Quel modèle économique pour les Mooc français ?

01 Mars 2016

Quel modèle économique pour les Mooc français ? © Fun Pour France stratégie, la plateforme France université numérique (Fun) doit diversifier son offre en ligne et s’ouvrir à de nouveaux usages afin de s’affirmer face à la concurrence internationale.

Les Mooc (Massive Open Online Courses) ont connu un développement exponentiel. Alors qu’on ne comptait qu’une dizaine de ces cours en ligne en 2011, plus de 4 000 sont aujourd’hui proposés dans le monde selon la récente note d’analyse de France stratégie « Mooc français : l’heure des choix ».

Des marges de progrès pour la plateforme Fun

La France, bien qu’ayant rattrapé son retard avec la création en 2013 de la plateforme Fun reste en retrait du marché international des Mooc. Fun ne représente que 3,4 % de l’offre globale avec un catalogue de 142 cours et ne compte qu’un nombre limité d’inscrits (570 000) en comparaison de géants américains ou britanniques comme edX (5 millions d’inscrits) ou FutureLearn (2,5 millions).

Autres faiblesses : le peu d’universités participant à l’élaboration des contenus en ligne (3 % des universités françaises, contre 80 % des américaines), la faible proportion d’apprenants basés à l’étranger (30 % sur Fun contre les 2/3 des apprenants de FutureLearn), ou l’homogénéité de l’origine géographique des cours hébergés (98 % de l’offre de Fun est issue d’établissements français).

Développer l’offre de formation en direction des entreprises

Contrastant par rapport aux autres acteurs étrangers, la France a développé avec Fun un modèle économique sur fonds  publics (financement par l’Etat et par les cotisations des établissements membres) et à but non lucratif. Si pour France stratégie le soutien de l’Etat doit être pérennisé, la plateforme doit également diversifier son modèle économique pour développer les ressources nécessaires à l’élaboration des Mooc.

L’institut encourage ainsi Fun à explorer de nouveaux modes de monétisation de ses cours en ligne : mise en place de certifications payantes, d’une offre de services de recrutement aux employeurs ou aux établissements, tutorat payant, etc. Fun pourrait également investir le marché de la formation professionnelle, en développant une offre adaptée aux besoins des entreprises et en nouant des partenariats avec les fournisseurs de e-learning déjà installés sur le marché privé de la formation continue.

Autres axes de développement abordés par la note d’analyse : proposer des Mooc plus personnalisés et offrant des possibilités de certifications reconnues, investir de nouveaux modèles pédagogiques (classes inversées, adaptative learning, etc.), formuler une offre en direction de la francophonie (notamment de l’Afrique), ou encore créer une plateforme européenne commune de Mooc.

Consulter la note d’analyse de France stratégie « Mooc français : l’heure des choix »

Raphaëlle Pienne

 

Tags : Mooc | e-learning