L'agroalimentaire peine à recruter des cadres en production

12 Octobre 2016

L'agroalimentaire peine à recruter des cadres en production © Fotolia En 2016, l’Apec a étudié les difficultés de recrutement de cadres en production industrielle dans le secteur de l’agroalimentaire, présent principalement dans 4 régions : la Bretagne, les Pays-de-Loire, Rhône-Alpes et l’Ile-de-France.

Publiée en août 2016, la monographie de l’Apec consacrée à l’agroalimentaire fait le point sur les difficultés de recrutement du secteur, leurs causes et les solutions mises en oeuvre par les entreprises pour y remédier.

Le secteur des industries agroalimentaires se caractérise par une forte présence d’entreprises de petite taille, 76 % des entreprises du secteur étant des TPE et 22 % des PME.

Cependant un mouvement de concentration est en train de s’opérer par le rachat des plus petites entreprises par de plus grandes. Cette tendance génère une augmentation des besoins en management.

Malgré une perte de 25 000 postes entre 2005 et 2015, le secteur résiste mieux que l’ensemble de l’industrie et connaît une automatisation et une modernisation des processus et des méthodes.

Ces différents changements nécessitent du personnel de plus en plus qualifié. Aujourd’hui, les cadres et les chefs d’entreprise représentent 14 % des salariés du secteur, proportion en légère augmentation.

Des compétences techniques acquises plus tardivement

Les acteurs interrogés évoquent différentes causes pour expliquer ces difficultés de recrutement.

Tout d’abord, les écoles spécialisées peinent à recruter des jeunes pour suivre les formations. Ces tensions se répercutent par la suite sur les entreprises. L’agroalimentaire est en effet un secteur peu attractif, pour diverses raisons : fortes contraintes d’hygiène et de sécurité, salaires peu attractifs, manque de notoriété des entreprises et implantation des sites industriels en zone rurale.

De plus, les employeurs déplorent la formation trop généraliste des ingénieurs et le développement insuffisant de l’apprentissage dans les formations post-bac qui forment les futurs cadres.

D’autre part, les formations techniques spécialisées sont coûteuses et la réforme dite LMD (licence master doctorat) a décalé d’un an l’acquisition de compétences techniques. Auparavant, l’employeur recrutait un cadre après le BTS (bac +2); aujourd'hui, il le recrute après une licence professionnelle (bac +3).

Le recours fréquent aux cabinets de recrutement

Une des solutions les plus fréquemment utilisées par les entreprises du secteur est de recourir à un cabinet de recrutement afin de bénéficier de son expertise sectorielle et territoriale.

Le recours à la mobilité interne ascendante est communément utilisée avec mise en place de formations, tutorats et périodes d’observation.

Enfin, des partenariats avec des écoles spécialisées sont en train de se nouer afin de développer l’apprentissage pour permettre aux étudiants de mettre en pratique les savoirs théoriques acquis à l’école et donc de gagner en opérationnalité.

En savoir plus : Les études de l'emploi cadre 2016-38 (Apec)

Céline Desserre

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