Moins de deux dirigeants d'entreprises sur dix sont des femmes

28 Janvier 2016

Les femmes à la tête des entreprises © Fotolia Une étude réalisée par le cabinet d'audit KPMG dresse le portrait robot des femmes dirigeantes d'entreprises en France.

KPMG dresse un état des lieux de la place des femmes à la direction des entreprises en France de 2003 à 2013. Cette étude s'appuie sur une enquête d’opinion réalisée par l'institut CSA auprès de 600 dirigeant(e)s, complétée par des entretiens et témoignages de 12 femmes dirigeantes du réseau « Women for business » de KPMG.

La France peut mieux faire

Alors que les femmes représentent 48 % de la population active, elles sont seulement 14 % à occuper des postes de direction. Cette part a très peu augmenté en 10 ans : à peine 1,2 point entre 2003 et 2013. Le poids des femmes dirigeantes décroît avec la taille de l’entreprise : plus la structure est importante, moins il y a de dirigeantes, ces dernières étant davantage présentes dans les entreprises de 10-20 salariés. Un signe encourageant toutefois : les grandes entreprises (plus de 1 000 salariés) se distinguent par une forte progression de femmes dirigeantes, passant de 3,5 % en 2003 à 7,5 % en 2013.

Transmission familiale et promotion interne

Les modes d’accès aux fonctions de dirigeant(e) d’entreprise varient sensiblement en fonction du genre. En effet, si les femmes comme les hommes accèdent aux postes de direction d’abord en créant ou en rachetant une entreprise (44 % pour les premières, 43 % pour les seconds), et par promotion interne (27 % pour tous), les dirigeantes le deviennent plus souvent par transmission familiale (22 %, contre 16 % pour les hommes). La succession est un moteur d’accès au pouvoir important dans les secteurs traditionnellement masculins (industrie, BTP).

Dans les grandes entreprises, la promotion interne prime. Ainsi, 60 % des femmes dirigeantes dans les entreprises de plus de 250 collaborateurs ont été promues. En revanche, elles deviennent moins souvent dirigeantes par recrutement externe que les hommes (7 % contre 14 %).

Un certain manque de confiance en soi

Interrogé(e)s sur les raisons qui les ont poussé(e)s à accepter un poste de dirigeant(e), les femmes comme les hommes citent d’abord le goût d’entreprendre (respectivement 39 % et 46 %) et l’épanouissement professionnel (38 % et 27 %).

Concernant les obstacles rencontrés, hommes et femmes évoquent d’abord la difficulté à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Mais les femmes citent davantage le manque de confiance soi (20 %, contre 13 %). Une dirigeante sur dix considère que le fait d’être une femme a constitué un obstacle pour sa prise de fonction.

Si les dirigeant(e)s partagent tous une même passion pour l’entreprise, les femmes y mettent une composante humaine et relationnelle plus forte. Ainsi, les femmes insistent davantage que les hommes sur la relation client (20 %), les rapports avec les parties prenantes de l’entreprise (20 %) et le fait d’encadrer d’autres personnes (14 %).

Sandrine Damie

Tags : femme | création d'entreprise