Un taux de rupture élevé pour le Contrat de génération

13 Janvier 2017

Un taux de rupture élevé pour le Contrat de génération © Fotolia Environ 49 000 Contrats de génération ont été signés entre 2013 et 2015. Près d'un sur trois a été rompu, le plus souvent à l'initiative du jeune.

Lancé en 2013, le Contrat de génération est une aide financière accordée aux entreprises qui recrutent en CDI un jeune de moins de 26 ans, tout en maintenant dans l’emploi un senior d’au moins 57 ans ou en recrutant en CDI un senior d’au moins 55 ans. En deux ans, 48 826 embauches en Contrat de génération ont été réalisées.

Après avoir augmenté au premier semestre 2013, au moment de l’appropriation du dispositif par les entreprises, le taux de demandes de Contrat de génération validées  (83 %) est resté stable jusqu'à fin 2015.

Les principaux motifs de rejet d’une demande sont l’embauche d’un salarié âgé de moins de 16 ans, et les demandes envoyées plus de 3 mois après le 1er jour du contrat de travail du jeune. Ils dénotent une certaine difficulté à s’approprier les conditions d’éligibilité et les délais pour effectuer les demandes d’aide.

Commerce et industrie

Les entreprises de plus de 50 salariés ont été à l’origine d’un tiers des recrutements en Contrat de génération entre 2013 et 2015.

Trois secteurs ont concentré près de 60 % des Contrats de génération : le commerce (22 %), l’industrie (22 %) et la construction (14 %). L’hébergement et de la restauration, 1er secteur pour les embauches des moins de 26 ans en CDI dans les entreprises de moins de 50 salariés en 2013, n’a en revanche représenté que 6 % des Contrats de génération.

Le profil type des binômes a peu évolué au fil des mois. Deux tiers des seniors et trois quarts des jeunes occupent des postes d’ouvrier ou d’employé. 62 % des jeunes sont âgés de 22 à 25 ans, 54 % des seniors ont entre 57 et 58 ans. 47 % des jeunes recrutés en Contrat de génération étaient déjà dans l’entreprise avant leur embauche en CDI (24 % en CDD ou en emploi saisonnier, 14 % en apprentissage ou en Contrat de génération, 7 % en intérim). 42 % sont titulaires d’un diplôme de niveau bac + 2 ou plus. Les jeunes non diplômés sont sous-représentés (6 %).

Des taux de rupture élevés

Environ 15 600 contrats ont été rompus entre 2013 et 2015 sur les 48 826 embauches réalisées, soit un taux de rupture de 32 %. Le départ du jeune est le principal motif de rupture (73 %), suivi du départ du senior (13 %) et d’une absence d’actualisation par l’employeur des données relatives au Contrat de génération pendant 2 trimestres consécutifs (13 %).

Le secteur de l’hébergement-restauration présente un taux de rupture plus élevé que la moyenne (53 %). Ce taux décroît avec la taille de l’entreprise. Il est le plus faible pour les entreprises de 50 salariés et plus (22 %). A noter, les taux de rupture de Contrats de génération sont inférieurs à ceux constatés pour les CDI ordinaires des jeunes âgés de 15 à 24 ans.

Fin 2015, il restait 33 233 Contrats de génération encore en cours, au titre d’embauches ayant eu lieu entre 2013 et 2015. 

Télécharger l'étude Dares Résultats n°082

Emmanuelle Vignerot

Tags : contrat de génération | senior | jeune