années suivantes, la situation des réfugiés sur le marché du travail évolue rapidement et favorablement, mais reste légèrement inférieure à celui de leurs homologues non réfugiés.

L’insertion des femmes réfugiées sur le marché du travail en 2013 est quasiment la même que pour les migrantes non-réfugiées et le taux de chômage des réfugiées est deux fois plus élevé que celui des femmes en France métropolitaine.

Cependant, la part des personnes (hommes ou femmes) en études est plus importante pour les migrants réfugiés que pour les migrants non-réfugiés malgré une aisance en français plus faible que les non-réfugiés. Les nouveaux migrants originaires d’Asie rencontrent plus de difficultés que ceux issus des pays francophones.

En revanche, les conditions de logement demeurent plus difficiles pour les réfugiés : en 2013, la part des réfugiés vivant dans un logement non autonome est divisée par deux (27 %), mais reste supérieure à celle des migrants non-réfugiés (15 %).

Pour en savoir plus : Virginie JOURDAN, Ministère de l’intérieur, DGEF/DSED, Infos migrations, n° 80-81, décembre 2015

Céline Desserre



[1] Meslé F., Toulement L, Véron J., Dictionnaire de démographie et des sciences de la population, Armand Colin, 2011

 

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