Réforme de l’assurance-chômage : que va-t-elle changer pour les salariés et les demandeurs d’emploi ?

25 Juin 2019

© Ministère du Travail Présentée le 18 juin par le gouvernement, la réforme de l’assurance-chômage tient en 12 mesures qui entreront en vigueur entre le 1er novembre 2019 et le 1er avril 2020. Objectif : aider chacun à retrouver un emploi durable et choisi.

Pour la ministre du Travail en charge de la réforme de l’assurance-chômage, il s’agit avant tout d’adapter le marché du travail aux enjeux de notre temps. Comment ? En dotant les salariés, les indépendants et les demandeurs d’emploi de nouveaux droits, en imposant de nouvelles règles d’indemnisation du chômage censées favoriser le retour à l’emploi et en incitant les entreprises à proposer davantage de CDI et à rallonger la durée des CDD.

De nouveaux droits pour les demandeurs d’emploi…

Sitôt leur inscription à Pôle emploi et pour ne plus être désorientés suite à leur perte d’activité professionnelle, les demandeurs d’emploi pourront bénéficier d’un accompagnement intensif dédié. Dans la mesure où une proposition d’emploi leur aura été faite, une formation sur-mesure pourra leur être dispensée pour acquérir les compétences requises par l’entreprise. En outre, des aides concrètes pourront être mises à la disposition des chômeurs pour favoriser le retour à l’emploi. Elles pourront prendre la forme d’aides à la garde d’enfants ou à la mobilité.

… et pour les salariés

Du côté des salariés, l’assurance-chômage sera désormais ouverte aux démissionnaires qui souhaitent se lancer dans un nouveau projet professionnel. Pour ce faire, il leur faudra justifier de cinq années d’ancienneté. Ils seront alors accompagnés gratuitement et de manière personnalisée pour élaborer et réaliser leur projet professionnel.

Un système de bonus-malus pour les entreprises

Les entreprises sont également concernées, notamment celles des secteurs pour lesquels on recense le plus grand nombre de ruptures de contrat et de contrats précaires. Un système de bonus-malus sera mis en place pour inciter les entreprises à proposer davantage de CDI et à rallonger la durée des CDD plutôt que de recourir à des missions d’intérim ou à des CDD très courts. Ainsi, les entreprises paieront davantage de cotisations patronales à l’assurance chômage s’il est constaté un nombre important de fins de CDD, de fins de missions d’intérim, de licenciements ou de ruptures conventionnelles. À l’inverse, plus une entreprise fera d’efforts pour réduire le nombre de personnes qui s’inscrivent à Pôle emploi moins elle paiera de cotisations.

Des règles d’indemnisation qui se durcissent

Le gouvernement parie sur de nouvelles règles d’indemnisation du chômage plus contraignantes pour inciter au retour à l’emploi et par conséquent pour lutter contre le chômage. Concrètement, il ne sera plus possible de gagner davantage au chômage qu’en travaillant. Quant à la période de travail pour ouvrir des droits à l’assurance chômage, elle sera rehaussée, passant de 4 mois sur 28 à 6 mois sur 24. Enfin, par souci d’équité, les salariés les mieux rémunérés de notre pays verront leur indemnisation réduite de 30 % à partir du 7ème mois.

Avec ces 12 mesures, le gouvernement espère réduire le nombre de demandeurs d’emplois de 150 000 personnes à 250 000 personnes et dégager 3,4 milliards d’euros d’économies en deux ans.

Pour en savoir plus, télécharger le dossier de presse

Laurent Pointier

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