Vers un « revenu d’engagement » pour les jeunes

01 Septembre 2021

© Adobe Stock Elisabeth Borne a réuni le comité qui contribuera à l’élaboration et à la mise en place du revenu d’engagement annoncé par le président de la République lors de sa dernière allocution. Les Missions locales seront en 1ère ligne pour déployer ce dispositif.

Le principe du revenu d’engagement « est de proposer à chaque jeune, qui en a besoin, un parcours vers l’emploi dans lequel ses besoins seront évalués et un accompagnement individualisé et adapté à ses difficultés », a expliqué la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion devant le comité qu’elle a réuni le 22 juillet dans la matinée. Les jeunes qui ont des difficultés financières percevront un revenu dans le cadre de cet accompagnement (de l’ordre de 500 euros). « Ils devront par ailleurs signer un contrat d’engagement, précise le ministère. Il s’agit d’un engagement réciproque entre les acteurs du service public de l’emploi et les jeunes : « des droits et des devoirs », comme l’a précisé le président de la République dans son allocution du 12 juillet ».

L’élaboration de ce dispositif qui devrait voir le jour à la rentrée se fera en concertation avec les membres du comité installé le 22 juillet. Il se compose de parlementaires, d’élus locaux, d’associations de lutte contre la pauvreté, d’acteurs du service public de l’emploi et d’associations de jeunesse.

Des contours à préciser

« Le président de la République officialise ainsi sous un nouveau nom le chantier prioritaire de la « Garantie jeunes universelle » pour les jeunes particulièrement touchés par la crise sanitaire, ce dont l’Union nationale des Missions locales se félicite, analyse Stéphane Valli, président de l’UNML. Différents arbitrages – nombre de jeunes concernés, critères d’accès, montant de l’allocation… – seront donc rendus après l’été. »

Arbitrages financiers

« Les Missions locales sont au coeur de ce dispositif, avec Pôle emploi, poursuit Stéphane Valli. Un des enjeux est de renforcer les relations avec les associations de jeunesse, afin de créer un sas de remobilisation de ces jeunes. Puis ensuite, de leur offrir un parcours « sans couture », aussi fluide que possible, sans rupture d’accompagnement. Les préoccupations du réseau des Missions locales pour y parvenir ont été bien entendues. Des arbitrages financiers sur les moyens sont en attente de retour de Bercy. »

Des parcours intensifs qui nécessitent des moyens

La question des moyens sera centrale. L’UNML estime qu’un accompagnement est « intensif » dès lors qu’un conseiller ne suit pas plus de 50 jeunes, au travers de plusieurs contacts par mois avec chacun, qu’ils soient individuels ou collectifs. « La formule pédagogique de la Garantie jeunes est bien calibrée, confie Stéphane Valli, mais il faudra encore plus de souplesse pour bien positionner les moments collectifs et les moments individuels dans les parcours selon les personnalités de chacun. De même, l’immersion en entreprise n’est pas aujourd’hui systématique, il faudra travailler ce point, là encore selon les profils de chacun. »

Depuis 2013, 540 000 jeunes ont bénéficié de la Garantie jeunes, sachant que les objectifs fixés par l’Etat ont été progressifs depuis 2016, passant de 53 000 en 2016 à 100 000 en 2020, puis 200 000 en 2021, dans le cadre du plan « 1 jeune, 1 solution » lancé il y a un an.

Laurent Gérard  (Centre Inffo pour Défi métiers)

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