Le gouvernement consacre 6,5 milliards d’euros à l’emploi des jeunes

28 Juillet 2020

Le gouvernement consacre 6,5 milliards d’euros à l’emploi des jeunes © Unsplash Le premier ministre a détaillé les mesures destinées à soutenir l’emploi des jeunes en cette période de crise. Avec le plan « un jeune, une solution », le gouvernement entend favoriser l’embauche des 16-25 ans et les préparer à des métiers d'avenir.

Le Premier ministre Jean Castex a précisé les contours et les objectifs du plan de soutien aux jeunes annoncé par le président de la République, le 14 juillet : en 2020 et 2021, 6,5 milliards d’euros seront mobilisés en faveur de l’emploi des 16-25 ans. Une enveloppe qui s’ajoute, selon lui, aux 3,5 milliards habituellement alloués par l’État aux questions d’emploi, de qualification et de formation de ces publics.

Aide à l’embauche de 4 000 euros

Pour inciter les entreprises à recruter malgré la crise, le gouvernement instaure un système de « compensation de charges » valable pour les contrats de travail des moins de 25 ans signés entre le 1er aout et le 31 janvier. Cette aide financière qui peut atteindre les 4 000 euros pendant un an concerne les contrats d’au moins trois mois rémunérés jusqu’à deux Smic.

Pour faciliter l’entrée des jeunes dans la vie professionnelle, le gouvernement mise aussi sur l’alternance. La prime à l’embauche d’un apprenti, annoncée début juin, a été étendue aux jeunes préparant un master ou un diplôme de niveau équivalent alors qu’elle était initialement prévue du CAP à la licence. Ces primes de 5 000 euros pour les jeunes de moins de 18 ans et de 8 000 euros pour les majeurs s’appliquent également aux contrats de professionnalisation jusqu’à la licence, mais une extension aux masters pourrait être envisagée. Ces mesures en faveur de l’alternance ont pour objectif l’embauche de 230 000 apprentis et de 100 000 jeunes en contrat de professionnalisation

200 000 formations vers des métiers d’avenir

Accompagner vers l’emploi passe aussi par un effort plus soutenu dans la formation avec pour objectif de préparer 200 000 jeunes à des métiers d’avenir. Dans le cadre du Pic, 100 000 formations qualifiantes ou pré-qualifiantes seront proposées aux jeunes de moins de 26 ans, centrées sur des métiers porteurs ou stratégiques : transition écologique, numérique, soin et santé et autres secteurs qui seront jugés prioritaires dans le cadre du plan de relance de l’économie. Ces parcours destinés à des jeunes sans qualification ou en situation d’échec seront visibles sur l’application « Mon compte formation ». C’est le cas aussi des parcours visant à développer les compétences digitales des jeunes, sujet sur lequel le gouvernement met l’accent avec des Pass numériques vers l’emploi (15 000 en deux ans) et 20 000 nouvelles formations proposées à partir 2021 par la Grande école du numérique.

Et pour encourager les jeunes à consacrer du temps au développement de leurs compétences, le gouvernement revalorisera la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle. Elle sera de 200 euros par mois pour les 16-18 ans, 500 euros pour les 18-25 ans.

300 000 parcours d’insertion

Sécuriser les parcours des jeunes éloignés de l’emploi fait aussi partie des priorités du gouvernement, dont l'ambition est de proposer 300 000 parcours d’insertion sur-mesure, en mobilisant plusieurs dispositifs existants – parcours emploi compétences, contrat initiative emploi, garantie jeune, etc. – avec une priorité donnée à la qualité de l’accompagnement.

Ce plan « un jeune, une solution » qui a fait l’objet de discussions avec les partenaires sociaux comporte une large palette d’outils qui doit permettre de répondre à une diversité de situations personnelles et de problématiques locales. Reste maintenant à déployer ces solutions sur le terrain. Des discussions sont programmées au ministère du Travail avec les acteurs concernés : service public de l’emploi, partenaires sociaux, associations de jeunes et d’apprentis, représentants des élus locaux, branches professionnelles, etc. Objectif : fixer les engagements de chacun et définir des plans d’actions adaptés aux besoins identifiés dans chaque territoire.

Estelle Durand (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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