Le Premier ministre répond à la Cour des comptes et défend sa stratégie de lutte contre l’illettrisme

17 Février 2022

© Fotolia En réponse aux critiques formulées par la Cour des comptes sur l’action de l’ANLCI, le Premier ministre Jean Castex défend la stratégie du gouvernement en matière d’illettrisme et les orientations prises en 2019.

Le Premier ministre a répondu le 8 février à la Cour des comptes, qui dans un référé du 3 décembre questionnait l’action de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (ANLCI). La Cour contestait non pas « la gestion financière et comptable » de l’agence, mais « son approche restrictive et datée du phénomène de l’illettrisme », excluant « les allophones » et « les analphabètes ». Elle recommandait de favoriser « l’accès de tous aux compétences de base », sans se limiter aux personnes ayant été scolarisées en France.

Définition de l’illettrisme

Rappelant que la définition de l’illettrisme a été « modernisée » afin d’intégrer l’illectronisme et le calcul, le Premier ministre estime que « l’ensemble des publics est bien pris en compte » par les actions de l’agence. Et rappelle que son objet, réaffirmé en 2019, est bien de traiter la problématique spécifique de l’illettrisme, à distinguer des actions d’apprentissage du français visant des migrants allophones.

Approche spécifique

« Il redit qu’on ne peut pas agir efficacement si on mélange tous les problèmes, car les approches pédagogiques sont très différentes, explique Hervé Fernandez, directeur de l’ANLCI. Mais notre action n’exclut personne. Tout ce qu’on fait pour sensibiliser les entreprises et les branches professionnelles au problème de l’illettrisme profite à tous les travailleurs, y compris ceux qui n’ont pas été scolarisés en France », précise-t-il.

Les magistrats de la rue Cambon reprochaient également une politique très centrée sur « les publics en situation d’emploi ». En réponse, Jean Castex donne des exemples d’actions menées en direction des bénéficiaires du revenu social d’activité (en Auvergne-Rhône-Alpes), de personnes en situation de handicap (dans le Grand-Est) et de personnes cumulant les difficultés (en Martinique).

Cartographies en cours

La Cour pointait « l’absence de données actualisées » sur l’illettrisme. « L’enquête de l’Insee lancée cette année à notre demande permettra justement d’avoir des données fines sur la réalité dans les territoires et les régions d’outre-mer », explique Hervé Fernandez. Ces données alimenteront les cartographies que l’ANLCI a déjà entrepris de réaliser.

La Cour regrettait enfin le manque de coordination sur les territoires, et le manque d’évaluation globale de son action. Le directeur rappelle que « la présence de l’ANLCI sur les territoires a été renforcée par le recrutement de 18 chargés de mission régionaux ». Le Premier ministre estime quant à lui que l’évaluation est bel et bien réalisée « par le ministère de tutelle », et par un comité dédié.

« Finalement, le premier ministre estime que les trois préconisations de la cour des comptes sont déjà satisfaites », résume avec soulagement Hervé Fernandez.

Mariette Kammerer (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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