L’Udes se mobilise pour mettre en œuvre la réforme

10 Septembre 2019

© Adobe Stock L’Udes se saisit de la réforme de la formation pour engager des actions concrètes dans les territoires et des travaux de prospective sur les compétences. Objectif : jouer un rôle fédérateur sur le terrain et au sein des opérateurs de compétences.

La réforme est désormais entre les mains des acteurs. La réussite de sa mise en œuvre repose sur leur capacité à nouer des partenariats et à déployer des actions concertées sur des sujets stratégiques. L’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes) représente 16 banches professionnelles et une vingtaine de syndicats d’employeurs dans les secteurs de la santé, la cohésion sociale, la culture et le sport. Confrontées à des enjeux forts d’attractivité et d’accessibilité à la formation et à l’emploi, ses entreprises constituées à 80 % de TPE-PME se mobilisent au plus près du territoire.

Rapprocher offre et demande

Engagée dans la mobilisation nationale pour l’emploi et les transitions lancée par le Premier ministre à la suite du mouvement des Gilets jaunes, l’Udes a identifié des axes de travail prioritaires lors de la réunion du 12 juillet dernier à Matignon. « Faire rencontrer la demande avec l’offre de compétences sur les territoires est un point central », souligne Sébastien Darrigrand, son délégué général. Renforcer les partenariats avec Pôle emploi fait ainsi partie des actions à mener pour résoudre un paradoxe bien connu entre la pénurie de main d’œuvre d’un côté et les demandeurs d’emploi de l’autre.  Les conseillers de l’opérateur public ont, en effet, des difficultés à se rapprocher des petites entreprises qui cherchent à recruter. L’Udes peut créer ce lien et a déjà noué une coopération privilégiée avec la délégation régionale de Pôle emploi en Paca et en Nouvelle Aquitaine. Ces initiatives devraient se généraliser. Pour l’organisation multi-professionnelle, les Régions doivent prendre toute leur place dans l’articulation de ces politiques de l’emploi en mobilisant les crédits dégagés par les Pactes régionaux pour l’investissement dans les compétences (Pric).

Dynamique inter-branches

Autre enjeu crucial, un travail de prospective sur les métiers et les compétences a été lancé à travers un Edec (engagement de développement de l’emploi et des compétences). Financé par le Pic (Plan d’investissement dans les compétences), il mobilise les observatoires de différentes branches professionnelles. Les résultats doivent fournir un socle solide à partir duquel l’accompagnement et les parcours de formation pourront se construire en adéquation avec les besoins du marché. Le comité de pilotage, composé de représentants des partenaires sociaux, a intégré dans les travaux les problématiques de l’impact du numérique sur les activités et les métiers.

Nouveaux parcours

Le chantier est stratégique dans des secteurs en forte croissance et en pleine structuration comme l’aide à domicile ou le médico-social. L’Udes compte s’appuyer sur les nouveaux opérateurs de compétences. « Il y a une nouvelle dynamique transversale entre les branches afin de résoudre les problématiques communes à nos différentes filières comme celle de l’attractivité et des travaux de prospective sur les métiers et les compétences », confirme Sébastien Darrigrand. Fragilisés par la suppression des contrats aidés et de la période de professionnalisation, les acteurs de l’économie sociale et solidaire réfléchissent aux opportunités portées par la réforme. « La réforme de l’apprentissage et le fléchage des fonds mutualisés vers l’alternance nous poussent à réfléchir à de nouveaux parcours », explique le délégué général. Les branches étudient ainsi la cartographie des CFA existants, l’intérêt d’en ouvrir de nouveaux, la possibilité de développer des alternances inter-métiers ou encore les implications du nouveau dispositif de la ProA (Promotion par l’alternance).

Catherine Trocquemé (Centre Inffo pour Défi métiers)

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