Le Synofdes appelle à un effort conjugué pour moderniser l’appareil de formation

24 Septembre 2020

Le Synofdes appelle à un effort conjugué pour moderniser l’appareil de formation © Centre inffo Le Syndicat national des organismes de formation (Synofdès) prend acte du « volontarisme de l’État pour engager collectivement une véritable transformation de la formation professionnelle » inscrite dans le plan de relance.

Michel Clézio, président de l’organisation, participe au groupe de travail ministériel. Il a indiqué au Quotidien de la formation en apprécier la méthode, la concertation des acteurs du secteur et la volonté de coconstruction. Sans dédouaner quiconque : « Le volontarisme de l’État doit se traduire dans la mobilisation conjuguée de l’ensemble des acteurs. Que ce soit en direction de l’équipement des apprenants comme des organismes de formation, en matière de conception du distanciel et de formation des salariés, tout cela relève d’un effort conjugué. »

Le secteur de la formation est, comme d’autres, impacté par les mutations technologiques (digitalisation, multimodalités…) et par les effets de la crise. Le Synofdes attire l’attention sur la nécessité « d’un soutien exceptionnel pour conforter sa transition ». Michel Clézio évoque la formation des formateurs, qui relève de la responsabilité des employeurs. « On peut penser également qu’il y aura des plans spécifiques portés par les Opco, en partenariat avec les Régions, et qui permettent de dégager des priorités et des lignes budgétaires spécifiques », espère-t-il.

Modèle économique à adapter

La « modernisation de l’appareil de production ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion sur le modèle économique de l’offre de formation », précise Michel Clézio. « Les organismes de formation rencontrent des difficultés financières aujourd’hui du fait de la crise » et le Synofdes porte des préconisations quant à la modalité des prises en charge des grands financeurs publics : « Le financement à l’heure-stagiaire est en décalage avec la mise en œuvre de parcours intégrant des diversités d’apprentissage (séquences distancielles, accompagnement, formation en situation de travail, …) », note Michel Clézio, qui appelle à « des adaptations qui doivent relever d’une responsabilité partagée de tous les acteurs ».

Le Synofdes souhaite que « la France se dote d’un espace national d’observation et de recherche-innovation afin de mieux partager les pratiques, nous emparer des évolutions des sciences cognitives, des technologies et des initiatives des acteurs en territoire et surtout pour mieux orienter les plans d’investissement menés et prévus ».

Enfin, Michel Clézio exprime quelques regrets : « Que l’encouragement à la mobilité professionnelle des salariés ne soit pas considéré comme un facteur de fluidité du marché du travail et donc de baisse structurelle du chômage. » Il considère également que l’assouplissement prévu pour la Pro-A est loin d’être suffisant, « la dotation supplémentaire prévue pour Transitions Pro amenant ce budget à moins de 50% de ce qui était consacré à ce titre avant 2018. On rate là un facteur d’agilité de notre société et d’adaptation de l’offre de formation à l’évolution de la demande d’emploi notamment vers les métiers émergents », estime-t-il.

Christelle Destombes (Centre inffo pour Défi métiers)

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