Les réseaux électriques intelligents engendrent de nouveaux besoins en formation

28 Novembre 2016

Les réseaux électriques intelligents engendrent de nouveaux besoins en formation © Fotolia Dans le cadre du Plan national d’adaptation des métiers et emplois à la transition vers une économie verte, des travaux prospectifs sur les mutations des filières professionnelles ont été engagés.

Le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) a publié une étude sur la filière des Réseaux électriques intelligents (REI). L'objectif est de comprendre les transitions professionnelles induites par l'évolution du système électrique et d’identifier les nouveaux besoins en compétences et formation.

L'étude s'appuie sur les besoins exprimés par les professionnels de la filière et donne des préconisations. Son périmètre concerne le transport et la distribution d’électricité en amont du compteur tarifaire.

Les acteurs interviewés ont des difficultés à évaluer de manière précise l’impact du développement des REI sur les métiers de leur entreprise, ainsi que les besoins en compétences et en emplois qui en découlent. Ils estiment que les REI demandent la mise en œuvre de compétences appartenant à des champs différents : si le besoin de compétences dans le domaine des TIC s’accroît fortement, la nécessité de maîtriser les compétences en électrotechnique demeure.

Pour les équipementiers de la filière industrielle électrique, les besoins se concentrent essentiellement sur le niveau ingénieur. Pour les gestionnaires de transport, la dimension numérique est déjà fortement présente dans les métiers. Pour les gestionnaires de réseaux de distribution, les NTIC engendrent une évolution des activités qui concerne tous les niveaux de qualification. Dans un premier temps, ce sont les évolutions liées au déploiement du compteur communicant qui sont évoquées. La création d’emploi pour la production et la pose de ces compteurs est également soulignée.

Mais c’est la problématique de la gestion et du traitement des données qui apparaît centrale et sollicite de nouvelles compétences. L’utilisation de ces données va également faire évoluer les métiers de la maintenance, de l’exploitation et du développement du réseau. Pour ces entreprises, l’adaptation des compétences repose principalement sur la formation continue souvent réalisée en interne. Concernant la place des REI dans la formation initiale, les besoins évoqués concernent surtout le niveau ingénieur.

Plusieurs écoles et universités ont intégré dans leurs cursus des spécialisations mais les avis divergent sur cette offre de formation de niveau bac +5. L’ensemble des professionnels interrogés pointent l’absence de prise en compte des REI dans les cursus infra bac +5. Or, ces niveaux constituent la part importante des salariés des gestionnaires de réseaux. Le besoin de renforcer les compétences en électrotechnique est également signalé comme un préalable. La prise en charge de la formation par les entreprises expliquerait la faible présence des problématiques liées au fonctionnement du réseau électrique au sein des diplômes de formation initiale. Or, aujourd’hui, les professionnels demandent qu’une partie de cette formation soit prise en charge par l’Education nationale.

Téléchargez l'étude du Céreq

Emmanuelle Vignerot

Tags : économie verte | formations | transition écologique | transition énergétique | électricité