L’insertion par l’activité économique en 2018

19 Mars 2020

© Christina@wocintechchat.com (Unsplash) La Dares a publié une synthèse intitulée « L’insertion par l’activité économique en 2018 : une baisse des embauches contrebalancée par une hausse du temps de travail ».

Expérimentée localement par des travailleurs sociaux dès le milieu des années 1960, l’Insertion par l’activité économique (IAE) a été progressivement institutionnalisée jusqu’à son inscription dans le Code du travail avec la loi contre les exclusions de 1998. Inscrit dans le champ de l’économie sociale et solidaire, ce secteur mobilise 3 803 structures conventionnées par l’Etat en 2018 et compte un peu plus de 132 300 salariés en insertion, soit une baisse de 4,7 % par rapport à 2017.

Les associations ou entreprises de l’IAE s’engagent à embaucher, pour une durée limitée, des personnes très éloignées de l’emploi et en grandes difficultés personnelles et professionnelles. Elles ont recours à différents types de contrats (Contrats à durée déterminée d’insertion - CDDI, contrats d’usage, contrats intérimaires). « La spécificité du parcours d’insertion consiste à proposer une mise en situation de travail, doublée d’un accompagnement social et professionnel personnalisé, de façon à lever les principaux freins d’accès à l’emploi. En complément de l’accompagnement dispensé, les salariés peuvent bénéficier de formations adaptées à leurs besoins ».

Chaque type de structure de l’IAE est plus ou moins spécialisé dans un domaine d’activité, et recrute sur des métiers particuliers. Les salariés sont majoritairement dans les Ateliers et chantiers d’insertion (ACI, 38,3 %), les Associations intermédiaires (AI, 40,1 %), les Entreprises d’insertion (EI, 11,3 %) et les Entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI, 10,3 %).

Le nombre de salariés en insertion et le nombre d’embauches dans le secteur de l’IAE diminuent légèrement, après une hausse en 2017. Les nouvelles embauches sont en baisse de 5,5 %, tandis que le nombre de salariés en insertion toujours en emploi en fin d’année diminue de 4,7 %. Cependant, le nombre d’ETP a augmenté de 4,8 % entre 2017 et 2018, du fait d’une augmentation de la durée hebdomadaire moyenne de travail.

Le pourcentage d’embauches varie aussi en fonction du type de structures : le nombre de salariés en insertion dans un ACI a diminué de 6,1 % au 31 décembre 2018 par rapport au 31 décembre 2017 ; dans les EI, cette diminution, en 2018, est de 2,6 % après une forte augmentation (+13,2 % en 2017) ; les AI, quant à eux, emploient 53 100 salariés (soit une baisse de 4,8 % par rapport à l’année précédente). Enfin, les contrats nouvellement signés dans les ETTI ont diminué de 15,4 % entre 2017 et 2018.

Les ateliers et chantiers d’insertion assurent des missions d’accueil, d’accompagnement et d’encadrement technique plus adaptées aux personnes en très grande difficulté.

Les entreprises d’insertion proposent des conditions de travail plus proches de celles qui existent sur le marché du travail classique. Leurs ressources proviennent essentiellement de la vente des biens et services qu’elles produisent.

Les entreprises de travail temporaire d’insertion s’adressent plutôt à des personnes en fin de parcours d’insertion. Elles positionnent leurs salariés en insertion sur les mêmes offres que les entreprises de travail temporaire "classiques".

Les associations intermédiaires mettent à disposition des personnes en situation d’insertion, à titre onéreux, auprès de personnes physiques ou morales, pour la réalisation de travaux occasionnels (ménage, repassage, etc.). Elles occupent une position particulière au sein des structures de l’IAE, puisqu’elles assurent une mission d’accueil et d’orientation des personnes en difficulté qui se présentent à elles ou qui leur sont adressées.
Source : Dares

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Emmanuelle Vignerot

Tags : IAE | insertion professionnelle | chantier d'insertion