L’Etat actionne le levier formation pour redynamiser l’industrie dans les territoires

25 Août 2020

© Fotolia Soutenir le recrutement de jeunes diplômés et étoffer l’offre de formation, des solutions encouragées par le gouvernement dans le cadre du "Pack Rebond" qui vise à accélérer la création et la relocalisation d’activités industrielles dans les territoires.

Le gouvernement intensifie sa stratégie de reconquête industrielle en lançant "Pack Rebond", une série d’initiatives destinées à prolonger et à renforcer le programme "Territoires d’industrie" lancé en novembre 2018. Parmi les mesures présentées par Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des Territoires et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’industrie, figurent plusieurs actions en faveur de l’emploi et du développement des compétences.

1 000 volontaires territoriaux en entreprises

Pour aider les entreprises éloignées des grandes villes à embaucher de jeunes talents en cette période de crise, le gouvernement mise sur le Volontariat territorial en entreprise (VET). Dans le cadre du "Pack Rebond", 1 000 jeunes seront recrutés par le biais de ce dispositif lancé en 2018. En pratique, les PME et ETI situées dans les territoires d’industrie pourront bénéficier d’une aide de 4°000 euros de la part de l’Etat et la Banque des Territoires. Celle-ci leur permettra de financer le recrutement d’un étudiant ou d’un jeune diplômé du supérieur (en alternance, en CDD ou en CDI). De leur côté, les jeunes qui se verront confier des missions à responsabilité pour développer des projets structurants aux côtés des dirigeants auront droit à une aide de 1 200 euros versée par Action Logement pour la prise en charge de leurs frais d’hébergement.

Ouvrir des formations dans les villes moyennes

Le "Pack Rebond" inclut par ailleurs plusieurs initiatives destinées à favoriser le développement de compétences correspondant aux besoins des entreprises industrielles dans les territoires. Le Cnam vient ainsi de lancer un deuxième appel à manifestation d’intérêt. Objectif : déployer de nouvelles formations industrielles dans les villes moyennes éloignées des pôles universitaires. Les projets portés par des collectivités ou consortium bénéficieront de l’ingénierie en formation du Cnam et seront accompagnés sur le plan financier par la Banque des Territoires.

Pour soutenir le développement des compétences, l’Etat mise aussi sur les écoles de production qui forment des jeunes dans une logique de "faire pour apprendre". Une enveloppe de deux millions d’euros sur cinq ans sera mobilisée par la Banque des Territoires pour accompagner la création de nouvelles écoles. La transformation de 20 centres Afpa en "tiers lieux de l’insertion professionnelle et sociale" fait également partie des projets encouragés pour répondre aux problématiques de recrutement des entreprises industrielles.

Favoriser les initiatives intersectorielles

Autre initiative mise en avant par le gouvernement : la création de parcours de formation et de qualification communs à plusieurs secteurs industriels pour faciliter la mobilité et les recrutements. C’est le sens de l’Engagement de développement des emplois et des compétences (Edec) signés en 2018 par l’Etat et quatre Opca. Ce projet porté aujourd’hui par Opco 2i et Ocapiat se poursuit jusqu’en 2021.

Estelle Durand (Centre Inffo pour Défi métiers)

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