L’OCDE appelle à développer la formation des adultes

14 Février 2019

L’OCDE appelle à développer la formation des adultes © OCDE Progrès technologique, mais aussi vieillissement de la population et globalisation, tous ces facteurs entretiennent le besoin de formation tout au long de la vie.

Pour aider les actifs à maintenir leur employabilité, l’OCDE [1] propose un rapport d’analyse sur les « systèmes de formation pour adultes prêts pour le futur » [2].

Le constat a beau supporter des variantes, tous les pays de l’OCDE partagent peu ou prou un même défi : monter en compétences et réduire les inégalités d’accès à la formation. Directeur emploi, travail et affaires sociales à l’OCDE, Stefano Scarpetta évoque des bouleversements multiples et rapides qui appellent à « moderniser en urgence » les systèmes de formation pour adultes dans de nombreux pays. Tout en soulignant la difficulté du travail prospectif, il n’hésite pas à dresser un scénario de moyen terme qui verrait un emploi sur sept totalement automatisé et près de 30 % des emplois qui subiraient des transformations substantielles. Pour répondre aux enjeux, le rapport de l’OCDE appelle à développer une formation de qualité corrélée aux besoins en compétences du marché du travail.

Quatre axes

Les recommandations de l’OCDE pour l’amélioration des systèmes de formation sont structurées en quatre axes. Il s’agit premièrement de concentrer les efforts sur les publics peu qualifiés, les demandeurs d’emploi, les immigrés et les seniors. Deuxièmement, la nécessité d’adapter les contenus de formation au marché du travail suppose de renforcer le travail d’analyse des données emploi et compétences, « qui existent mais demeurent trop éparses et sont insuffisamment mobilisées ». Le renforcement de la qualité et l’amélioration de l’évaluation de l’impact de la formation constituent le troisième axe. Enfin, il s’agit de revoir le système de financement, sur la base d’un effort partagé entre pouvoirs publics, employeurs et individus.

Bonnes pratiques internationales

Que retenir d’inspirant au-delà des frontières ? L’OCDE évoque par exemple le cas de la Corée du Sud, où un régime de subventions accompagne les entreprises dans l’analyse de leurs besoins en compétences. À noter que les subsides peuvent être utilisés pour embaucher des experts ou former en interne. En Europe, le programme finnois Liideri finance les projets d’entreprise qui ciblent l’organisation du travail et l’utilisation active des compétences des employés.

Parmi les marges d’amélioration évoquées pour la France, Stefano Scarpetta souligne que seulement 6 % des actions de formation sont réalisés à distance — une modalité selon lui susceptible de répondre aux contraintes de temps des PME —, contre 19 % en moyenne pour l’OCDE. Qu’il s’agisse de gouvernance, d’accompagnement et d’orientation ou d’appariement, la réforme française est perçue positivement. Sous réserve, précise Stefano Scarpetta, d’une « mise en œuvre » à la hauteur des promesses du big bang.

Des systèmes de formation pour adultes prêts pour le futur, rapport OCDE (en anglais), février 2019

Nicolas Deguerry (Centre inffo pour Défi métiers)

Notes
[1] Organisation de coopération et de développement économiques.
[2] Rapport disponible en anglais : Getting skills right : future-ready adult learning systems.

 

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