France compétences dresse un bilan positif du CEP des actifs occupés

15 Mars 2022

© Unsplash À mi-chemin du premier marché du conseil en évolution professionnelle (CEP) des actifs occupés, France compétences publie le bilan annuel 2021. Sur fond de progression, le dispositif travaille son positionnement en prévision du futur marché 2024-2028.

148 849 bénéficiaires du Conseil en évolution professionnelle (CEP) en 2021 contre 100 937 en 2020, c’est 47 % de plus, 37 % si l’on considère uniquement les nouveaux engagés. De quoi satisfaire Véronique Dessen-Torres, directrice des territoires et des partenariats à France compétences ? Concernant l’ambition de développer le recours au CEP, « le bilan est extrêmement positif, d’autant plus que nous avions plutôt ciblé une progression de l’ordre de 20 % par an », se réjouit-elle. Pour autant, elle reconnaît également que le potentiel national de ce service d’accompagnement à destination des actifs occupés recèle encore une marge de progression qui va bien au-delà de ce volume. Difficile de préciser à quelle hauteur dans la mesure où, rappelle-t-elle, « c’est une politique qui s’invente. » C.Q.F.D. : une innovation de service public est à intégrer dans les usages. D’où un « important enjeu de notoriété et de déploiement du service » qui demeure.

Des bénéficiaires satisfaits

Le bilan 2021, ce sont aussi des bénéficiaires satisfaits à 91 % en fin d’unité d’œuvre 1(1) et 85 % en fin d’unité d’œuvre 2(2)

Une nouvelle donnée témoigne d’usagers également convaincus des bénéfices du service, six mois après leur CEP : 65 % des bénéficiaires de l’UO1 et 85 % de l’UO2.1 estiment que leur situation est plus satisfaisante, 65 % et 87 % jugent le service utile.

Des usages à inventer

Dans bien des cas, les données du bilan 2021 restent à étayer par des études en cours et à venir. Ainsi par exemple des disparités régionales, qui bénéficieront prochainement de l’éclairage d’une étude France compétences sur la géographie du recours. « Nous savons grâce à une étude à paraître que plusieurs facteurs territoriaux d’impact sur le recours au CEP se combinent : la structure socio-démographique et économique des territoires, et l’offre de service des opérateurs, dont l’implantation des sites », commente Véronique Dessen Torres. Elle le précise, la quasi-totalité des actifs occupés dispose aujourd’hui d’un site à moins de 30 minutes de chez eux.

Profondeur de service

Autre motif de satisfaction à l’actif du bilan 2021, le « renforcement de la profondeur de service », attesté par une progression de 11 points des personnes qui mobilisent le niveau 2 (33 % contre 22 % en 2020). « Dans le même temps, précise la directrice Territoires & partenariats, le retour des opérateurs et l’étude reconversion France compétences témoignent de la diversité des besoins auxquels le CEP doit répondre : certains usagers demandent à bénéficier d’un accompagnement sur la durée, d’autres ont des sollicitations ciblées et plus ponctuelles, qui impliquent une réponse sur un temps court, en réactivité. » Un scénario qui s’inscrit parfaitement dans les itérations prévues au cahier des charges du CEP.

Objectifs 2022

Alors que le bilan 2021 présente 2022 comme une année de prise de recul et d’analyse, Véronique Dessen Torres souligne qu’une évaluation conduite par un cabinet externe va être déployée en lien avec la commission Évaluation de France compétences. Ce travail, croisé avec d’autres études, est amené à nourrir l’élaboration du nouveau marché, qui sera lancé début 2023 pour une ouverture de service au 1er janvier 2024. « Il ne s’agit pas seulement de structurer le marché, conclut Véronique Dessen Torres, mais aussi de penser le positionnement du CEP dans le paysage. »

Ce qui suppose de questionner « l’ambition du recours et les articulations multiples entre le CEP et l’orientation, la formation, la régulation du CPF ou, encore, le maintien et l’évolution dans l’emploi, la qualité de vie et la santé au travail. » 2022 sera aussi une année de débats !

France compétences : www.francecompetences.fr/

Nicolas Deguerry (Centre inffo pour Défi métiers)

 

Notes

1. Les unités d’œuvre (UO) structurent le service CEP. UO 0 : aiguillage ; UO 1 : premier niveau de conseil personnalisé. UO 2 : accompagnement personnalisé. L’UO2 se décline en UO 2.1 (appui à la formalisation du projet) et UO 2.2 (appui à la mise en œuvre du projet).

2. À mettre en regard des 47 % de satisfaits du baromètre de la formation et de l’emploi Centre Inffo CSA, qui ne distingue pas le recours au CEP national (Pôle emploi, Apec, Cap emploi, Missions locales) du recours au CEP des actifs occupés opéré par les opérateurs régionaux sous mandat de France compétences.

 

Tags : CEP | actif | orientation | évolution | France compétences

Retour sur le bilan 2021 du CEP des actifs occupés