Les diplômés du supérieur de plus en plus nombreux parmi les professions intermédiaires des entreprises

16 Décembre 2020

Les diplômés du supérieur de plus en plus nombreux parmi les professions intermédiaires des entreprises © Fauxels (Pexels) Les professions intermédiaires des entreprises connaissent une élévation de leur niveau de diplôme, selon le Céreq. Une augmentation qui s’explique par une hausse générale du niveau d’éducation mais aussi par les transformations des métiers exercés.

Les professions intermédiaires, situées par l’Insee entre les cadres et les ouvriers ou employés, représentent 26 % de l’emploi total. Parmi elles, les professions intermédiaires des entreprises (PIE) - agents de maîtrise, techniciens, commerciaux, administratifs et gestionnaires -, rassemblent un salarié sur six, soit 4,5 millions d’emplois. En 25 ans, la part des diplômés du supérieur y a doublé, pour atteindre 48,5 % en 2017.

Dès les années 60, la création des BTS et des DUT avait contribué à l’élévation du niveau de diplôme dans cette population. Puis l’apparition des licences professionnelles en 1999 a fait augmenter la part des jeunes titulaires d’un diplôme supérieur ou égal à la licence. L’installation de ces licences professionnelles a étendu au niveau bac +3 l’offre de diplômes professionnels ciblés sur les professions intermédiaires, incitant les titulaires de DUT et de BTS à poursuivre leurs études.

Tertiarisation et féminisation des emplois

Si ce développement d’offres de certifications plus longues fait écho au mouvement général de hausse des niveaux d’éducation depuis les années 60, il ne suffit pas, seul, à expliquer l’augmentation du niveau d’études des professions intermédiaires d’entreprises. Ainsi, la tertiarisation de l’économie et la féminisation des métiers sont aussi des facteurs à prendre en compte. En 25 ans, les professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises (PIACE) ont connu une forte augmentation (61 %), tout comme les techniciens (59 %) compensant le déclin du reste de l’emploi industriel.

Cette tertiarisation se traduit par une féminisation des métiers. Les femmes représentaient 48 % des PIACE en 1994, et 57,2% en 2017. Leur part a aussi augmenté chez les techniciens et les agents de maîtrise, pour atteindre 14,4 % et 14,3 % en 2017. En outre, la part des jeunes (moins de 30 ans) dans ces professions intermédiaires est restée stable (19,3 % en 2017), quand elle baissait sur l’ensemble des salariés (de 25 % à 19,7 % entre 1994 et 2017). Or, les jeunes étant plus diplômés que les seniors et les femmes plus diplômées et plus nombreuses dans les services que les hommes, cela contribue à expliquer l’élévation des niveaux de diplôme.

Complexification des métiers

Par ailleurs, les métiers demandent désormais plus de polyvalence. Certains nécessitent à la fois des compétences techniques, managériales, administratives, commerciales et gestionnaires. La position d’interface de ces professions dans les organisations, entre management et opérateur, requiert des qualités professionnelles spécifiques. Cette complexification touche à la fois les compétences-métier, qui évoluent en fonction de la transformation du travail, et les compétences transversales nécessaires pour évoluer dans l’entreprise.

Les entreprises ont aussi tendance à recruter des jeunes plus diplômés. En interne, elles mettent en place des parcours diplômants ou certifiants pour faire progresser des ouvriers ou employés (titulaires d’un BTS ou d’un DUT) vers des postes intermédiaires. En externe, le recrutement de jeunes débutants se fait désormais majoritairement au niveau de la licence professionnelle alors que théoriquement l’accès à ces professions se situe à bac+2. Les entreprises s’assurent ainsi des compétences transversales du candidat en préférant former en interne pour l’acquisition des compétences-métier.

Pour en savoir plus :
L’étude du Cereq.
Les professions intermédiaires des entreprises.
Diplômes et insertion sur le marché du travail

Sarah Nafti (Centre inffo pour Défi métiers)

Tags : diplôme | qualification | salariés | entreprises