Former et insérer les réfugiés dans les travaux publics franciliens

13 Février 2018

© Fotolia La préfecture d’Ile-de-France, Pôle emploi, la FNTP, l’Afpa et Constructys Ile-de-France ont signé une convention-cadre pour favoriser l’insertion professionnelle des réfugiés dans le secteur des travaux publics franciliens.

La promotion était quasiment au complet lors de la signature de la convention-cadre à Paris au siège de la FNTP (Fédération nationale des travaux publics). Ces 23 réfugiés venus principalement d’Afghanistan participent, depuis août dernier, à une expérimentation lancée par la préfecture de Paris et l’Afpa. Sélectionnés dans des centres d’hébergement - il fallait qu’ils soient volontaires et qu’ils possèdent quelques rudiments de français - ils ont démarré une formation de huit mois qui leur permettra d’obtenir la certification de coffreur-bancheur financée par la préfecture d’Ile-de-France, l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), Pôle emploi, Constructys, le FPSPP (Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels) et la Fondation BTP+.

Huit entreprises volontaires

Tout a commencé par deux mois d’apprentissage intensif du français, des formations à la santé et à la sécurité sur les chantiers organisés par l’Afpa. Sollicitées par la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), huit entreprises du secteur (Eiffage génie civil, Razel Bec, Vinci Construction, Vinci Terrassement, Colas, NGE, Bouygues et Spie Batignolles) se sont portées volontaires pour accueillir les réfugiés en formation. « Les quatre réfugiés qui sont chez nous en contrat de professionnalisation devraient, si tout se passe bien, être embauchés à la suite de leur contrat », explique Nora Benabdmeziem, responsable formation chez Eiffage. Le secteur est en croissance. « Il existe aujourd’hui un vrai potentiel de recrutements. Cette expérimentation n’est que l’ébauche de ce que l’on peut faire », ajoute Bruno Pavie, DRH de NGE.

Une expérimentation qui prend de l’ampleur

La FNTP est très enthousiaste. « Accueillir des réfugiés correspond à nos valeurs. Nous avons accepté très vite de participer à cette expérimentation. D’autres seront lancées en Normandie et en région Paca », affirme son président Bruno Cavagné. L’expérimentation se poursuit aussi en Ile-de-France dans d’autres secteurs. « Au total, 170 réfugiés seront formés dans la région et 1 000 dans l’ensemble du pays », explique Baptiste Rolland, sous-préfet, chargé de mission pour l’insertion des réfugiés. La preuve devrait être faite, comme le dit Muriel Pénicaud, que « nul n’est inemployable même ceux qui doivent progressivement surmonter le barrage de la langue ».

Mireille Broussous (Centre Inffo pour Défi métiers)

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