Révolution digitale : l’Institut Sapiens établit un palmarès des métiers les plus menacés

30 Août 2018

Révolution digitale : l’Institut Sapiens établit un palmarès des métiers les plus menacés © Fotolia Dans une étude sur les cinq professions les plus touchées par la digitalisation des processus de production publiée le 21 août, l’Institut Sapiens met en garde contre les risques sociaux de la vague digitale.

« Ne pas prévoir les métiers qui vont disparaître, c’est risquer une aggravation du taux de chômage et donc un déséquilibre critique de nos comptes sociaux », ajoute l’institut.

Manutentionnaires ; secrétaires de bureautique et de direction ; employés de comptabilité ; employés de la banque et de l’assurance ; caissiers et employés de libre-service. Selon les estimations de l’Institut Sapiens, près de 2,1 millions d’actifs concentrés dans ces 5 métiers ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années. Les professions retenues sont celles qui sont à la fois directement remises en question par une technologie et qui ont vu leurs effectifs diminuer depuis 30 ans.

Extinction

La banque et les assurances ne comptent plus que 253 000 employés, contre 323 000 en 1986. Elles pourraient n’en compter plus aucun d’ici 2038 à 2051. « Soit une véritable extinction prochaine et rapide d’un métier qui embauchait encore près de 2 % de la population active il y a 30 ans », souligne Sapiens.

Réorientation

La tendance est depuis quelques années à l’externalisation du métier de comptable, à l’instar de celui de secrétaire. La seconde vague de diminution aura comme origine la technologie, où des logiciels intelligents dédiés pourront ainsi effectuer les tâches comptables sans intervention humaine. Conséquence : « les jeunes étant actuellement en formation de comptable ne pourront exercer ce métier toute leur vie, et seront obligés de se réorienter et donc suivre une nouvelle formation au cours de leur carrière ».

Massification

Mêmes causes, mêmes effets pour les secrétaires bureautiques et les secrétaires de direction. La diffusion et la massification de technologies bureautiques accessibles à tous a entraîné une baisse de 26 % des effectifs, les faisant passer de 765 000 en 1986 à 560 000 aujourd’hui.

Robotisation

Cas le plus médiatisé, de nombreuses destructions d’emplois concernent le métier de caissier et employé de libre-service, principalement sous l’effet de la robotisation. Depuis 2004, les effectifs ont diminué de 15% pour atteindre un total de 270 000 actifs en 2016.

300 %

Enfin, le métier de manutentionnaire semble en voie de disparition : depuis 1986, ses effectifs ont fondu de plus de 17 % pour atteindre 675 000 actifs contre 811 000 il y a 30 ans. Des professionnels de plus en plus souvent remplacés par des robots manutentionnaires, utilisés par exemple dans les entrepôts des grands groupes de commerce en ligne. Baidu, le géant du e-commerce chinois, emploie 60 robots dans ses entrepôts, qui peuvent chacun porter jusqu’à 500 kilos de marchandises, en fonctionnant sans arrêt. « Ils ont permis une progression de la productivité de plus de 300 % », remarque l’Institut Sapiens.

David Garcia (Centre inffo pour Défi métiers)

 

Tags : digitalisation | mutations économiques | métier