Qui change de métier et pour quel emploi ?

15 Novembre 2018

Qui change de métier et pour quel emploi ? © Adobe Stock Entre 2010 et 2015, 22 % des personnes en emploi ont changé de métier. La Dares a étudié ce mouvement en s’interrogeant sur les classes d’âge concernées, les types de contrats de travail de ces salariés et les métiers choisis.

En 2015, d’après l’enquête de l’Insee Formation et qualification professionnelle (FQP), changer de métier est le souhait de 13 % des personnes en emploi âgées de 20 à 50 ans. Les motivations sont diverses : amélioration de ses conditions de travail, meilleure rémunération, recherche de conciliation entre vie familiale et professionnelle, reconversion après une période de chômage ou déménagement.

Selon l’analyse de la Dares publiée en novembre 2018, 22 % des personnes âgées de 20 à 50 ans ont changé de métier entre 2010 et 2015 et 16 % ont changé de domaine professionnel.

Ce sont les jeunes de 20 à 29 ans qui ont changé deux fois plus souvent de métier que les personnes âgées de 40 à 50 ans. Les changements de domaine professionnel sont également plus fréquents en début de carrière.

Les changements de métier sont plus nombreux parmi les bacheliers et les titulaires d’un Bac+2 que pour les autres niveaux de diplôme (inférieurs ou supérieurs).

La région Ile-de-France se caractérisant par la plus forte densité d’emplois et la plus grande diversité d’employeurs enregistre le plus grand nombre de mobilités.

Enfin être immigré originaire d’un pays non européen augmente la probabilité de changer de métier (+ 11 points).

Le type de contrat de travail intervient également dans la probabilité de rester ou non dans un même métier, la mobilité est plus fréquente pour les personnes en contrat à durée limitée ; l’écart entre les salariés en CDI ou fonctionnaires et les salariés en CDD ou intérim est de huit points.

Les deux domaines professionnels où la mobilité professionnelle est la plus grande sont l’électricité-électronique et l’artisanat, car les compétences peuvent être transférables ou communes entre différents domaines : par exemple un artisan horloger peut devenir un vendeur d’articles de luxe

A l'inverse, les domaines qui connaissent une moindre mobilité professionnelle sont l’enseignement-formation, l’agriculture, la santé-action sociale, culturelle et sportive et dans une moindre mesure, la banque-assurance.

Parmi les personnes qui ont changé de métier, la mobilité est deux fois plus souvent ascendante que descendante, quatre sur dix appartiennent à un groupe social plus élevé que cinq ans plus tôt, et une amélioration de leurs conditions de travail est notée.

Pour en savoir plus : Dares Analyses, novembre 2018, n° 049

Céline Desserre

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