La Garantie jeunes a un impact positif et durable sur le taux d’emploi des bénéficiaires (Dares)

19 Avril 2019

© Fotolia Dispositif créé en 2013 sous François Hollande, la Garantie jeunes reste l’outil privilégié d’accompagnement des jeunes en situation de précarité économique et sociale. Une étude de la Dares dresse un premier bilan après cinq ans de mise en œuvre.

Pour structurer son étude, la Dares indique s’être appuyée sur les trois principaux attendus de l’évaluation définis lors de la mise en place de la Garantie jeunes : premièrement, le dispositif a-t-il touché son public cible ? Deuxièmement, quels ont été les parcours d’insertion professionnelle des jeunes bénéficiaires ? Troisièmement, quel a été l’impact du dispositif sur le devenir des bénéficiaires ?

Cible atteinte

À la première question, la Dares répond que les 229 000 bénéficiaires de la Garantie jeunes, entre octobre 2013 et juillet 2018, étaient bien des jeunes ni en emploi ni en études ni en formation au moment de leur entrée dans le dispositif. Ils connaissaient une situation économique et sociale précaire et présentaient des freins importants à l’emploi. Leurs difficultés sont multiples, financières et familiales. Ils sont nombreux à décrire des situations d’isolement et un quart déclare avoir déjà connu de grosses difficultés de logement, allant jusqu’à l’absence de domicile fixe pour 6 % d’entre eux. La moitié d’entre eux n’avait pas validé de formation de niveau V et les deux tiers étaient déjà connus des Missions locales.

Accompagnement renforcé

L’accompagnement des Missions locales au titre de la Garantie jeunes dure douze mois[ 2 ] et débute par une phase collective intensive d’environ deux mois, décrite comme constitutive du caractère innovant du dispositif. Suit une phase d’accompagnement individuel qui inclut des échanges informels, non quantifiables mais dont l’importance est relevée par les études qualitatives. Pour beaucoup d’entre eux, la Mission locale est un lieu de (re)socialisation qui peut même s’apparenter à une « deuxième maison ». La logique du « work first » (le « travail d’abord« ) conduit les bénéficiaires à expérimenter les mises en situation professionnelle, sous forme de stages, d’immersions et de périodes d’emploi. Deux tiers des bénéficiaires de la Garantie jeunes ont réalisé au moins une immersion. Toutes périodes confondues, la durée moyenne d’immersion est de 54 jours.

Avantage comparatif

L’évaluation d’impact de la Garantie jeunes témoigne de l’amélioration de la situation des bénéficiaires en termes d’emploi et d’accès à l’autonomie au cours de l’accompagnement et à la sortie. La comparaison du taux d’emploi avec un échantillon de jeunes hors dispositif permet aussi de constater un avantage comparatif durable pour les bénéficiaires de la Garantie jeunes : + 9,9 points de pourcentage onze mois après l’entrée en dispositif, +14,9 points dix-sept mois après et + 11,4 points vingt-deux mois après.

Nicolas Deguerry (Centre Inffo pour Défi métiers)

Pour en savoir plus  :
La Garantie jeunes : quels jeunes et quel bilan après cinq ans ? « Dares Analyses » n° 018, 9 p., avril 2019 : https://dares.travail-emploi.gouv.fr

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