Le replay de la rencontre « L’accessibilité des formations pour les "dys", les ressources à mobiliser en Ile-de-France » est disponible ! 

15 Décembre 2022

© Adobe Stock Défi métiers a organisé un évènement dans le cadre de la SEEPH pour mettre à l’honneur les professionnels de l’accompagnement des personnes présentant des troubles dys, mobilisables par les centres de formation.  

Défi métiers, le Carif-Oref francilien, a organisé une rencontre en distanciel dans le cadre de la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées (SEEPH) avec pour objectif de présenter les ressources existantes en Ile-de-France pour compenser les conséquences des troubles de l’apprentissage et du langage en formation. Cet évènement a réuni 66 participants.

Les troubles dys se manifestent notamment à l'écrit par des tournures de phrases mal formulées, des mots qui manquent, une orthographe et une ponctuation aléatoires ; une désorganisation dans la planification ou le contenu d’une production écrite et orale ; par des difficultés à la prise de notes, etc.

Les trois intervenants ont proposé des solutions de compensation permettant d’éviter les risques de rupture des parcours de formation : l’utilisation du numérique, l'accompagnement médico-psycho-social et l’aménagement des examens. 

L’utilisation du numérique

« Pour les Dys, les outils d'accessibilité numérique permettent d'offrir un bien-être numérique, de réduire la surcharge mentale de la digitalisation et d'être autonome dans les réponses apportées à ses besoins de compensation. » Cindy Lhermite, entrepreneuse dys et fondatrice de Level up Tech Consulting, spécialisée dans les solutions technologiques pour les personnes rencontrant des difficultés d’apprentissage, recommande aux personnes en situation de handicap de se familiariser avec le numérique pour réduire la fatigabilité induite par le déficit de concentration et de mémorisation et d’être acteur de leur compensation. Elle livre ses propres solutions : travailler en double écran pour éviter de switcher entre plusieurs onglets ou fenêtres ; trouver une organisation et une méthodologie de travail en utilisant les outils collaboratifs et ses propres outils individuels ; utiliser la dictée vocale, le retour vocal ou la présélection des mots ; privilégier les raccourcis personnalisés ; faciliter la prise de note et la recherche connectées, etc.

A l’attention des centres de formation présents dans la salle, elle préconise d’adapter l'environnement de formation :  créer un climat de confiance ; analyser le poste de travail dans les contraintes réelles ; faciliter l’accès aux prises, à l’imprimante ; offrir la possibilité de travailler seul ou à plusieurs ; proposer des micros-pauses lors d’efforts intensifs ; utiliser des outils accessibles pour tous en privilégiant des plateformes pour des cours en ligne adaptées pour les personnes « dys » qui sont non stigmatisants (éviter la stigmatisation par l'utilisation d'un matériel différent), etc.

L’accompagnement médico-psycho-social 

Elsa Hervo et Jonathan Joanny, neuropsychologues à l’ESRP de l’EPNAK à Soisy-sur-Seine ont présenté deux dispositifs permettant de bénéficier d’un accompagnent médico-psycho-social : le dispositif Odyssée qui intervient en amont ou à l’issue d’une formation de droit commun et le dispositif d’accompagnement hors-les-murs qui peut être mobilisé en cours de formation. 

Le dispositif oDYSsée est un accompagnement à l’élaboration du projet professionnel qui présente des incertitudes sur sa faisabilité. Il s’adresse aux personnes « dys » et plus largement à celles présentant des troubles cognitifs. L’objectif est d’en apprendre davantage sur le fonctionnement cognitif et la santé mentale de la personne pour préconiser des aménagements aux examens, adapter les parcours de formation et orienter vers un projet professionnel réaliste avec l’appui d’une équipe pluridisciplinaire : un neuropsychologue, un chargé d’insertion et des professionnels paramédicaux.  

L’accompagnement hors-les-murs s’adresse à toutes personnes quel que soit le handicap. Il s’agit d’accompagner un projet de formation de droit commun tout en bénéficiant d’un accompagnement médico-psycho-social pour soutenir les apprentissages. Il se traduit, par exemple, par des préconisations relatives au choix du matériel adapté pour les personnes avec un trouble moteur, un soutien psychologique à distance ou en présentiel, des aménagements cognitifs spécifiques aussi bien pour le stagiaire en formation que pour le référent handicap, les équipes pédagogiques et administratives du centre de formation, des recommandations pour les stages en entreprises.  

L’aménagements des examens 

Pascal Clarke, professeur associé au Cnam, a témoigné de l’enjeu que représente les aménagements des examens et notamment sur les alternatives à trouver à la production d’un écrit pour une personne « dys ». En d’autres termes, en cas d’aménagement des épreuves, la remise d’une production numérique est-elle équitable par rapport à la production du mémoire écrit demandé aux autres auditeurs ? Pose-t-elle un risque de remise en cause de la validité du diplôme ? 

La question de ce qui doit être véritablement validé lors des examens doit être pensé le plus en amont possible avec toutes les parties prenantes concernées : l’auditeur, l’équipe pédagogique, les professionnels du secteur médico-social qui préconisent les aménagements, le tuteur qui accompagne l’élaboration du mémoire et le jury. 

Il convient également de communiquer le plus en amont possible sur les conditions d’accès à la formation : les modalités d’inscription, les étapes du parcours de formation, les modalités d’évaluation pour que la personne elle-même puisse se projeter sur ses capacités à réaliser la formation et mieux identifier les aménagements qui seraient le cas échéant nécessaires.

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Pauline Baumgartner

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