La féminisation des services de l’automobile passe par la formation

08 Mars 2021

© Fotolia Le nombre de jeunes femmes dans les formations de la branche des services de l’automobile a progressé de 60 % en quatre ans et de 150 % en apprentissage.

En cause : les efforts des entreprises pour diversifier les effectifs et la transformation d’un certificat de qualification professionnelle en titre accessible par l’apprentissage, selon une étude de l’Observatoire des métiers des services de l’automobile, dont "Le Quotidien de la formation" se fait l’écho, dans le contexte de la Journée internationale des droits des femmes, lundi 8 mars.

Peu de femmes travaillent dans les services de l’automobile (concessionnaires, garages, stations-service, auto-écoles, parkings…) mais leur nombre devrait progresser du fait qu’elles sont de plus en plus nombreuses à se former à ces métiers. C’est l’une des conclusions de l’étude consacrée à la mixité femmes-hommes dans la branche publiée le 2 mars par l’Observatoire des métiers des services de l’automobile.

Les entreprises de la branche sont assez peu féminisées : les femmes y représentent 22 % des effectifs. Dans certains métiers, elles sont pratiquement absentes : 0,9 % de mécaniciennes ; 2,4 % d’agentes de maintenance. Davantage de femmes travaillent dans la vente (22,7 %), l’enseignement de la conduite (42,3 %) ou dans les métiers administratifs (88%). "La féminisation est devenue un enjeu en raison des difficultés de recrutement que rencontre la branche, notamment dans certains métiers", explique Marion Vidal, co-auteure de l’étude.

 +150 % de jeunes femmes en apprentissage

La profession voit donc d’un bon œil l’augmentation du nombre de jeunes femmes dans ses formations. Leur nombre a progressé de 60 % en quatre ans, beaucoup plus que celui des hommes (+14 %). Des résultats à mettre à l’actif des nombreuses initiatives des entreprises visant à diversifier les effectifs, notamment dans les ateliers : jobs dating dédiés aux femmes, organisation de portes ouvertes, création de réseaux d’ambassadrices et aménagement des conditions d’emploi et de formation. Toutefois, les femmes restent minoritaires dans les formations de la branche : 2 440 en 2020-2021 (1 522 en 2016-2017) contre 62 296 hommes (54 443 en 2016-2017).

Ce sont surtout les formations en apprentissage qui ont profité de l’intérêt des jeunes femmes pour les services de l’automobile. Leur nombre y a progressé de 150 % depuis la rentrée 2016-2017 : 1 205 jeunes femmes sont actuellement en apprentissage, soit 3,8 % des effectifs de cette filière. Mais le mouvement est inverse pour les effectifs en contrat de professionnalisation (- 58 % de jeunes femmes à cette rentrée, - 227 jeunes filles), parmi lesquels elles représentent 8,4 % (soit 167 jeunes femmes en 2020-2021).

Transformation des CQP en titres de branche

En cause, la transformation, en 2020, de Certificats de qualification professionnelle (CQP) en titres de branche accessibles via l’apprentissage, notamment le titre de vendeur automobile, filière dans laquelle les femmes sont assez présentes. Autrement dit, si le CQP de vendeur automobile avait été accessible uniquement par le contrat de professionnalisation, la progression des effectifs féminins dans l’apprentissage n’aurait pas été aussi fulgurante. Mais globalement, l’apprentissage reste très masculin car c’est la voie d’accès aux métiers techniques (mécanique, carrosserie, maintenance des véhicules industriels).

L’étude relève, enfin, une meilleure insertion des femmes après une formation en CQP (90% sont en emploi six mois après leur formation, comme les hommes) qu’après un apprentissage : 72,2 % des garçons en emploi contre 60,7 % des filles.

Emmanuel Franck (Centre Inffo pour Défi métiers)

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