L’Observatoire des métiers du transport dresse un premier bilan des effets de la pandémie sur la formation

05 Février 2021

© Adobe Stock L’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique) a publié fin janvier son bilan chiffré de l’année 2019. L’occasion de donner dès à présent les tendances observées en 2020.

Comme dans de nombreux autres secteurs en France, celui des transports et de la logistique aura vu se développer à grande vitesse la digitalisation des formations à l’aune de la crise de la Covid-19. C’est l’édition 2020 du rapport de l’OPTL (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications dans les transports et la logistique, présentée le 27 janvier 2021, qui le montre. Elle se fonde sur les premiers éléments d’analyse dont dispose la profession pour mesurer l’impact de la pandémie. Une digitalisation jugée « indispensable pour assurer le développement des compétences, lui-même indispensable à la reprise économique » espérée en ce premier semestre 2021.

Besoins et formations courtes

Ce développement n’est bien sûr pas sans appeler des besoins de la part des structures de formation. Une enquête réalisée par l’AFT (Association pour le développement de la formation professionnelle dans les transports), citée par l’OPTL, montre que plus de 40 % des lycées professionnels dispensant des formations en transport-logistique manquent d’équipements idoines et près de 60 % d’entre eux de contenus pédagogiques adaptés au distanciel. Le bouleversement des sessions d’examen dans les lycées pourrait aussi avoir des conséquences en termes d’employabilité du fait de la non-validation de certaines épreuves pratiques. Du côté de l’Opco (Opérateur de compétences) Mobilités, un plan baptisé « M-Compétences » a été développé. Soit une offre de formations courtes digitalisées et totalement prises en charge pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Deux fois plus de titres professionnels que de diplômes d’Etat

Le rapport de l’OPTL dresse aussi le bilan de l’année 2019. Sur cette période, plus de 39 000 titres professionnels ont été délivrés, dont près de 70 % concernent la famille professionnelle de la conduite. « C’est presque deux fois plus que pour les diplômes d’Etat, principale voie d’accès des jeunes », note Bruno Lefebvre, vice-président de l’OPTL. Le nombre des diplômes d’Etat a baissé de 1 % en 2019, soit légèrement moins que l’année précédente (- 3 %). Concernant les formations en logistique, de fortes baisses sont notées, jusqu’à - 20 % pour le titre professionnel Cariste d’entrepôt. « Cela peut s’expliquer par la croissance de l’activité et la tension en matière de recrutement. Elles ont pu privilégier des parcours plus accélérés, comme les Caces (Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité) débutants », précise Bruno Lefebvre. Ces derniers ont augmenté de 56 %.

La formation aux métiers réglementés est importante. Le nombre d’attestations de capacité délivrées en transport lourd de marchandises a particulièrement augmenté, avec +51 %. En parallèle, le recours aux plans de développement des compétences s’est accru par rapport aux plans de formation en 2018, allant jusqu’à +60 % dans les établissements de plus de 10 salariés. La mobilisation du Compte personnel de formation - CPF (MonCompteFormation) est en hausse aussi, à + 33 %.

Du côté de l’apprentissage, enfin, le CAP Conducteur routier marchandises et le BTS Transport et prestations logistiques sont les diplômes les plus préparés.

Bénédicte Weiss (Centre Inffo pour Défi métiers)

Tags : covid19 | Observatoire des métiers | transport | logistique | formations