L’économie circulaire : un catalyseur d’inclusion dans les territoires ?

08 Octobre 2019

L’économie circulaire : un catalyseur d’inclusion dans les territoires ? © Défi métiers Comment faire de l’économie circulaire un catalyseur d’inclusion dans les territoires ? Cette question était au coeur du colloque qui s’est tenu le 30 septembre à l’Assemblée nationale.

Organisé par le Think thank « #leplusimportant », ce colloque a rassemblé plus de 200 experts et 22 intervenants issus des institutions publiques, partenaires sociaux, acteurs de l’économie circulaire et acteurs économiques “classiques”. La secrétaire d’Etat Brune Poirson est également intervenue, alors que son projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire vient d’être adopté au Sénat.

L’économie circulaire, définie par les intervenants comme regroupant les activités de tri, recyclage, et réparation mais aussi celle de l’éco-conception et d’innovation, constitue un potentiel de création d’emplois et de dynamisation économique de territoires dont les espaces ruraux.

Mais pour être efficace en termes écologiques, cette économie doit se développer en circuit court donc à proximité des lieux de consommation. Le maillage de structure telles que les communautés Emmaüs ou le réseau Envie sont autant d’exemples de potentiel d’inclusion que portent ces activités. Le groupe Paprec, installé à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, en est un autre exemple avec un développement qui a permis à cette entreprise familiale de passer de 45 salariés en 1995 à 8 000 aujourd’hui sur différents sites. Implantée sur un territoire où les actifs peu qualifiés sont très nombreux, cette entreprise a contribué au développement du dynamisme économique de celui-ci.

Le développement de ces activités repose aussi sur l’importance de la demande, qu’elle soit portée par des individus, des collectivités ou des entreprises. Ainsi, l’activité de sensibilisation de ces acteurs pour qu’ils portent cette demande de service relève aussi de l’économie circulaire et permet d’élargir la diversité des niveaux de qualifications à laquelle celle-ci fait appel.

De même, la démarche d’éco-conception s'appuie souvent sur des actifs hautement qualifiés. En effet, la réparation, la réutilisation ou le recyclage des matières, nécessite une prise en compte dès la conception du produit. Par exemple, le démontage et la possibilité de changer une pièce sans avoir à recourir à l’achat d’un produit neuf exigent que ces éléments soient pris en compte dès la conception, puis la production de l’objet. Ainsi, le remplacement de la colle par un système d’emboitement réversible ou la pose d’une vis rend possible le changement de la pièce par la suite.

Ces activités non-délocalisables constituent bien un catalyseur d’inclusion dans et des territoires dans un espace économique souvent approché à l’échelle d’un pays, d’un continent ou de la planète. Les Carif-Oref, du fait de leur ancrage régional et territorial, sont donc potentiellement au cœur du suivi du développement de ces activités et de leur impact tant en termes de création d’emplois que d'insertion effective des actifs employés. Ils sont aussi en mesure d’identifier la nécessité éventuelle d’orienter vers ces métiers comme de proposer des solutions formatives à ces personnes.

Catherine Gwet et Agnès Goubin

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