Les conditions de mise en place d'une Afest (matinée débat)

02 Décembre 2019

© Fotolia La mise en place d'une Action de formation en situation de travail (Afest) se réalise sous certaines réserves. Elles ont été évoquées dans le cadre d’une matinée organisée par la Direccte Ile-de-France.

Après un rappel de l’Aract (Agence régionale de l’amélioration des conditions de travail) sur le cadre réglementaire dans lequel s’inscrit l’Afest, plusieurs questions sont abordées par les intervenants ayant contribué à son expérimentation en 2018.

Insistant sur la situation de travail « qui doit être réelle mais aménagée, avec des phases réflexives notamment », et rappelant que « tous les apprentissages ne requièrent pas une situation de travail », l’Afest doit être envisagée sous certaines réserves précise l’Aract : l’offre de formation n’existe pas sous une autre forme (par exemple, métiers rares) ; elle apparaît mal ajustée pour certains salariés en raison de leur situation professionnelle (horaires atypiques, temps partiel, multi-employeurs, etc.) ou de leur rapport à la formation (personnes réfractaires aux modèles de formation classiques notamment) ou encore sa qualité est jugée insuffisante par l’employeur.

De plus, la plus-value de l’Afest doit être évidente pour l’organisation et l’apprenant. Des exemples sont présentés pour les assistances dentaire et les assistantes de vie. Enfin, l’Afest doit être réalisable au regard des contraintes de la production (organisée par exemple à des moments propices) et au regard de la culture de l’entreprise. En effet, « c’est un gros investissement en temps et en réflexion au départ, dont le retour s’exprime par la suite en termes de compétences ».

Plusieurs points sont débattus : comment les financeurs peuvent-ils considérer les erreurs et les évènements incidents, sources d’apprentissage, mais imprévisibles par nature ? Les situations formatives et de production doivent être bien distinguées car les financeurs ont une peur « viscérale » de financer le travail au lieu de financer la formation. Le représentant d’Uniformation a précisé les preuves à produire pour le financement à savoir : un « Protocole de parcours individuel », un certificat de réalisation de l’action et un bulletin de paye de l’accompagnateur/tuteur.

L’articulation Afest et VAE (Validation des acquis de l’expérience) est jugée évidente car, dans les deux cas, la personne a obtenu reconnaissance de sa capacité de faire. En revanche, si « l’Afest évalue des compétences (observables en situation) », comment s’articule-t-elle avec d’autres formes de formation qui (ne) visent (que) des capacités que la personne mobilisera ou pas dans les situations professionnelles rencontrées ?

L’avenir dira comment l’Afest se met en place sur le terrain et quelles limites elle rencontre éventuellement. Une chose est déjà sûre : elle donne l’occasion d’interroger et de débattre sur les pratiques professionnelles au sein de l’organisation.

Françoise Lemaire

 

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