Les réfugiés s’insèrent plus difficilement que les autres détenteurs d’un titre de séjour

04 Septembre 2018

Les réfugiés s’insèrent plus difficilement que les autres détenteurs d’un titre de séjour © Fotolia Une étude de la Dares sur la situation des réfugiés sur le marché du travail montre que ces derniers ont un peu plus de difficultés à trouver un emploi que les autres titulaires d’un titre de séjour.

L’Enquête sur l’intégration des primo-arrivants « Elipa », menée auprès de personnes ayant obtenu un premier titre de séjour d’au moins un an, permet d’analyser leur situation sur le marché du travail. Elle est représentative des personnes signataires du Contrat d’accueil et d’intégration (CAI) en 2009.

Selon l’enquête de 2010, 13 % des immigrés ayant obtenu un premier titre de séjour d’au moins un an en 2009 sont des réfugiés. Les autres motifs d’obtention d’un titre de séjour sont principalement familiaux (72 %) ou liés au travail (9 %).

« Les réfugiés, c’est-à-dire les personnes qui ont obtenu une réponse positive à leur demande d’asile, diffèrent des autres immigrés dans la mesure où leur migration revêt un caractère forcé et où leur parcours administratif est plus long et plus complexe », précise la Dares.

Caractéristiques des réfugiés

Les trois quarts des réfugiés viennent, en 2009, soit de l’Afrique hors Maghreb, soit d’Asie. Ils sont un peu plus fréquemment des hommes (58 %) que les détenteurs d’un titre de séjour familial. Ils ont en moyenne 32 ans. La plupart d’entre eux exerçaient une activité professionnelle avant de quitter leur pays d’origine (70 %). 57 % des personnes ayant obtenu un titre de séjour de réfugié étaient arrivées en France depuis moins de deux ans, c’est-à-dire au cours des années 2007-2009.

Connaissance du français

Les réfugiés se distinguent plus particulièrement des autres nouveaux détenteurs par un niveau de connaissance de la langue française moins élevé : 36,1 % d’entre eux ont un niveau de français fluide et 36 % ont un niveau de français faible comparé aux détenteurs d’un titre de séjour pour raisons familiales et aux personnes ont obtenu un titre de séjour « salarié ». Une des raisons est qu’en moyenne, la durée de séjour en France des nouveaux réfugiés au moment de l’enquête est ainsi de 2,6 années. L’origine géographique explique aussi, pour partie, le nombre relativement important de réfugiés ayant un niveau faible de français.

Marché du travail

Les réfugiés peuvent être confrontés à des difficultés particulières. Beaucoup d’entre eux n’ont pas choisi leur destination d’accueil et leurs réseaux de sociabilité sont généralement moins développés que ceux des autres détenteurs d’un titre de séjour. Les courtes durées de séjour réduisent fortement les chances d’être en emploi pour les hommes comme pour les femmes ; les situations familiales aussi (pour les femmes). Le diplôme atteint dans le pays d’origine n’a pas d’effet non plus sur l’emploi.

Les réfugiés ont souvent obtenu leur emploi par les institutions (Pôle emploi notamment) plutôt qu’en répondant à des annonces ou en faisant des candidatures spontanées. Ils expriment aussi un sentiment de déclassement plus élevé que les autres détenteurs d’un titre de séjour. Ils travaillent, en effet, plus souvent que les autres détenteurs d’un titre de séjour en tant qu’ouvriers ou employés.

Télécharger Dares Analyses, n°037 (août 2018)

Emmanuelle Vignerot

 

Tags : refugiés | contrat d'intégration républicaine | marché du travail | primo arrivants