Murielle Pénicaud annonce un plan stratégique pour l’Afpa en 2018

17 Avril 2018

© Fotolia Venue présenter l’avant-projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » devant l’Assemblée nationale, la ministre du Travail a estimé qu’il était nécessaire de « repenser le modèle » de l’Afpa, en grande difficulté depuis des années.

« Aujourd’hui, nous pensons qu’il faut donner une vision, une visibilité et un plan stratégique de long terme à l'Agence pour la formation professionnelle des adultes (Afpa) [...]. Nous y travaillerons cette année. Nous avons besoin de l’association. Il faut qu’elle soit concentrée sur des missions de service public, qui font sens, sur lequel elle a un vrai apport. ». C’est l’annonce faite le 10 avril dernier par Murielle Pénicaud, ministre du Travail, lors de son audition devant la Commission des affaires sociale de l’Assemblée nationale. Elle répond ainsi à une question du député Pierre Dharréville (GDR) sur le devenir de l’Afpa.

Repenser le modèle

Le député des Bouches-du-Rhône a résumé la situation « préoccupante », de l’Afpa qui a subi la décentralisation de la commande publique de formation des chômeurs vers les Régions, engagée en 2004, et l’ouverture du marché de la formation à la concurrence à partir de 2009. « Désormais soumise aux procédures d’appels d’offres, elle s’est progressivement transformée en un organisme concurrentiel alors que son mode de fonctionnement était fondé sur une activité de service public ». Malgré plusieurs interventions financières sous les précédentes législatures, et la transformation de l’association en établissement public en 2017*, détaille Pierre Dharréville, le plan d’économie entamé il y a quatre ans continue de se poursuivre, se traduisant pas des baisses d’effectifs - 300 départs l’année dernière - et « une souffrance au travail dénoncée par les syndicats ».

« Ce problème traîne depuis trop d’années », admet la ministre. Elle rappelle ainsi que l’Afpa accuse un déficit de 100 millions d’euros chaque année pour 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Il faut repenser le modèle [...] Je suis pas sûre que le rôle d’une Afpa service public soit de former des cadres dans des domaines où il n’y a pas de faille de marché », ajoute-t-elle.

Différents scenarii possibles

Côté syndical, on attend des éclaircissements. « Dire que l’Afpa doit se concentrer sur des missions de service public qui font sens, cela laisse entendre que l’on est dans la restriction, que les missions définies par la loi ne font pas sens », déclare Christian Filliot (secrétaire général de la CGT-Afpa) au Quotidien de la formation le 11 avril.

Alors que la direction et la présidence de l’Agence ont été nommées par intérim, son organisation syndicale est dans l’expectative. Cinq orientations stratégiques pour 2018-2022 ont été présentées au CA de l’Afpa, le 3 avril dernier. « Ces orientations sont larges et tous les scenarii sont possibles. Il faudra choisir entre les préoccupations économiques et un objectif politique plus ambitieux qui consiste à inscrire l’Afpa dans une stratégie de reconquête : accompagner la réindustrialisation des territoires, les mutations technologiques, les relocalisations d’entreprises, etc. »

Selon Christian Filliot, un cabinet externe a été missionné par les tutelles pour travailler sur différents scenarios, dans l’objectif de présenter, fin juin, une première version du contrat d’objectifs et de performance, et un plan d’entreprise opérationnel à l’automne.

* Autrefois Association pour la formation des adultes, l’Afpa a été transformée en Epic et est devenue l’Agence pour la formation des adultes au 1er janvier 2017

Aurélie Gerlach (Centre Inffo pour Défi métiers)

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