Quelles sont les logiques de recours à la formation en entreprise ?

08 Janvier 2020

Quelles sont les logiques de recours à la formation en entreprise ? © Pixabay S’appuyant sur l’analyse des intitulés de près de 6 millions de formations, le Cereq propose un regard neuf sur les logiques de recours à la formation en lien avec la catégorie socio-professionnelle, le secteur d’activité et les objectifs visés.

Le Céreq publie une analyse inédite de 6 millions d’intitulés de formations suivies entre janvier 2014 et juin 2015 par les salariés, collectés dans le cadre de l’enquête Defis*.

Ce traitement, réalisé par Delphine Béraud, a permis un regroupement en 35 familles de formation puis en 4 grands domaines principaux :

  • formations spécifiques aux métiers ;
  • formation à caractère transversal ;
  • habilitations nécessaires à l’exercice d’un métier ;
  • formations obligatoires de l’hygiène et de la sécurité.

Cadres : des formations en lien avec l’évolution du métier ou de la carrière

Les cadres privilégient les formations « métiers » qui visent à s’adapter aux changements réglementaires de leur secteur d’activité, voire à progresser dans la hiérarchie.

Ils sont aussi particulièrement concernés par les formations à caractère transversal comme le management (8 % de l’ensemble des formations) avec pour but principal une mobilité interne ascendante.

Ouvriers, employés, techniciens : des formations pour faire face aux évolutions techniques ou changer de métier

Les ouvriers sont les salariés les plus représentés dans les formations aux techniques et métiers de l’industrie et du bâtiment. Courtes quand elles sont consacrées à l’actualisation ou la prise en main de techniques, leurs durées s’allongent lorsque l’objectif est une certification ou un diplôme.

Ils suivent également des formations de nature plus transversales et plus courtes comme celles liées à la mise en œuvre de démarches qualité.

Les ouvriers, employés et techniciens suivent également des formations pour changer de métier et se diriger vers le paramédical, l’aide à la personne, les métiers de la sécurité et plus généralement vers des professions nécessitant une habilitation. Ces formations sont plus souvent suivies hors du cadre de travail (périodes de chômage notamment).

Des profils diversifiés dans les formations liées à la transition écologique et numérique

Les formations liées à la transition écologique et numérique accueillent quant à elles une plus grande diversité de profils de salariés.

Les formations écologiques ou aux métiers dits « verts » relèvent de deux types : celles liées au secteur de l’agriculture, et celles qui relèvent de la mise en conformité avec le développement d’obligations et de réglementations. Ces formations sont plus souvent qu’en moyenne suivies pour accompagner une évolution du métier.

À l’inverse, les formations liées à la transition numérique sont réalisées principalement dans le cadre du travail et ne sont pas spécifiquement en lien avec une éventuelle évolution hiérarchique ou l’exercice d’un nouveau métier.

Sécurité, aide à la personne, Caces

Selon le niveau de qualification du poste occupé par les salariés, les formations suivies diffèrent lorsqu’il s’agit d’évoluer dans l’emploi, de sécuriser son parcours ou de se reconvertir.

Ainsi, les formations aux métiers de la sécurité, celles de l’aide à la personne, celles liées à la transition écologique ou encore le Caces sont les formations les plus suivies par les salariés les moins qualifiés souhaitant se reconvertir ou accéder à un nouvel emploi.

« Pour répondre aux caractéristiques de ce public, s'orienter vers ce type de contenu pourrait devenir un enjeu de positionnement pour les organismes de formation », indique Delphine Béraud. Reste à savoir si ces formations seront celles que les utilisateurs de l’application « mon compte formation » plébisciteront.

Télécharger Bref n°384 du Cereq

Patricia Holl

Tags : Cereq | enquete Defis | sécurisation des parcours | formation | salariés