La formation professionnelle, condition clé de réussite de l’accord national interprofessionnel sur le télétravail

01 Décembre 2020

La formation professionnelle, condition clé de réussite de l’accord national interprofessionnel sur le télétravail © Yan (Pexels) La formation professionnelle est particulièrement mise en avant comme outil de réussite dans l’accord paritaire sur le télétravail. Il devrait être paraphé par 7 des 8 organisations représentant les employeurs et les salariés.

« La montée en compétences des managers et des salariés aux évolutions managériales et d’organisation du travail engendrées par le télétravail est un moyen d’en assurer une mise en place réussie ». C’est ainsi que commence le point 4.2. intitulé « Formation des managers et des collaborateurs », dans l’accord national interprofessionnel daté du 24 novembre 2020 et ouvert à signature jusqu’au 23 décembre, et qui vise « une mise en œuvre réussie du télétravail ». Sept des huit organisations représentant les employeurs et les salariés (sauf la CGT) ont déjà donné un avis positif à la signature.

Guides pratiques

On ne saurait être plus clair dans l’intention de cet accord : la réussite du télétravail passera par une rénovation du management, qui elle-même passe -au moins partiellement- par un puissant effort de formation professionnelle.

Cet enjeu est pointé avec une telle netteté dans l’accord que le texte va jusqu’à lister les thématiques de formations pouvant être proposées : « l’adaptation des modalités de réalisation de l’activité, l’autonomie du salarié en télétravail, le séquençage de la journée de télétravail, le respect du cadre légal relatif à la durée du travail et à la déconnexion, l’utilisation régulée des outils numériques et collaboratifs ». Le texte imagine également « des guides pratiques » pouvant également être mis à disposition pour accompagner les managers et salariés dans la mise en place du télétravail.

Clairement, les partenaires sociaux signataires s’engagent encore plus loin en recommandant que « les managers soient, dès leur prise de poste, formés aux modalités du management à distance et à la prise en compte des particularités de l’hybridation de l’organisation du travail : articulation et concomitance entre télétravail et travail sur site ».

Et ils vont même jusqu’à donner la solution pédagogique adéquate sur cette question en affirmant que « le CLéA Manager, dont la création a été acté par l’ANI du 28 février 2020 portant diverses orientations pour les cadres, pourra utilement être mobilisé ».

CLéA numérique

Enfin, les partenaires sociaux terminent ce volet formation de l’accord en insistant sur les incontournables « compétences numériques des managers et collaborateurs, essentielles dans la pratique du télétravail : d’une part pour veiller à l’appropriation des outils de travail à distance mais également à la sécurisation des données de l’entreprise ». Et là encore les partenaires sociaux vont loin dans leur texte en proposant « une formation à la cybersécurité, nécessaire en amont de toute mise en place du télétravail », et pouvant se faire « en mobilisant le CLéA numérique. »

En préambule à ce point 4.2 de l’accord, les partenaires sociaux ont rappelé, dans le point 3.1.6, que les salariés en télétravail ont « le même accès » à la formation et aux possibilités de déroulement de carrière que s’ils n’étaient pas en télétravail. Les salariés en télétravail, les responsables hiérarchiques et les collègues directs doivent recevoir une formation appropriée, ciblée sur les équipements techniques à leur disposition et sur les caractéristiques de cette forme d’organisation du travail, concluent les partenaires sociaux.

Laurent Gérad (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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