Quel rôle pour la Caisse des dépôts à l’horizon 2025-2035 ? (webinaire Synofdes)

21 Avril 2021

Quel rôle pour la Caisse des dépôts à l’horizon 2025-2035 ? (webinaire Synofdes) © Caisse des Dépôts et Consignations Pour son premier « remue-méninges », le 14 avril, le Synofdes a présenté un scénario relatif au rôle de la Caisse des dépôts et consignations en 2025, et l’hypothèse qu’elle devienne une « caisse nationale d’assurance formation » à l’horizon 2035.

Pour Vincent Cibois du cabinet Boumendil, la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pourrait référencer en 2025 l’essentiel de l’offre de formation CPF qu’elle soit éventuellement éligible au CPF ou pas. Ainsi, la CDC gère Agora, l’entrepôt de données liées aux entrées et sorties de formation pour France compétences. Avec des fonctionnalités annoncées, comme le Tripadvisor de la formation, les services d’appui à la réflexion issues de Mon compte d’activité (mini-bilan de compétences), la possibilité par un « click to call » d’accéder à un conseil en évolution professionnelle de proximité, la CDC pourrait réunir un panel d’informations et de services apte à supplanter d’autres acteurs, comme les Carif.

Sur le volet de l’apprentissage, note Vincent Cibois, un décret a été publié fin décembre 2020 qui donne mission à la CDC de gérer une partie du solde de la taxe d’apprentissage : « La CDC arrive tranquillement sur le champ de l’apprentissage. Avec sa force de frappe, elle pourrait devenir demain l’enregistreur, voire le financeur unique, des contrats d’alternance. »

De quoi interpeller certains des adhérents du Synofdes (Syndicat national des organismes de formation). Au 31 décembre 2020, la plateforme Mon compte formation recelait 310 000 formations différentes ; 17 060 organismes proposent au moins une formation et parmi ceux-ci, 25 se partagent 56 % du catalogue.

Des organismes de formation noyés dans la masse

Ce choix de confier à la CDC, « la banque de l’État », le rôle d’opérateur gestionnaire et financier du CPF n’est pas anodin pour Catherine Nasser, chargée de développement au sein du Synofdes, qui co-animait ce débat. Le système est aujourd’hui désintermédié, en circuit court, et il laisse la possibilité aux organismes de formation de rendre leur offre visible. Mais ils témoignent de leurs difficultés : « Je me suis inscrit, mais je n’ai jamais eu une seule candidature », déplore l’un. « J’ai compris comment ça marchait, dit un autre, mais c’est miraculeux qu’on me trouve parmi les 15 000 formations similaires. On a l’impression d’être dans un rayon de supermarché. »

Cette impression d’être noyé dans la masse, la nécessité de devoir recourir à des stratégies de marketing de l’offre, en multipliant les mots-clés, inquiète : « C’est très compliqué pour les petits d’être présents sur tous les fronts à la fois ! » Le moteur de recherche promet une présentation des résultats aléatoires, mais certains émettent des doutes.

Pour Vincent Cibois, la CDC est un acteur incontournable, l’unique interlocutrice pour le CPF, lui-même voie d’accès principale à la formation des salariés. Il faut s’y adapter, transformer son offre en formations courtes, penser blocs de compétences, développer des partenariats avec des certificateurs… D’autant que les Régions apparaissent aujourd’hui comme des cofinanceurs sur la plateforme, avec un risque qu’elles se désengagent des appels à projets…

Le CPF au 31/12/2020 :

  • 38 millions de compte ouverts, dont 33 millions de salariés
  • 12,7 millions de compteurs activés
  • 1 280 € en moyenne sur les comptes des salariés
  • 1,2 million de dossiers de formation validés
  • Coût moyen : 1 216 € par dossier (2 400 en 2018)
  • 5,5% des dossiers ont nécessité un cofinancement du titulaire
Christelle Destombes

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