Le groupe Suez recrute et forme des réfugiés

21 Mai 2019

© Fotolia Douze réfugiés politiques ont été recrutés en contrat de professionnalisation par le Groupe Suez. Objectif : leur faire valider le titre de conducteur poids-lourd, en lien avec l’Afpa et Opcalia.

Pour pourvoir des emplois sur des métiers en tension, le spécialiste de l’eau, de l’assainissement et de la valorisation des déchets a souhaité diversifier ses sources de recrutement : « En juillet 2018 nous avons organisé un job-dating dans le cadre du programme Hope [1], avec des candidats réfugiés politiques adressés par l’Afpa et l’Ofii [2], afin de leur proposer un emploi pérenne et une qualification », explique Laurent Guillaume Guerra, DRH du groupe Suez en France.

POEC et contrat de professionnalisation

Sur 30 à 40 candidats, Suez en a retenu 12. Ces derniers ont intégré en septembre 2018 une POEC (Préparation opérationnelle à l’emploi collective) de 400 heures avec l’Afpa, centrée sur l’apprentissage du français. Puis ils ont signé un contrat de professionnalisation avec Suez afin de valider le titre professionnel de conducteur poids-lourd. Les stagiaires bénéficient d’un double accompagnement socio-professionnel de l’Afpa et de Suez, notamment sur les aspects santé, logement. La « maison pour rebondir », entreprise d’insertion interne au groupe Suez, est chargée du pilotage opérationnel du projet.

Freins linguistiques

Malgré tout, l’obstacle linguistique a été un peu sous-estimé, selon le DRH: « Le niveau de langue a été bloquant pour obtenir le code de la route. Et sur 12 personnes, 10 ont dû repasser le permis B avant de passer le permis poids-lourd, car leur permis étranger n’était pas reconnu en France », rapporte Laurent Guillaume Guerra.

Abdelhamid et Walid, deux jeunes Soudanais d’une trentaine d’années, arrivés en France via la Libye et l’Italie sans parler un mot de Français, font partie des heureux élus : « J’ai dû travailler dur pour rattraper le niveau. C’est un parcours pas facile mais aujourd’hui je suis fier», dit Abdelhamid. Son collègue Walid a raté deux fois l’examen de conduite avant de le réussir. En stage pratique en binôme avec un chauffeur poids-lourd, il prépare le permis C. « Si à l’issue du parcours certains n’ont pas validé le titre professionnel, on les gardera en CDI et on les accompagnera jusqu’à la certification, assure le DRH, cette démarche d’intégration correspond aussi à une aspiration de nos salariés, c’est un facteur de cohésion interne ».

Bilan de Hope

Le programme Hope, mis en œuvre par l’Afpa, huit ex-Opca [3] et trois ministères (Travail, Intérieur, et Logement), mobilise 8 branches professionnelles et 150 entreprises. « L’intérêt est de partir des besoins des entreprises et de mettre en place des dispositifs sur-mesure », souligne Virginie Lasserre, cheffe du département demande d’asile au ministère de l’Intérieur.

Elle rappelle que le programme lancé en mai 2017 a bénéficié à 1 500 réfugiés sur 2017-2018, dont 70 % ont réussi leur certification de langue, 86 % leur certification professionnelle, pour 70 % d’entrées en emploi.

Mariette Kammerer (Centre Inffo pour Défi métiers)

Notes

[1] Hébergement, orientation, parcours vers l’emploi

[2] Office français de l’immigration et de l’intégration

[3] Afdas, Agefos PME, Constructys, Faf.TT, Forco, Opcalia, et Opcalim

Tags : refugiés | Afpa | HOPE | Opcalia | insertion professionnelle