Quels seront les besoins en formation dans les services automobiles en 2030 ?

26 Avril 2021

© Fotolia Pour répondre aux besoins en compétences des entreprises du commerce et de la réparation automobile à l’horizon 2030, il faudrait former 15 000 à 20 000 jeunes chaque année (étude prospective de l’Observatoire des métiers des services de l’automobile).

L’Observatoire des métiers des services de l’automobile animé par l’Anfa (Association nationale pour la formation automobile) vient de réaliser une étude prospective de l’emploi et de la formation à l’horizon 2030. Ce travail présenté lors d’un Webinaire, le 20 avril, a consisté à analyser les évolutions de l’emploi, les départs en fin de carrière et la mobilité intersectorielle pour évaluer les besoins en formation à l’horizon 2030. « La prospective ne prédit pas l’avenir, mais permet de prendre en compte l’environnement pour avoir une idée du nombre de gens à former », précise Marie-Sophie Girardin, responsable projets Observatoire à l’Anfa.

« 26 % des salariés de la branche vont partir en fin de carrière en 2030, rappelle Jocelyn Gombault, auteur de l’étude. C’est l’une des raisons principales des besoins de main-d’œuvre à venir. Il ne faut pas faire l’erreur de ne pas prendre d’apprentis parce que la conjoncture est moins bonne, il faut former aujourd’hui pour répondre aux besoins de demain ».

Trois scénarios pour le commerce et la réparation automobile

Cette étude prospective, qui se concentre sur le périmètre du Commerce et de la réparation automobile (CRA), prévoit trois scénarios, qui ont des impacts différents sur l’emploi, comme l’explique Jocelyn Gombault : une politique d’austérité post-crise, une politique de relance, qui stimule la consommation et une politique de régulation écologique. Suivant le cas de figure, les prévisions en termes d’emploi varient entre 320 000 (austérité) et 396 000 (relance) d’ici 2030, contre 350 000 en 2019. Le scénario de régulation écologique aurait un impact hétérogène selon les secteurs, mais ne signifie pas forcément une baisse du nombre d’emplois.

Des besoins en qualification qui varient en fonction des métiers

Pour répondre aux besoins, il faut former environ trois fois plus de jeunes que l’estimation du nombre d’emplois à pourvoir. En effet, certains n’iront pas au bout de leur formation, d’autres s’orienteront vers d’autres branches comme l’industrie automobile. Par ailleurs, les besoins en qualification évoluent en fonction des métiers. « On constate par exemple une baisse de 5,5 % du nombre de comptables en entreprise ces dernières années, note Jocelyn Gombault, car ils sont davantage employés au niveau des holdings, qui ne sont pas rattachées à la branche. » L’industrialisation des process fait également baisser le nombre de magasiniers (-4 %) alors que le nombre de techniciens et agents de maîtrise augmente.

15 000 à 20 000 jeunes à former chaque année

Dans le détail, l’Anfa évalue les besoins en mécaniciens et techniciens véhicules particuliers entre 3 000 et 4500 par an. L’estimation se situe entre 600 et 1300 pour les carrossiers peintres, 400 à 600 pour les mécaniciens et techniciens véhicules industriels, 600 et 800 pour les commerciaux. Quant aux mécaniciens moto, il en faudrait entre 70 à 200 alors qu’on en forme actuellement environ 1 100 par an.

Au total, selon le scénario envisagé, le nombre de jeunes à former chaque année pourrait varier de 15 000 à 20 000 environ. Toutefois, « les usages des entreprises sont difficiles à prévoir, prévient Jocelyn Gombault. Elles peuvent utiliser quatre leviers pour pourvoir leurs postes : embaucher des demandeurs d’emploi, utiliser la promotion et la mobilité internes, recruter dans d’autres secteurs, ou embaucher des jeunes ». Suivant les leviers mobilisés, les besoins en formation varieront fortement.

L’étude prospective de l’emploi et de la formation dans les services automobiles à l’horizon 2030.

Sarah Nafti (Centre Inffo pour Défi métiers)

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