La place des jeunes détenteurs du nouveau Baccalauréat professionnel sur le marché du travail

06 Août 2018

© Fotolia Le Céreq vient de publier une enquête sur les jeunes de la voie professionnelle rénovée entrant sur le marché du travail : bien que plus nombreux, les bacheliers professionnels conservent une place bien identifiée dans les organisations productives.

Parmi les sortants de l’enquête Génération 2013, se trouvent les premiers détenteurs du nouveau Baccalauréat professionnel (Bac pro) en trois ans, instauré par la réforme de la voie professionnelle intervenue en 2009.

Auparavant le Baccalauréat professionnel se préparait en quatre ans, soit deux années conduisant au Brevet d’études professionnelles (BEP), suivies de deux années menant au diplôme.

Avec la réforme de 2009, le BEP disparaît en tant que voie de formation et ne subsiste que comme diplôme intermédiaire délivré aux élèves qui atteignent la seconde année du Bac pro, ce dernier se préparant, à présent, comme les Baccalauréats généraux et technologiques, en trois ans à l’issue de la classe de troisième.

Une « dualisation » de la voie professionnelle

Ainsi la disparition de BEP conduit à un doublement des effectifs de Bac pro. 36 % des primo-sortants de formation initiale sont issus de l’enseignement secondaire professionnel. Le raccourcissement d’une année de formation produit mécaniquement un rajeunissement des cohortes.

En conséquence de cette réforme, de nouveaux clivages apparaissent au sein de l’enseignement professionnel secondaire.

La filière conduisant au niveau CAP accueille de plus en plus d’élèves issus de SEGPA (Section d’enseignement général et professionnel adapté).

A l’inverse, les entrants en seconde professionnelle (la première année du nouveau Bac pro) sont désormais issus de troisième générale ou technologique.

Le Céreq met en évidence cette « dualisation » de la voie professionnelle : le CAP devient donc l’horizon des collégiens les plus en difficulté à l’exception de ceux qui auront accès à l’emploi qualifié grâce à la formation par apprentissage.

L’entrée en emploi des jeunes

Les premières années de vie active ont été contrastées. En 2013, 46 % des sortants de l’enseignement professionnel secondaire ont connu une trajectoire d’accès durable à l’emploi et un jeune sur dix n’a pas pu se maintenir dans l’emploi occupé.

Au printemps 2016, six jeunes de la génération 2013 sur dix travaillent, un sur quatre recherche un emploi et un sur vingt est inactif.

Le niveau de formation constitue encore une fois un atout pour une meilleure insertion. Les jeunes préparant un Baccalauréat professionnel ont suivi des trajectoires plus favorables que celles des sortants de niveau V : 58 % d’entre eux connaissent une trajectoire d’accès durable ou progressif à l’emploi, contre 21 % qui se maintiennent aux marges de l’emploi et les sortants de CAP rencontrent eux plus de difficultés.

Cependant, en dépit d’un recul des emplois industriels, les jeunes formés dans ces spécialités, qu’ils soient bacheliers ou détenteurs d’un CAP, ont une meilleure trajectoire d’accès durable à l’emploi que leurs homologues issus de formation du tertiaire (bien souvent des jeunes femmes).

Pour en savoir plus, télécharger Céreq Bref n° 365

Céline Desserre

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