Le nouveau programme Erasmus + s’ouvrira davantage à la formation professionnelle

14 Novembre 2019

© Fotolia Le nouveau programme Erasmus + s’étalera de 2021 à 2027. Parmi les objectifs : développer la mobilité des apprenants de la formation professionnelle, des apprentis, voire des apprenants adultes.

Ces points, actuellement discutés au Parlement européen, ont été évoqués lors de la conférence organisée par l’agence Erasmus + France / Education Formation, et dédiée au « Futur Programme Erasmus + », qui se tenait les 7 et 8 novembre à Dijon.

Plus de mobilités, plus longues

« Nous visons une plus grande inclusion, et une plus grande démocratisation du programme », a affirmé Laurence Farreng, députée européenne, et rapporteure pour son groupe (Renew Europe) des négociations du nouvel Erasmus +. Pour rappel, ce programme permet la mobilité au sein et hors de l’Union européenne des acteurs de l’enseignement scolaire, de l’enseignement supérieur, ou encore de la formation professionnelle. Mais dans ce dernier domaine, « les mobilités restent peu développées », souligne Laurence Farreng. Sur les 85 000 échanges organisés par l’agence Erasmus + France en 2018, à peine 26 000 concernaient des acteurs de la formation professionnelle (lycéens professionnels, alternants, stagiaires, enseignants et formateurs), contre près de 50 000 dans l’enseignement supérieur. « Pour aller vers de vrais programmes éducatifs, des mobilités plus longues sont nécessaires », a également ajouté la députée, qui rappelle que ces séjours dépassent rarement 15 jours.

L’une des ambitions du nouveau programme Erasmus + est donc de s’ouvrir davantage à la formation professionnelle, y compris aux adultes apprenants. « Mais rien n’est décidé », tempère Laurence Farreng, qui défend notamment, avec son groupe, la création d’un réseau des organismes de formation européens. L’absence d’harmonisation des systèmes de formation des différents pays apparaît comme l’un des principaux freins au développement de ces mobilités. C’est pourtant « un enjeu de cohésion sociale », estime la députée européenne : « L’objectif est de faire profiter d’Erasmus + à tous les cursus, et donc à tous les milieux sociaux et géographiques. »

Erasmus + pour développer de nouvelles compétences

 Autre enjeu : permettre aux acteurs de la formation professionnelle d’acquérir de nouvelles compétences, culturelles, linguistiques, techniques… Forte de l’expérience de son pays, la directrice de l’Education du Conseil suédois pour l’enseignement supérieur, Angela Andersson, a noté les compétences « interprofessionnelles, de flexibilité, mais aussi les compétences de vie » que les apprenants de l’éducation professionnelle acquièrent lors de leurs expériences en Ouganda et en Tanzanie, dans le cadre de programmes mis en place depuis 20 ans en Suède. Pour Laurence Farreng, enfin, développer la mobilité des acteurs de la formation professionnelle vise à répondre aux transformations du marché de l’emploi, notamment en termes de transitions numérique et écologique.

Pour mettre en place ces objectifs ambitieux, la Commission européenne envisage de doubler, pour la période 2021 – 2027, le budget accordé à Erasmus +. Il atteignait 14,7 milliards d’euros entre 2014 et 2020.

Camille Jourdan (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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