Les demandeurs d’emploi les moins formés peinent encore à accéder à la formation

14 Décembre 2021

© Fotolia Un bilan du plan d’investissement dans les compétences (Pic) a été l’occasion d’un débat organisé par l’Association des journalistes d’information sociale (Ajis) le 8 décembre. Premier épisode d’une série d’articles consacrée à la formation des chômeurs.

Les demandeurs d’emploi sont-ils suffisamment formés pour retrouver un emploi ? Audrey Pérocheau, directrice du développement des compétences à Pôle emploi, Joël Dessaint, bénévole chargé du plaidoyer à l’association Solidarités nouvelles face au chômage, et David Margueritte, vice-président en charge de l’emploi, de la formation, de l’orientation et de l’apprentissage à la région Normandie, ont répondu à cette question lors d’une matinée d’échange de l’Association des journalistes d’information sociale, mercredi 8 décembre.

1 demandeur d’emploi sur 6 est formé

« Avec le Pic, 1 demandeur d’emploi sur 6 est aujourd’hui formé contre 1 sur 10 auparavant, a indiqué Audrey Pérocheau. Le taux de demandeurs d’emploi de plus de un an bénéficiaires de formation est ainsi passé de 8 % à 11 % entre 2018 et 2020, en augmentation de 47 %. L’objectif de 50 % de taux d’accès reste celui que nous visons, la démarche est en cours, la mobilisation est intense : nous voulons faire plus pour ceux qui en ont le plus besoin ».

« Le Pic est un plan de très grande ampleur, ciblés sur les plus éloignés de l’emploi, a reconnu Joël Dessaint. C’est un succès quantitatif en 2019, hélas ralenti en 2020 par la crise Covid ». Néanmoins, a -t-il poursuivi, « 11 %, cela reste très en retrait par rapport au souhait de formation exprimé par 50 % des demandeurs d’emploi. C’est d’autant plus dommage que la formation est utile : le taux de retour à l’emploi augmente de 10 points pour les formés. Les moins formés peinent encore à accéder à la formation, des efforts qualitatifs sont à faire ».

Insuffisance du CEP

Un des problèmes, selon lui, concerne « la phase d’information/orientation des personnes, une phase nécessaire mais complexe de diagnostic et de construction de projet. Le conseil en évolution professionnelle est censé répondre à cela mais il n’est pas à la hauteur des ambitions ».

« Le Pic vise une formation de qualité et une transformation longue des pratiques, a reconnu David Margueritte. Il a beaucoup aidé à faire travailler ensemble les régions avec Pôle Emploi. Dans notre région de Normandie, le PIC ne passe pas à coté de ses objectifs ».

Les régions réclament le pilotage

Néanmoins, ajoute-t-il, « les régions continuent à demander le pilotage des acteurs du service public de l’emploi. La multiplication des acteurs ne peut durer. La ministre du Travail avait dit que le transfert serait fait. Mais le gouvernement n’est pas allé au bout. France compétences n’est pas une structure quadripartite et est moribonde. Il faut recréer une vraie structure d’échange et de décision ».

Et David Margueritte d’alerter sur l’avenir du CPF : « Quatre régions abondent le CPF -Occitanie, Hauts de France Bourgogne Franche Comté et Pays de la Loire-, et beaucoup de demandeurs d’emploi ont actionné leur CPF autonome pour se former en 2020. Mais le système devient hors de contrôle financier : cela va s’arrêter, on ne peut continuer le dérapage qui se chiffre en milliards ».

Laurent Gérard (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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