Qualiopi : quelle pratique d’Audit pour quelles garanties de qualité ? (Jeudi de l’Afref)

03 Décembre 2020

Qualiopi : quelle pratique d’Audit pour quelles garanties de qualité ? (Jeudis de l’Afref) © Pexels Un point d’étape sur la mise en œuvre du label Qualiopi, organisé le 26 novembre par l’Afref, a donné la parole aux concepteurs et observateurs du cadre de sa mise en œuvre, et aux acteurs de celle-ci.

Même si les obligations relatives la certification Qualiopi ont été différées du fait de la crise sanitaire, elles restent d’actualité pour les prestataires de formation financés sur fonds publics et paritaires. « Cette certification consiste à démontrer, pour les prestataires de formation, preuves à l’appui, comment ils s’organisent à travers les actions de formation qu’ils mènent », rappelle, en introduction du webinaire, Sophie Margollé, adjointe au sous-directeur Politiques de Formation et du Contrôle à la DGEFP (Délégation générale à l'Emploi et à la Formation professionnelle).

Pour ce faire, la DGEFP a produit un guide de lecture « qui a une vocation pédagogique, mais pas un statut légal »  précise-t-elle. De fait, les versions du guide n’indiquent pas de modifications législatives ou règlementaires toujours basées sur les 32 indicateurs initiaux, mais précisent certains éléments. Par exemple, la dernière version précise l’indicateur portant sur l’accueil des personnes en situation de handicap. A noter, ajoute Sophie Margollé, que les audits peuvent se pratiquer à distance jusqu'à fin 2020.

« La démarche d’accompagnement des prestataires vers la certification se réalise à partir du diagnostic de situation posé » rappelle pour sa part Gilles Trichet du cabinet Lafayette. Il précise qu’il ne s’agit pas de « remplir le dossier Qualiopi, car ce n’est pas un audit documentaire » mais d’apporter des preuves de l’activité de formation. Considérant que « la majorité des clients ne savent pas qu’ils font (déjà) bien [...] c’est la formalisation qui ne va pas toujours de soi dans ces métiers de l’oralité » poursuit-il. Autrement dit, la difficulté est centrée sur les fournitures de preuves et non pas la façon de faire. Néanmoins, deux indicateurs apparaissent plus difficiles à appréhender note Gille Trichet : l'indicateur 5 (objectifs opérationnels évaluables) portant sur l’ingénierie de compétences ; et l’indicateur 11, qui concerne l’évaluation des acquis. Enfin, l’argumentation auprès de l’auditeur doit être préparée, recommande-t-il.

Les pratiques d’audition sont ensuite discutées par Michel Baujard (CFS+) et Hubert Grandjean (Afdec), qui précisent plusieurs point : les auditeurs n’ont pas à se mettre à la place de l’audité ; les exigences ne peuvent pas porter sur des actions de formation réalisées avant l’application de la loi ; la forme des éléments de preuves ne peut pas être imposée ; les éléments de preuve indiqués dans le guide d’audit ne sont pas obligatoires.

Pour finir, les questions « de l’échantillonnage », des exigences vis-à-vis des sous-traitants ou encore de l’interprétation des indicateurs sont posées et débattues. Par exemple, ce n’est pas tant l’organisation de la veille que la prise en compte de celle-ci qui doit être considérée. Par ailleurs, en cas de litige, l'audité peut interpeller le certificateur au nom duquel l'auditeur intervient et faire appel au Cofrac (Comité français d'accréditation). A noter cependant que (seulement) 30% des prestataires rencontrent une non-conformité, majeure ou mineure, qu’ils peuvent résoudre sans trop de difficultés au final.

Plusieurs pistes d’amélioration dans ce process de certification sont avancées par les intervenants : une formation unique pour tous les auditeurs afin d’homogénéiser les pratiques ; la poursuite de l’amélioration du guide ; la recherche d'une solution qui éviterait de bloquer trop rapidement la certification en cas de non conformité majeure. La certification Qualiopi pourrait elle-même être engagée dans un process qualité, qui s’affinerait au fil du temps.

Françoise Lemaire

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