Le RNCP, un outil sous-utilisé par les acteurs de l’orientation

03 Mai 2017

Le RNCP, un outil sous-utilisé par les acteurs de l’orientation © Fotolia Une étude de BVA pour le gouvernement analyse les usages du Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) par les acteurs de l’orientation scolaire et professionnelle.

Le RNCP est un outil jugé par tous incontournable, mais sous-utilisé et méconnu : c’est l’une des principales conclusions d’une étude qualitative de l’institut BVA réalisée pour le Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique. Basé sur une série d’entretiens réalisés en mai et avril 2016, ce travail interroge les usages, mais aussi les attentes des acteurs de l’orientation vis-à-vis du RNCP.

L'importance accordée à la certification varie

Parmi les professionnels de l’orientation interrogés, les conseillers de l’Onisep et de Pôle emploi apparaissent les mieux informés et sensibilisés au sujet de la certification et par conséquence aux usages du RNCP. L’intérêt pour le répertoire est en revanche plus en retrait chez les conseillers des Missions locales et de l’Apec, pour qui les certifications se révèlent plus secondaires dans l’accompagnement de leurs publics.

Cette situation pourrait néanmoins changer avec le cadre législatif de 2014 sur la Validation des acquis de l’expérience (VAE), le Compte personnel de formation (CPF) et le Conseil en évolution professionnelle (CEP).

Les outils « maison » préférés au RNCP

Reste que l’ensemble des acteurs de l’orientation interrogés privilégient l'usage les outils internes à leur structure, aux côtés de référentiels spécifiques (référentiels métiers des branches professionnelles par exemple) ou d’outils à dimension régionale (moteur de recherche des Carif-Oref, etc.).

Le RNCP, considéré comme une « Bible » ou un « dictionnaire », est davantage utilisé en seconde intention. Les acteurs de l’orientation reconnaissent en effet son caractère indispensable mais l’identifient avant tout comme un outil de cadrage, d’information et de contrôle. Le répertoire des certifications permet ainsi de « vérifier des informations » ou « d’approfondir des recherches », mais uniquement lorsque l’on sait « précisément quoi chercher ».

Un outil peu intuitif

Le RNCP, accessible à tous sur internet, est en effet perçu comme un outil réservé à un public professionnel et expert. En cause notamment, un moteur de recherche jugé peu intuitif et qui rend toute recherche d’information au sein du répertoire « complexe ».

Diverses réponses pourraient être apportées à cette « nécessité impérieuse de fluidifier la recherche » estiment les auteurs de l’étude, comme des mécanismes d’auto-complétion ou de saisie automatique, davantage d’ouverture sur les mots-clés ou l’ajout d’une possibilité de régionalisation de la recherche.

Sur la conception globale des fiches, les acteurs de l’orientation déplorent un manque d’homogénéité (niveaux d'information au sein des rubriques qui diffèrent). Ils font également part d’un souhait de présentation des fiches par « blocs de compétences » et de renforcement des liens hypertextes qui renverraient à d’autres référentiels ou aux sites d’autres institutions.

Consulter l’étude BVA-SGMAP

Raphaëlle Pienne

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