Jeunes décrocheurs : une prise en charge justifiée mais éclatée, selon la Cour des comptes

01 Février 2016

Jeunes décrocheurs : une prise en charge justifiée mais éclatée, selon la Cour des comptes © Fotolia La Cour des comptes a rendu public, le 20 janvier 2016, son rapport sur les dispositifs et les crédits mobilisés en faveur des jeunes sortis sans qualification du système scolaire.

Selon la Cour des comptes, 100 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans qualification. Même si ce nombre a tendance à reculer, on compte au total 480 0000 décrocheurs de 18 à 24 ans soit 9 % de la jeunesse française, contre 11 % en moyenne en Europe.

A ce titre, les Sages de la rue Cambon justifient  la poursuite de politiques actives en faveur de ces jeunes et dressent six constats :

  1. Ils jugent la prise en charge des jeunes sans qualification éclatée entre trop d’acteurs  (Missions locales, SIAE, Ecoles de la 2eme chance, Pôle emploi, Epide, etc.) « dans le cadre d’une offre globale peu lisible, construite sans porter une attention suffisante aux questions d’efficacité et d’efficience » ;
  2. Ils estiment à 1,9 milliard d’euros le coût annuel de ces politiques (1,4 milliard au titre des dispositifs d’insertion et de formation, 0,5 milliard au titre des emplois aidés), soit 35 % du total des aides publiques destinées aux jeunes). Ce financement est assuré à 50 % par l’Etat, 25 % par les Régions, et 15 % pour les partenaires sociaux et Pôle emploi ;
  3. Le ministère de l’Education nationale a répondu au problème en cherchant à agir au plus vite auprès des jeunes sortant du système éducatif sans qualification ;
  4. Les jeunes âgés de 18 à 25 ans peuvent bénéficier de plusieurs dispositifs spécifiques (Civis ou dispositifs de 2eme chance) ;
  5. Les dispositifs de droit commun d’aide à l’insertion accueillent un très grand nombre de jeunes sans qualification ;
  6. L’architecture d’ensemble de ce système et la dispersion des dispositifs ne permettent pas d’atteindre les objectifs affichés.

La Cour des comptes préconise de « réorganiser les dispositifs d’insertion des jeunes » en quatre ensembles :

  • un dispositif d’accompagnement léger pour les jeunes les plus proches du marché du travail, après suppression du Civis ;
  • un dispositif inspiré de la garantie jeunes pour ceux nécessitant un accompagnement plus intense » avec « une allocation pour les seuls jeunes en situation de précarité » ;
  • un dispositif géré par les Régions, adapté aux décrocheurs les plus jeunes n’ayant pas vocation à réintégrer le système scolaire ;
  • les dispositifs de deuxième chance » qu’il faudrait mieux articuler avec l’insertion par l’activité économique pour « les jeunes les plus en difficulté ».

Elle propose également une harmonisation des barèmes des allocations liées à l’insertion ou la formation professionnelle, « afin d’éviter que les jeunes n’arbitrent entre les dispositifs en fonction de considérations financières ».

Consulter le rapport de la Cour des comptes

Céline Desserre

Tags : décrochage scolaire | jeunes