Jeunes décrocheurs : un public très connecté

04 Octobre 2017

Jeunes décrocheurs : un public très connecté © Fotolia Grands utilisateurs des outils numériques, les décrocheurs sont néanmoins insuffisamment informés des opportunités des métiers et formations du secteur selon une enquête.

La formation aux métiers du numérique peut être un levier efficace de lutte contre le décrochage scolaire. Fort de cette idée, le Réseau Etincelle et EdFab de Cap Digital, avec le soutien de la Grande Ecole du Numérique, ont mené une enquête de terrain.

Réalisée auprès de 135 jeunes décrocheurs âgés de 18 à 25 ans, ayant suivi le programme de formation du Réseau Etincelle, elle avait pour objectif d’évaluer leur degré de connaissance des métiers du monde numérique et le cas échéant, les freins rencontrés pour y accéder.

Une utilisation quotidienne des outils numériques

Les jeunes décrocheurs sont aussi connectés que les autres. Selon l’enquête, ils sont 85 % à accéder à internet via leur téléphone mobile et 84 % via une box à leur domicile. Ils utilisent ce medium pour communiquer avec leurs proches (94  %), s’amuser (92 %), ou rechercher des informations (90 %), mais aussi pour rechercher un emploi ou une formation (87 %).

Les décrocheurs ont également une bonne connaissance des objets de loisirs numériques : plus des deux tiers voient ainsi bien ce qu’est un drone, un objet connecté ou une imprimante 3 D. En revanche, ils ne connaissent pas ou peu les outils professionnels basiques que sont les tableurs (44 % méconnaissent cet outil), les traitements de texte (25 %) ou l’utilisation d’une pièce-jointe (19 %).

Des métiers peu attractifs, faute d’information

Interrogés sur leur envie de travailler dans les métiers du numérique, seuls 27 % des jeunes décrocheurs interrogés se montrent intéressés (contre 49 % qui ne veulent pas travailler dans le secteur et 24 % qui ne savent pas). Parmi les jeunes ne souhaitant pas travailler dans le numérique, 74 % déclarent ne pas s’intéresser aux métiers du secteur, 38 % préférer les métiers manuels et 26 % penser que c’est trop compliqué ou qu’ils n’ont pas les qualifications.

Une majorité des jeunes décrocheurs (79 %, mais 68 % en Ile-de-France) ignorent également l’existence de formations courtes et gratuites, comme celles ayant obtenu le label « Grande école numérique », permettant de travailler dans le numérique. Pourtant, lorsqu’on leur présente cette opportunité, 8 sur 10 se déclarent prêts à tester ces formations.

Consulter l'enquête

Raphaëlle Pienne

Tags : décrochage | décrochage scolaire | jeunes