Organismes de formation : un écosystème en redéfinition

04 Mars 2020

Organismes de formation : un écosystème en redéfinition © Unsplash Les organismes de formation vivent une période mouvementée sous l’impulsion de trois grands facteurs d’évolution -réglementaire, numérique et pédagogique- qui façonnent ainsi un nouvel écosystème.

Le nouvel écosystème1 des organismes de formation se construit sous l’action simultanée de facteurs d’évolutions qui redéfinit les champs d’activité des acteurs traditionnels et crée des opportunités pour de nouveaux acteurs.

D’un côté, la loi « Avenir professionnel » de 2018 bouscule l’ensemble du paysage de la formation professionnelle en créant, transformant, supprimant des acteurs, en modifiant son accessibilité et en réformant son financement.

D’un autre côté, la digitalisation de la société et les progrès techniques bousculent aussi les organismes de formation. La maturité des technologies numériques à visée pédagogique (réalité virtuelle, intelligence artificielle, e-learning etc.) et la baisse de leurs coûts d’accès conduisent de nouveaux entrants à investir le marché de la formation professionnelle. Face à une concurrence multimodale plus intense liée à ces nouveaux entrants issus de la Edtech2 (tantôt fournisseurs de contenus, prestataires ou distributeurs), l’évolution de l’activité des organismes de formation traditionnels s’inscrit dans une logique plus ouverte, les conduisant à repenser radicalement leur modèle d’affaires et leur chaîne de valeur, aboutissant à des situations de coopétitions3 avec ces nouveaux entrants. Ces Edtech peuvent être impliquées de la conception à la réalisation des prestations de formation.

Les organismes de formation font aussi face à l’influence plus grande des neurosciences autour des capacités humaines d’apprentissage grâce à deux convergences disciplinaires (informatique et sciences cognitives). Les neurosciences permettent de mieux comprendre la biologie d’apprentissage et de formaliser des techniques autour de l’ancrage mémoriel, la compréhension, l’implication, l’attention etc., dans l’objectif de renforcer l’efficience de la formation en limitant l’effort à fournir pour apprendre. Ainsi, de nombreuses modalités pédagogiques en développement (serious games, social learning, etc.) s’en inspirent. D’autres facteurs d’évolution (culturels, macroéconomiques, démographiques etc.) se combinent à ceux évoqués ci-dessus et influencent l’évolution de cet écosystème.

Cette situation entraîne, pour les organismes de formation, un effort de veille sur de nouvelles variables du marché, sources d’opportunité ou de menaces (diversification des modalités pédagogiques, des canaux, exigences réglementaires, maturité digitale des apprenants, relation aux Edtech etc.). L’émulation actuelle semble plus profitable aux nouveaux entrants (à l’aise avec le numérique, peu de risques à entrer sur un segment de marché qu’ils contribuent à façonner) qu’aux organismes traditionnels dont l’adaptation dépend justement de leurs possibilités d’agir : moyens, intérêt économique à s’adapter, incitations et injonctions de leur environnement.

Patient Okouo

(1) Dans un contexte économique hyper connecté, mouvant et globalisé, la notion d’écosystème est la mieux adaptée pour expliciter l’évolution des nouvelles formes d’organisations productives du marché de la formation professionnelle.  « Un écosystème d’affaires correspond à une somme d’alliances stratégiques, plus ou moins formelles, poursuivant un objectif commun ». J. Moore, 1996.
(2) Désigne l’ensemble des entreprises (essentiellement des startups) proposant des solutions technologiques innovantes dédiées au savoir, son apprentissage, ainsi que sa transmission.
(3) La coopétition désigne une démarche qui vise à coopérer à plus ou moins long terme avec des concurrents (e-marketing.fr)

 

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