La reconnaissance des compétences au cœur des projets de reconversion

25 Juin 2021

© Adobe Stock Détecter et valoriser les compétences pouvant être mobilisables dans l’exercice d’un nouveau métier est un enjeu stratégique à l’heure où les mutations du monde du travail s’accélèrent. Passage en revue d’outils au service des mobilités professionnelles.

En ces temps de fortes transformations qui accélèrent les reconversions professionnelles, disposer d’une cartographie des compétences par métiers s’avère crucial pour identifier des passerelles et faciliter les transitions. C’est l’un des apports de l’étude publiée en mai par France Stratégie et Pôle emploi. Elle met en lumière l’évolution des compétences techniques et transversales requises par métiers et leur évolution au cours des dernières années. Cet outil statistique permet ainsi de détecter les compétences transférables d’un métier à un autre, comme l’ont rappelé Frédéric Lainé, de Pôle emploi et Martin Rey, de France Stratégie, lors d’une table ronde de l’Université de printemps organisée par l’Association pour l’accompagnement et le développement des compétences (Adevcomp).

Reconnaître les compétences acquises

La reconnaissance des compétences acquises constitue un autre enjeu de taille pour fluidifier les transitions professionnelles. C’est une des missions de Défense mobilité, l’agence de reconversion du ministère des Armées. Pour faciliter les passerelles entre le monde militaire et le civil, ce service d’accompagnement valorise les compétences acquises au sein de la Défense en s’appuyant sur une large palette de certifications professionnelles déposées auprès de France compétences. [...] « Ces certifications, qui sont aussi utilisées dans une logique d’attractivité pour des métiers en tension au sein du ministère, sont accessibles après un parcours professionnalisant ou par la Validation des acquis de l’expérience (VAE) », explique Maud Laoubi, cheffe du service certification-VAE au sein de Défense mobilité.

La VAE, un levier peu utilisé

La VAE fait partie des outils à actionner pour évoluer dans son parcours. Mais sur le terrain, cette voie d’accès à la qualification reste peu empruntée, même si 80 % des actifs interrogés disent connaître le dispositif, selon le baromètre de l’emploi et de la formation réalisé par Centre Inffo. Pour Patrice Guézou, son directeur général, une des clés du développement du dispositif est son « appropriation par les entreprises » : « ce qui signifie l’insérer davantage dans l’ingénierie de l’emploi, des parcours professionnels et de la formation ». Une approche qui donne de bons résultats, confirme Yann Firmin-Herriou du cabinet de conseil LHH, qui observe des taux de réussite de l’ordre de 95 % pour la VAE collective contre 61 % en général. Cette différence s’explique par le fait que « l’information est partagée par l’ensemble des parties prenantes au sein de l’entreprise ». Le processus d’accompagnement et la préparation du passage devant le jury sont aussi déterminants, selon lui.

Les badges numériques pour favoriser l’insertion

Dans le domaine de la reconnaissance des compétences, de nouveaux outils émergent pour faciliter l’insertion des personnes peu qualifiées. En complément du certificat CléA portant sur les compétences de base, le réseau des Ateliers de pédagogie personnalisée (APP) mise par exemple sur les badges numériques. Une démarche progressive qui permet aux apprenants « d’identifier les compétences acquises dans toutes les situations vécues, y compris dans le champ personnel », explique Laurence Martin, directrice de l’association pour la promotion du label APP. Cette approche permet au réseau de proposer un parcours structuré autour de trois badges valorisant la motivation, l’autonomie et la capacité à mobiliser ses compétences dans différents contextes. Un parcours qui débouche sur une certification « apprenant agile ».

Estelle Durand (Centre Inffo pour Défi métiers)

Tags : compétences | transitions professionnelles | VAE | cléA | parcours de formation