Les impacts du numérique sur les métiers du secteur alimentaire

23 Avril 2019

© Pixabay Dans le cadre de la journée Digit’alim, les résultats marquants de l’étude menée par les Observatoires du secteur alimentaire sur l’impact de la transition numérique sur les métiers et les compétences du secteur ont été présentés.

Cette restitution a réuni autour de deux tables rondes des experts et des professionnels du secteur alimentaire, pour échanger sur les facteurs de transformation au sein des entreprises, les défis et les enjeux pour la filière.

Les facteurs de digitalisation de la filière sont de différents ordres. Il s’agit pour les entreprises de relever, entre autres, le défi de la traçabilité et de la productivité. Interrogées sur les activités pour lesquelles elles ont des projets numériques, 71 % des entreprises ont mentionné la production et la maintenance. L’amélioration de la performance est le premier objectif cité (à 85 %). En effet, le secteur alimentaire est au cœur des grands défis planétaires. En 2050 ce seront 9,5 milliards d’humains qu’il faudra nourrir, selon un modèle économique et écologique durable. 70 % de production supplémentaire est à prévoir à cette échéance. Pour répondre à un volume de produits toujours plus important, les entreprises de l’alimentaire priorisent l’automatisation de leurs lignes de production.

Par ailleurs, deux tendances majeures et convergentes, nées avec Internet, irriguent le numérique dans les entreprises alimentaires : la dématérialisation massive d’un grand nombre de données et d’activités et la généralisation des interconnexions. Ces données sont source d’opportunités stratégiques pour les entreprises notamment pour améliorer la relation client, proposer des services adaptés et communiquer de façon plus ciblée afin de s’adapter aux nouveaux modes de consommation : besoin de « rassurance », intérêt pour les produits locaux (recherche d’une alimentation saine et durable en utilisant le moins de ressources et d’énergie possibles, en privilégiant les circuits courts, etc.) mais aussi développement des produits sans gluten, vegan, etc., afin de répondre aux attentes spécifiques des consommateurs. On passe ainsi d’une logique de production de masse à une logique d’offre de produits et services personnalisés.

Dans ce contexte, le rôle d’OCAPIAT (Opco de la filière) est notamment d’accompagner les entreprises dans l’acquisition de nouveaux outils (plateforme d’E-learning, application de co-voiturage, etc.) et le développement de nouvelles fonctions liées au digital (E-shop manager, data scientist, etc.).

La transition digitale passe par une transformation culturelle (importance du droit à l’erreur/« test and learn »), organisationnelle (télétravail, transversalité car travail en mode projet, etc.) et par la nécessité de travailler en réseau (logique de co-construction, une communication étape par étape pour éviter un contexte anxiogène, etc.).

Il n’y a pas de disparition de métiers mais bien une évolution des métiers avec de nouvelles connaissances ou capacités à développer, à l’instar du livreur de lait qui aujourd’hui est davantage responsabilisé sur son parcours car il doit gérer l’optimisation de son temps de trajet en utilisant les données GPS. Comme indiqué en conclusion de cette matinée : « le digital, c’est l’affaire de tous ».
 
Faïssa Moustapha et Aurélia Vittori

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