France compétences : une montée en puissance dans un contexte économique difficile

27 Juillet 2022

© Centre inffo Dans son rapport d’activité 2021, France compétences donne notamment un aperçu de ses travaux pour l’année en cours autour de ses trois grandes missions de régulation, d’amélioration et de financement du système de la formation professionnelle.

Après trois ans d’existence, marqués par une crise sanitaire inédite, France compétences saisit l’occasion de la publication de son rapport d’activité 2021 pour faire un premier bilan de ses activités depuis sa création. Ces trois années se sont traduites par une « montée en puissance » : « après son installation en 2019, la consolidation de son organisation et de ses missions en 2020, France compétences a pleinement investi ses missions de régulation en 2021. »

Observation des coûts de l’apprentissage

En matière de régulation, France compétences s’investit dans le pilotage des opérateurs du conseil en évolution professionnelle (CEP) et participe au déploiement des associations Transitions Pro. Mais c’est dans le domaine de l’apprentissage et de la certification professionnelle que son action est la plus marquée. L’année 2021 a vu notamment le lancement de l’observation des coûts de l’apprentissage. « Au total, 1 800 organismes de formation en apprentissage, représentant 650 000 apprentis, ont ainsi déposé leur comptabilité analytique auprès de France compétences entre avril et juillet 2021 », note le rapport.

Certifications professionnelles : réduire les délais d’instruction

Du côté des certifications professionnelles, France compétences a traité l’an passé 2 900 demandes d’enregistrement aux répertoires nationaux. Ce volume, qui représente une augmentation de 25 % par rapport à 2020 explique sans doute en partie la longueur du délai de traitement moyen d’un dossier qui s’élève à six mois. « En 2022, au-delà de la maîtrise des délais d’instruction qui reste un enjeu central, une attention particulière sera portée au développement de passerelles ou d’équivalences entre les certifications enregistrées », précise le rapport.

Trois nouvelles études et enquêtes en 2022

Les travaux d’amélioration du système de la formation professionnelle et de l’apprentissage de France compétences se sont poursuivis en 2021 : déploiement ou évolution de différents systèmes d’information – plateformes des certifications professionnelles, du CEP (Evol) et des coûts de l’apprentissage (Karoussel) -, et réalisation de travaux d’études sur Qualiopi, les modèles économiques des CFA et la reconversion professionnelle. En 2022, France compétences annonce la réalisation de trois nouvelles enquêtes et études sur « l’identification des freins au développement de logiques pédagogiques efficaces dans les achats publics de formation », sur l’utilisation du CPF par les actifs, et sur les trajectoires des bénéficiaires du CEP.

L’enjeu du financement

Dans son rôle de financeur et de répartiteur des fonds de la formation professionnelle enfin, France compétences a connu encore en 2021 « un contexte financier difficile » marqué par une baisse de la contribution des entreprises alors que les besoins de financement de l’apprentissage et du compte personnel de formation (CPF) s’accentuaient (respectivement plus de 5,2 milliards d’euros et 2,6 milliards d’euros dépensés par France compétences en 2021). « Ainsi, l’exercice comptable se solde par un déficit de 2,9 milliards d’euros », observe le rapport. Concernant son propre budget de fonctionnement, France compétences affiche néanmoins un bilan vertueux : « 18,4 millions d’euros ont finalement été consommés sur les 22 millions d’euros votés ».

Raphaëlle Pienne (Centre inffo pour Défi métiers)

 

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