Insertion professionnelle : avantage à l'apprentissage

25 Mai 2016

Insertion professionnelle : avantage à l'apprentissage © Fotolia Malgré la crise, les apprentis sont toujours plus nombreux, d'un niveau de formation toujours plus élevé, et bénéficient d'une insertion professionnelle meilleure. Cependant des disparités apparaissent.

Dans le « Bref » de mai 2016 consacré à l’apprentissage, le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) s’appuie sur les enquêtes Génération qu’il mène pour mettre en perspective les trajectoires de jeunes apprentis ayant achevé leur formation initiale par l’apprentissage en 2010, observées et comparés en 2013, à celles de leurs homologues issus de la voie scolaire.

Ainsi, 20 % des 700 000 jeunes ayant achevé leurs études en 2010 sont issus de l’apprentissage, soit 143 000 individus, contre 110 000 en 2004.

Des apprentis de plus en plus diplômés

Même si le niveau CAP-BEP reste le plus fréquent, les effectifs sortant du baccalauréat professionnel ont plus que doublé par rapport à 2004.

Dans l’enseignement supérieur où les volumes sont plus modestes, les progressions sont tout de même significatives : multiplication par 3 pour les diplômés de licences professionnelles, et par 2,6 pour les diplômés d'écoles d’ingénieurs ou de commerce.

Cependant, la crise n’épargne l’apprentissage : les apprentis de niveau CAP diplômés en 2010 sont encore confrontés à un taux de chômage de 26 % en 2013. Et les bacheliers, les titulaires d'un bac+2 ou d'un master professionnel ont vu leur taux de chômage doubler entre 2004 et 2010.
Seul le taux de chômage des licenciés professionnels est resté inchangé (6 %), tandis que celui des ingénieurs est passé de 2 à 3 %.

De fortes disparités selon les filières et les spécialités

Les anciens apprentis s’insèrent plus facilement que les homologues issus des formations professionnelles scolaires. La dégradation de la situation économique a même amplifié le « sur-chômage des scolaires ».

Par ailleurs, pour un niveau de diplôme donné, les apprentis reçoivent un salaire plus élevé que les jeunes sortis de la voie scolaire, à l’exception notable des jeunes ingénieurs.

Néanmoins, les comparaisons entre populations d’apprentis et de scolaires sont à mener avec précaution tant les différences dans les spécialités sont fines (et les débouchés distincts), les caractéristiques sociales grandes, et les territoires variés (quartiers plus ou moins favorisés, tissus économiques plus ou moins favorables, etc.).

L’apprentissage tend à se développer dans les niveaux de formation et dans des filières moins exposées au risque du chômage. Certes, il permet une meilleure insertion professionnelle en sortie de formation, mais « ne constitue pas pour autant un rempart contre la dégradation conjoncturelle du marché de l’emploi. »

Enfin, l’entrée en apprentissage étant sélective, certaines catégories socialement défavorisées risquent de peu bénéficier des avantages de ce dispositif de formation.

Télécharger Bref du Céreq, Insertion des apprentis : un avantage à interroger, n° 346 mai 2016

Céline Desserre

Tags : alternance | apprentissage | chômage | jeunes